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INCONSÉQUENCE

Ail ! pourquoi donc les yeux, si ce n'est pour pleurer; Et le cœur, pour aimer jusques à la souffrance ;

Et la cliair, pour saigner et pourrir ; et l’enfance,

Pour vieillir; et l’espoir pour se désespérer !

Pourquoi surtout, pourquoi le mensonge du rêve. Quand on gémit captif de la réalité,

Si ce n’est pour en être à toute heure hanté.

Pour en apprendre aussi l’inanité, sans trêve!

Tout ce qui semble bon, à l’essai nous trahit.

L’illusion nous rit : c’est par elle qu’on souffre !

Si nous nous élevons, en bas s’ouvre le gouffre Que nous creuse la fuite à mesure qu’on fuit !

Et nous tombons toujours comme fait un homme ivre. Toujours désespérés, mais fiers d’être debout !

Car nous nous relevons sans cesse, et jusqu’au bout iNous maudissons la vie, heureux de toujours ïivre !

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