‹ L'âme nueChapitre 88 sur 104 · A DIEU · texte numérisé non relu

A DIEU

Dieu, Juge infaillible et Sagesse suprême, S'il est vrai que tu sois, toi que j'ai blasphémé; S'il est vrai que je doive un jour, nu, désarmé. Au pied de ta justice abattre mon front blême :

Tu me pardonneras mes cris et mon blasphème, Car j'en suis innocent et je t'aurais aimé; Le crime est au destin ; ses coups m'ont déformé : La douleur veut qu'on doute et ne veut pas qu'on aime.

Tu sais, et tu sais seul, quel désespoir secret, S'acharhant sur ce cœur maudit, le dévorait; Seul, tu connais combien la plaie était profonde.

J'ai tu mon mal à ceux dont l'âme en eût souffert,

Et stoïque damné qui souriais au monde.

J'ai fait rire mes pleurs et chanter mon enfer!

Page 1