‹ L'âme solitaire [microforme]Chapitre 91 sur 107 · VIEUX MISSEL · texte numérisé non relu

VIEUX MISSEL

TRÈS vieux missel aux pages rudes Où, parfoÿs, le soir tard je lis, Qu'ont feuilleté les doigts jolis

De vierges tendres ou de prudes ;

O vieux missel où le temps dort Pour ne pas te creuser de ride, Et dont, à peine, l'air humide À pu ternir le fermoir d'or;

O vieux missel où tout est grave Ainsi qu'en une église en deuil, Où la phrase, au premier coup d'œil, Pour toujours dans l'esprit se grave ;

O vieux missel, garde cé lys:

Entre tes feuillets : dans son urne Où pleura la brise nocturne, De- oirs sont ensevelis.

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