L'EXILÉ JOACHIM DU BELLAY
TRISTE, parmi l'orgueil des monuments romains, Tu n'eus qu'un sul désir : revoir le ciel de France. Tu disais tes regrets et ta grande souffrance
A Baïf, à Ronsard, qui te tendaient les mains.
Tout te blessait là-bas : lus palais, les chemins, L'éclat du ciel trop beau sur ta désespérance ; Tu ne voyais de bien que dans la délivrance : En la Ville Eternelle exilé des humains !
Ah! ton Anjou n'avait pas les splendeurs de Rome! Comme il était plus doux à ton pauvre cœur d'homm e, Avec ses bords de Loire où tes pas ont erré l.,
Je te vois, quand la nuit semait d’astres le Tibre, Seul dans l'ombre, enviant la créature libre, Lame et les yeux tournés vers ton petit Liré !