LES MORTS
NE plaignons pas les morts: c’est nous les misérables. Ils ont l’éternité pour royaume, ils sont rois.
Ils ne subissent plus les terrestres effrois Et la perte des grands bonheurs inexorables.
En sa demeure fixe au sein des temps durables, Délivré de la sombre horreur des jours étroits,
Celui qu'on nomme mort, dont on clôt les yeux froids, Contemple la beauté des choses adorables.
Etre fait d’ombre hier, de lumière demain ;
Hier, rampante larve, ignoble ver humain,
Demain, clair papillon aux triomphantes ailes !
Ils ont, quittant la terre, hérité du ciel bleu,
Passé de l’heure brève aux heures éternelles,
Les morts, ces vrais vivants du beau pays de Dieu !
V Ame Solitaire