‹ L'âme nueChapitre 90 sur 104 · A EMILE MICHELET · texte numérisé non relu

A EMILE MICHELET

La brume s'épaissit. Par minute, une goutte, Lourde, tombe des toils et claque sur les rocs. Un vague rayon blanc luit sur le fer des socs ; L'ombre rêve, immobile, et le silence écoute.

Soudain, vif, poignardant le ciel, trouant la voûte.

Un coq lance son cri d'acier : le cri des coqs

Répond, sonne et ressaute au loin de chocs en chocs.

« Je ne dors pas 1 » La nuit vibre et frissonne toute. »

-^ Oubli, soir du malheur I L'âme va s'assoupir... Mais qu'un chagrin nouveau nous arrache un soupir, Un seul, toute la vie en pleurs s'éveille et tremble !

Et l'on entend, du fond des vieux passés, là-bas. Stridentes, tour à tour, sans fin, sans nombre, ensemble. Les lointaines douleurs crier : « Je ne dors pas I »

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