LES VRAIS DIEUX
A Charles GUI.
Poètes pâlissant sur des livres arides.
Qui tâchez à combler les abîmes ouverts
Que l’ennui creuse en vous, vos tempes sont livides !
Le monde vous renie, et vous en êtes fiers !
Les cœurs les plus profonds sont aussi les plus vides ; Car tout ce qu'on y jette en joie, en pleurs amers,
Ne hausse, hélas ! pas plus leurs profondeurs avides, Qu’un grain de sable acquis, le niveau des déserts.
L’ignorance orgueilleuse a peu d’âme : une goutte De vulgaire plaisir suffit à l’emplir toute ;
Chez elle, le frisson du mystère est banni.
Songeant aux gouffres noirs que mon esprit soupçonne, Je tressaille devant les porteurs d’infini,
Quand vous passez, ô dieux que ne comprend personne I