‹ L'âme intérieure: ou, Conduite sprituelle dans les voies de Dieu, augmentée de L'âme seule avecChapitre 34 sur 42 · IL* JOUR · texte numérisé non relu

IL* JOUR

Dans la seconde visite » vous regarderez Jésus- Christ comme votre Sauveur , et vous le remercierez de la charité inJBnle dont il a usé envers TOUS , en répandant toiit son sang et mourant sur une croix pour vous racheter : c'est dans cette vue qu'il vous ouvre son cœur pour vous y rece» voir <:omme dans unasile assuré.

Je viens auprès de vous aujourd'hui , adora*ble Jésus 9 pour honorer votre qualité de Sauveur. Qu'elle est aimable , qu'elle est consolante» et qu'elle nous étoit nécessaire I

De quelle nécessité, en effet , n'étoitil pas pour les hommes d'avoir un Dieu sauveur , dans le triste état où ils étoient tombés après le péché, étant devenus ennemis de Dieu «dominés par leurs passions , esclaves du démon , victimes dévouées aux flammes éternelles , sans pouvoir par euxmêmes sortir de cet état déplorable où iU gémis- 4Soient.

Vous en avez été touché » ô Verbe étemel I et vous vous éles offert pour devenir leur libé-

Si 4 rRATIQVB POUR LES VISITES

râleur. Mais pour cela que ne vous en a-t-il pâ% coûté , et h quoi ne vous êtes-vous pas réduit ? Pour mériter cette qualité de Sauveur, vous êtes descendu du ciel sur la terre, en vous revêtant de notre mortalité , et au péché près » devenant en tout semblable à nous. Pour mériter cette qualité de Sauveur, vous avez passé vo* tre vie dans les travau2^\, les souffrances et les larmes dont tous vos pas étoient arrosés. Pour méritercette qualité de Sauveur, vous avez versé tout voire sang , et fini votre coursé sur une croix par la mort la plus ignominieuse et la plus douloureuse. O divin Jésus ! c'est à ce prix que vous êtes devenu mon Sauveur. Quelle reconnois* sance ne vous dois~je pas , et par quels senti^^ mens, par quels sacrifices pourrai- je vous la marquer? Le spcrifice de mille vies suQiroit-il pour vous témoigner mon juste retour? Ahl Sauveuf adorable , ne permettez pas que je perde 1^ fruit et le prix de ma rédemption ; daignez m'en faire ressentir les salutaires effets; daignes appliquer à mon âme les mérites du précieux sang que vous ayez versé , et de la mort cruelle que vous avez soufierte.

Je sais , adorable ,Jésus , que pour que vous loyez en effet pour moi un Dieu sauveur , ce n'est pas assez que vous ayez offert pour moi vos travaux, vos mérites et votre mort, il.faut que par ma correspondance et mes œuvres , jç contribue , autant qu'il est en moi , à l'ouvrage 4e ^lons^Iut» et que, selon Torctcle de votre

Air SAINT 8ACREME1IT. 8lS

Apôtre , j'accomplisse dans moi ce qui manqua è vos souffrances et à yotre passion : je sais qu'en qualité de Créateur, tous m'avez formé sans moi ; mais en quaHté de Rédempteur , vous ne me sauverez pas sans moi. Et Toudrois-je quo TOUS fissiez seul tous les frais delà rédemption de mon âme ? Non , mon divin Libérateur , je ne me refuserai pas à contribuer» autant qu'il sera en moi , à l'ouvrage de mon salut ; j'unirai mes sentimens à vos sentimens , mes souffrances & vos souffrances , et s'il le faut » ma mort à votre mort. Mais pour cela , Dieu Sauveur , vous voyez combien j'ai besoin de cette grâce spéciale da salut que je vous demaâde en ce moment avec la plus vive ardeur ; vous me l'avez méritée pav vos souffrances» appliquez-la-moi par votre miséricorde.

Dieu sauveur., sauvez mon âme ; elle est& vos pieds /elle déplore ses péchés , elle est toute ar* rosée de votre sang : ne perdez pas le mérite de tout ce que vous avez feit et souffert pour elleâ sauvez-la , sanctifiez-là ; et cette aimable qualité de Sauveur, qu'elle honore à présent au pieéf des autels, elle la bénira à jamais' dans le seio de la gloire. Jésus 1 soyez-moi Jésus, Dieu créateur , Dieu rédempteur > Dieu sauveur*

Ainsi soit-il.

Sl6 tKÂTIOUB POVK LB8 TISITB»

MHMA

IIL* JOUR.

