SAGESSE
A Louis-Joseph Doucet.
APPRENONS à goûter des heures éphémères Ce que chacune peut contenir de douceur ; Livrons-nous confiants à leur rythme berceur,
Comme les enfants las aux liras câlins des mères.
Suivons d’un œil distrait le vol bleu des chimères, Occupés à puiser dans le jour oppresseur Le cher motif d’espoir paisible et guérisseur.
Comme une abeille extrait le miel des fleurs amères.
Et passons sous l’azur riant ou le ciel noir,
Au but marqué là-haut conduits sans le saioir Par l’invisible dieu muet qui toujours veille.
Rien ne sert d'attrister de plaintes son matin ;
Comme le sage antique, allons, d’humeur pareille, Sous la garde implacable et sure du Destin !
L’Ame Solitaire