LES MAINS GARDIENNES
SOUS l’attouchement tiède et blanc des mains savantes, Les notes aväient des soupirs mélodjeux ;
De sonores frissons vibraient dans les adieux,
Qui semblaient sanglotés par des lèyres vivantes.
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L'âme jeune chantait ses bonheurs radieux ; Et les accords sonnajent attristés ou joyeux. Au contact adoré des caresses ferventes.
Dans les très belles mains, plus douces que les fleurs, Je rêve de poser le poids de mes douleurs, Pour qu'il s'exhale au cjel en légère harmonie ;
Et que je puisse un jour, gardé des maux humains, Entrer, au geste clair des effleurantes mains, Dans le charme éternel et l'extase infinie !
Qui vont souvent en gestes vagues, :
Que nimbent les éclats des bagues, Réveiller les gammes muettes,
Et leur faire chanter des choses
Que retiennent les lèvres closes
Des amantes et des poètes |
Pour les laisser tomber en cendres !
Les belles mains que ma tendresse, En un vol de baisers, caresse
De la note blanche à la noire, Sans que jamais, hélas ! ma bouche Ne les effleure ni les touche,
Tant vite elles vont sur l'ivoire !
Blanche, quand au clavier somb d'ivoire clair et “ous l'inspiration du soleil ou de l'ombre 8
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Scandant sa phrase pleine au chant d'une musique
Soumise aux lois sans fin du vieux nombre harmonique, A l’art éternel, aux sanglots,
Le poète sensible et doux comme une femme,
La nuit, loin du désordre humain, berce son âme
Aux cadences des vers rythmés comme les flots.
— Le rythme est souverain sur les nuits et les mondes, Sur l’idée, et les jours et les amours fécondes, Et souverain sur les berceaux ; II commande, il endort, il éveille, il console, II fait que la chanson vibre dans la parole, Que les chants des hommes sont beaux !