‹ L'âme solitaireChapitre 68 sur 140 · LE VIN · texte numérisé non relu

LE VIN

Un jour de brume avec un jour de pluie alterne. L’ombre franche vaut mieux que cette demi-nuit Où la peur d’un écho fait hésiter le bruit.

Où la lumière au long des choses passe, terne.

Mais c’est un temps divin pour boire du falerne !

Le vin qu’Horace aimait coule encor du vieux fruit ; Qui le boit sent fluer la vie heureuse en lui Et monter le grand rire à sa face paterne !

Qui veut ressusciter en son cœur le soleil ?

Voici la coupe, et puis voici le jus vermeil,

Père à jamais fécond des œuvres immortelles !

Pendant qu’il pleut, buvons, buvons le vin joyeux,

Le vin magicien qui fait comme les dieux

Les jours gris rayonnants et les nuits tristes belles !

La Chanson des Mois

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