‹ L'âme nueChapitre 47 sur 104 · DEMI-DEUIL · texte numérisé non relu

DEMI-DEUIL

A ALFRED QUESVILLER

La nuit voluptueuse et triste, par degrés, Descend les escaliers du ciel. Le jour se sauve, Posant son piedfurtif sur les toits mordorés.

Des nuages lilas fleurissent dans Tair mauve

Qui palpite au-dessus des coteaux violets,

Et le vent recueilli prend des senteurs d'alcôve.

La glycine en festons grimpe autour des volets ; Les saules prosternés sous leurs branches pieuses, Sont des bouquets vivants de cris et de sifflets.

LA VI R EXTKUIEDRB.

La jacinthe, l'iris, les pâles scabieuses

Mêlent leurs tons mêlés de joie et de chagrin ;

Les cyprès sont des nids pleins de chansons rieuses.

Et svelte, toute droite, au bord du boulingrin, Regardant d'un œil doux les lilas et les chênes Bleuir et rougeoyer dans un brouillard serein,

La veuve en demi-deuil rêve aux amours prochaines.

Page 1