Dans la troisième visite , tous irez à Jésus* Christ comme à votre divin Maître , poar écouter ses divines leçons , et apprendre de lui la manière dont vous devez travailler à votre sanolification. Vous lui demanderez la grâce d*étr6 fidèle et docile h ses instructions et aux ioapiralions de son divin esprit.

Vous êtes la lumière du monde , mon divin Jésus! c^est vous-même qui nous en assures.

Ego sum lux mundi. {Joan. 8. ) Pour nous»

nous ne soumies qu'ignorance» que ténèbres et qu'obscurité. Environnés de ces sombres nuages f à qui devons-nous aller pour être éclairés » et apprendre è nous conduire dans les voies da salut» si ce n*est à vous? Vous êtes par eicel* lence celte vraie lumière qui éclaire tout homme qui vient au monde : illuminât amnetn homi-nenp vcnietuefn in hunemundum. [Joan. i.)

Mais , hélas I 6 mon divin Maître ! combien j en a-l-il qui ferment volontairement les yeux au céleste flambeau que vous leur pré^entel , et qui préfèrent les ténèbres qui les aveuglent « à vos divines vérités qui les éclaireroient ! DiUxerunl tcncbras magis quàm luccm, (/oan. 3. )

kV SÂIHT SACHEMEKT. ZlJ

Te viens à tous , ô Vérité suprême ! Vérité par essence » tous avez les paroles de la vie éter* nelle : Ferba vitœ œtcmœ habes. ( Joan. 6. ) Daignez me les faire entendre. Parlez » Seigneur» parce que votre serviteur vous écoute » et ne veut écouter que vous : Loquere , Dàmine,qma audit servus tuus, ( i« Reg. 3. )

Parlez-moi , Seigneur » mais parlez à mon eceiir. Souvent Fesprit est assez éclairé pour voir ce qu'on doit pratiquer, mais le cœur s'y refuse. Parlez donc surtout à mon cœur; faites que non* seulement j'entende ces paroles de vie ; mais que je les goûte , que je les aime , que je les pratique. Pénétrez-moi bien de ces grandes vérités que. vous êtes venu enseigner au monde , et qui sont tracées dans votre saint Evangile » ces vérités saintes > ces vérités sublimes de renoncement au inonde , de détachement des choses créées , dt mort à nous-mêmes.

Ah I si j'étois bi^i intimement pénétré de ces vérités saintes ; si je croyois de cette foi pratique et bien vive » une mort qui peut nous surprendre à tous les instans > un jugement qui doit peser toutes nos actions dans la balance du sanctuaire » un enfer où un seul péché mortel peut nous précipiter » une éternité qui doit nous engloutir un jo4ir dans son sein : si toutes ces grandes vérités étolènt^bien gravées dans mon eœur , que ma vie seroit chfétienne , mes mœurs réglées » et toutes mes actions saintes I Quelle borreur n*aurois-J6 pas du péché l ti^'^V %^vei^

Si 8 PRATIQITjB POUR LB8 VISITES

salut de mon âme ! quel empressement » quelle ardeur à me préparer à mes fins dernières I Vous me les enseignez toutes , ces rérités , ô mon di- TÎn Maître I elles sont toutes autant d'oracles émanés de votre bouche sacrée. Vous êtes descendu du ciel pour apprendre aux hommes celte céleste doctrine : vivifiez ma foi sur toutes vos divines leçons , et rendez m^ vie conforme à vos instructions salutaires.

Surtout , ô mon divin et unique Maître , détrompez-moi des fausses illusions de ce monde pervers; préservez-moi du poison de toute lausse doctrine ; éloignez è jamais de moi les esprits indociles , incrédules » audacieux , qui placés comme sur la chaire de pestilence , débitent ces maximes impies , ces maximes détestables qm seroient capables d'ébranler la foi , de pervertir l'esprit , de corrompre le cœur , de renverser tout le saint édifice de la religion , et en conséquence de précipiter dans tous les égaremens , tous les désordres et tous les excès. Quel malheur pour ceux qui débitent de telles horreurs, et pour ceux qui les écoutent 1 mon Dieu 1 bouchez mes oreilles , et fermez mes yeux , plutôt que de me laisser voir et entendre ce.qoi m'éloigneroit de votre loi sainte et de vous. Aver^ te oculos meos ne videani vanitatem. ( PsaL 11 8. ) Vous êtes mon divin maître , préservezmoi de toute erreur , et enseignez-moi tonte vérité.

^t SAtNT SACRBUeKT. 819

MM

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