MA VITRE
A Louvigny de Montigny.
KA vitre est noire avec des étoiles dedans, Et semble un tout petit morcesu de ciel infime Détaché pour moi seul du firmament sublime, Du ciel prodigieux plein de soleils ardents.
Dehors, j'entends marcher la Nuit aux pas prudenis, Sur le silencieux tapis fourré d'hermine.
C'est toujours à ma vitre un petit ciel intime,
Un infini réduit d’astres d’or ascendants.
Mais voici qu'un vent froid s'élève. Une buée Suinte à ma fenêtre, et, comme diluée, Ma claire vision se brouille, et puis s’efface…
Et, lentement, ma vitre au beau ciel reflété, Qui renfermait tant d'étoiles et tant d'espace, Se fleurit de frimas fantastique et lacté.