RÉSIPISCENCE
A MADAME M. GOOEBSKA
Mon rêve, ô rêve, tu pleures?
C'est eux tous qui t'ont chassé.
Je me souviens du passé, Des vieilles, des belles heures...
Oh 1 pitié ! J*ai trop lutté Contre le moi d'un autre âge, J'ai trop porté, dans ma rage, Cet orgueil de révolté.
— J'ignore toutes les haines ; Je suis bon pour les mauvais, Et je dis que je vous hais, Moi qui peine pour vos peines.
Je dis que j*aime ma chair Quand je sais ma chair immonde ; J'insulte et nargue le monde.
Et tout ce qui naît m'est cher.
Je ne suis qu'un fou mystique Épris d'un songe trop pur:
Je vis seul, derrière un mur Bâti de terreur pudique.
On a tant ri de mon cœur Qu'un jour j'en ai ri moi-même...
Ah ! sangloter un blasphème, Pleurer un rire moqueur I
Alors j'ai dit à ma barde De me consoler un peu:
J*ai sali la femme et Dieu.
— Et mon rêve me regarde !
LE SOIB. 263