LOIN D'ELLE
DEPUIS qu’elle est Partie, un grand doute m'étreint. J'ai beau fixer Lasur où le jour étincelle,
Afin que mon cœur fou soit comme lui, serein :
Le ciel ment, la clarté n’est Pas franche loin d'elle !
Pourtant, elle m'a dit qu'elle m'aime, souvent ;
Que la tendresse éclose en son âme immortelle, Comme elle ne Peut pas finir : ainsi qu'avant,
Je suis celui qui doute incessamment Pour elle.
Ma faible foi la blesse et je crains l'abandon. Que deviendrais-je, hélas ! si, m'étant infidèle, Je ne puis plus sentir m'absoudre le pardon Que ma pensée en pleurs va mendier vers elle ?
À ses pieds, je me sens divinement chéri.
J'adore tout, sa main, sa lèvre et sa prunelle ;
Je n'ai de doute, ni de Plainte, ni de cri,
Mais j'ai pour frère aîné le bonheur, tout près d'elle !
E” je voilà Partie ! Or, me voici qui songe, Ironique, à des jours où te voir se prolonge Sans fin, comme la mer à mesure qu'on va!
Tu indie plus reprendre auprès de moi Le fil du rêve heureux que déroulait ta fol.
D'abord, je lui prenais tout doucement les mains,
Et ses yeux bleus, fixant leurs regards sur les miens, Faisaient pour m'éclairer l’âme de la lumière.
Elle disait : Bonjour d'un baiser, la première.
Elle devait sentir tout le long de ses doigts
Mes frissons s'bnlacer aux siens, comme des voix S’entre-croisent dans Lair, s'appellent, se répondent, Et dans un même accord toutes enfin se fondent, Nous nous parlions très peu, Pour no pas empêcher : Nos deux cœurs de s'entendre. Elle laissait pencher
‘assaut de sa lèvre!
2 fi