‹ L'âme solitaireChapitre 115 sur 140 · JOACHIM DU B ELLA Y · texte numérisé non relu

JOACHIM DU B ELLA Y

TRISTE, parmi l'orgueil des monuments romains,

Tu n’eus qu'un seul désir : revoir ie ciel de France. Tu disais tes regrets et ta grande souffrance A Baïf, à Ronsard, qui te tendaient les mains.

Tout te blessait là-bas : les palais, les chemins,

L’éclat du ciel trop beau sur ta désespérance ;

Tu ne voyais de bien que dans la délivrance :

En la Ville Eternelle exilé des humains !

Ah ! ton Anjou n'avait pas les splendeurs de Rome ! Comme il était plus doux à ton pauvre cœur d’homme, Avec ses bords de Loire où tes pas ont erré !..

Je te vois, quand la nuit semait d’astres le Tibre,

Seul- dans l’ombre, enviant la créature libre,

L’âme et les yeux tournés vers ton petit Liré !

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