‹ L'âme nueChapitre 92 sur 104 · LA SIRÈNE · texte numérisé non relu

LA SIRÈNE

L*escale du bonheur fut courte : elle est passée ; Naufragé de l'amour, je roulerais cent ans, Crispé, vivante épave, à mes regrets flottants. Sans voir d'ile, où finir ma navrante odyssée.

Mort, Sirène Mort ! Chante dans ma pensée î Je t'aime ! Si j'osais sombrer avant le temps! Tu sais que je suis tien, je sais que tu m'attends : Si j'osais t'épouser ce soir, ma fiancée !

Tu m'emporterais nu dans tes bras : tendrement,

Tu laverais d'oubli le cœur de ton amant ;

Ce malheur qui fut moi rentrerait dans l'abîme.

Et tout serait fini pour toujours, bien fini ;

Et je pourrais dormir sans remords, impuni,

Dans mon premier amour et dans mon premier crime.

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