‹ L'âme nueChapitre 44 sur 104 · PLEINE EAU · texte numérisé non relu

PLEINE EAU

Rire au matin ; courir dans Tondoiement des herbes ; Croire à tout; secouer au ciel, comme des gerbes, La rose floraison des gaités de vingt ans ; Être aimé de la vie, et fleurir le printemps ; Ébaucher un amour dès qu'un hiver s'achève ; Être de l'avenir enfermé dans du rêve...

Puis, au bercement long des barques, triomphant, Éclabousser le fleuve avec des cris d'enfant ; Regarder le sillage ouvrir ses larges trames ;

Faire chanter la mousse au choc brusque des rames ;

114 LA VFE EXTÉRIEURE.

Et, plus beau qu'un dieu grec, plonger ses flancs nerveux Dans l'eau verte qui fuit en léchant les cheveux ; Sentir, comme un toucher d'amantes inconnues. Le frais baiser des flots glissant sur les chairs nues ; Descendre...

Et ce soir, loin, les pêcheurs trouveront.

Des nénuphars aux pieds et des algues au front. Calme et serein, couché, blanc sur la vase brune. Un corps froid qui sommeille en regardant la lune...

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