LE MENSONGE DES YEUX
— pue
LES femmes, qui nous sont si douces, étant
Qui pleurent on secret d'être à nos vœux rebel
belles,
Les femmes, dont la bouche à de si tendres mel,
Les femmes ont sur nous l'effrayant avantage
D'un don que leur faiblesse apporte en héritage.
Mais les femmes, d'après une éternelle loi, Mentent avec des Yeux divins de bonne foi !
Hommes qui croyez lire au fond des yeux de femmes La vérité seérôté et fuyante des mes
Heureux amants naïfs, tranquilles d'ignorer
Ce qui, moins confiants, «vo-18 ferait tant pleurer,
Ah ! dites-moi, chercheurs émus de crépuscules, Comment vous avez Pu garder vos cœurs crédules ? Moi, j'ai perdu la foi qui fait vos jours sereins,
Pour avoir observé de beaux yeux féminins
Et vu tant de regards démentis l'un par l'autre. Mais, quand même, je cède, amer et sans espoirs, : Au mystère attirant des yeux bleus, des yeux noirs.
Comment croire les cœurs si les plus beaux yeux mententÿ Si ceux en qui le ciel a mis sa purdé Prennent pour nous trahir des airs de vérité
Si les plus clairs, de par leur limpidité même,
Sont les plus dangereux, et sont ceux-là. qu'on aime ?
N'est-ce donc pas assez que les mots nous tourmentent »
Comme un mur, Comme un étran Dair bleu,
NOUS avons commencé, lorsque nous nous aimions, Par nous conter sans fin toutes nos actions,
Nos rêves les plus fous et nos moindres pensées ; Puis, des choses se sont dans le vague effacées. Sans jamais nous mentir, nous ne disions pas tout. Nous ne nous contions plus nos désirs jusqu'au bout.
* Et la prudente peur vint des choses écrites.
„ Nous nous sentions tout près, tout près d'être hypocrites.
1 Puis, nous primes parfois un air indifférent, un masque divers qu'on quilte et qu'on reprend. Et depuis, sans savoir, comme on se laisse vivre, Notre âme à peine lue est close comme un livre,