‹ L'âme solitaire [microforme]Chapitre 89 sur 107 · RAGE VAINE · texte numérisé non relu

RAGE VAINE

À Jean Charbonneau.

MON âme fait des bonds vers l’Idéai, et pleure Parce qu'elle n’a pu méme jamais saisir

Un de ces petits bouts-de rayons qu'etle effleure La nuit, lorsque tout dort, excepté son désir !

Essoufflée en sa course, elle interroge l'heure

Où le rêve au vol clair et bleu comme un saphir, Malgré qu'elle sait bien que sans cesse il nous leurre, Passera, plus léger qu’un souffle du zéphyr,

Alors, désespérée et folle, elle s’élance Toute pâle vers lui, battant, dans le silence, Des ailes, — ét l'air bouge en un large frisson,

Rageuse et se tordant de ne pouvoir lui prendre Une étincelle dont elle saurait s prendre, Et dont s’extasierait votre âme à l'unisson !

L'Ame 197

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