‹ L'âme nueChapitre 64 sur 104 · RENONCIATION · texte numérisé non relu

RENONCIATION

J'allais, hautain et fort, drapé dans ma pensée, Posant mon pied vainqueur sur l'avenir vaincu ; Moi seul régnais sur moi ; mais vous êtes passée Et je n'ai plus compris de quoi j'avais vécu.

Mon art, ma volonté, mes passions, mes rêves. Mon triste orgueil assis sur les néants humains, Mon cœur superbe et froid comme l'acier des glaives , J'ai tout mis sans remords dans vos petites mains.

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J'ai construit un vaisseau géant, noir sous la flamme Teinte aux couleurs de vos cheveux ; je l'ai rempli Du reste des liertés qui grandissaient mon âme, Et je Tai naufragé dans les mers de Toubli.

Puis, grave, ayant perdu mon trône et ma patrie. Mon sceptre et mes trésors, mon peuple et mes palais, Je suis venu traîner ma noblesse appauvrie Près du porche de pierre où causent vos valets.

Reine ! On m*a vu pleurer au seuil de votre Louvre, Pareil aux mendiants accroupis sur les quais ; Je tremble et mon sang bat quand votre porte s'ouvre. Et mes douleurs de roi font rire vos laquais 1

Mais j'accepte en dompté leur risée infamante, Et je boii*ais encor les affronts déjà bus Pour voir glisser au loin les plis de votre mante Ou regarder les yeux de ceux qui les ont vus*

LA VIB INTERIEURE.

Toute la vie humaine est faite de regrets :

Hélas, Tespoir nous ment et le désir nous leurre,

Et dans nos plus doux vœux dorment des maux secrets.

Rien n'est vrai ; rien n'est sûr. Plus on croit, plus on pleure. Espérer, ici-bas, c'est marcher vers souffrir. Si le rêve est très long, le rêve dure une heure.

Et durent les regrets jusqu'au jour d'en mourir.

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