‹ L'âme nueChapitre 94 sur 104 · A LOUIS BOUQUET · texte numérisé non relu

A LOUIS BOUQUET

Pleiae et ronde, du bord de l'horizon dormant, La Lune, avec lenteur, s'enlève, solitaire ; Et son disque éclatant monte dans le mystère Du grand ciel nu qui fuit silencieusement.

Sa clarté qui rayonne emplit le firmament :

Or, c'est un globe éteint, un astre involontaire, Un miroir sans chaleur esclave de la terre.

Et sa calme splendeur n'est qu'un reflet qui ment.

— Tel est mon cœur, hélas : inerte, froid et vide. N'ayant pour s'éclairer que la lueur livide D'une vie et d'un monde où tout est -mort pour lui.

Mon cœur, qui, seul, perdu dans l'immensité noire,

Suit l'orbe irrésistible où m'entraîne l'ennui.

Et roule en pTein néant, sans force et sans mémoire.

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