LE PIANO D’ITALIE
Ah ! ce piano d’Italie M’a remué la chair et l'âme !
Et ma vague mélancolie,
Comme sous un vent de folie S’est éteinte ainsi qu’une flamme.
Il jouait faux dans le grand air,
Et l’indigent Italien
Qui tournait, en semblait très fier ;
Sur sa face un sourire clair
Riait aux sous, qui pleuraient bien !
Ah 1 ces libres ! Ah 1 ces nomades Qui passent avec les musiques !
Je vénère leurs corps malades
A trop moudre de sérénades
Sous un ciel qui les rend phtisiques !
La Chanson des Autres
Petit à petit, ils s’en vont,
D'un rythme égal comme leurs chants, Dans la mort où l’homme se fond, Comme se dissout dans les vents La pauvre musique qu’ils font...
Comme un enfant riche supplie Qu’on le laisse aller dans la boue,
Je caresse celte folie,
Tournant, tournant comme une roue, De jouer, la fièvre à la joue,
D’un beau piano d’Italie !
Les Rythmes qui Chantent