‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 102 sur 137 · CHIMÈRES · texte numérisé non relu

CHIMÈRES

Chanter d'un chant très doux d'oiseau.

Vibrer de sa propre harmonie.

Et pour se croire du génie Chanter seul pour l'azur et l'eau ; Chanter pour qu'enfin l'on se grise.

Sans savoir personne écouter.

Chanter de l'aube à l'heure grise, Chanter, chanter, toujours chanter !

Comme un doux enfant sendormir Sur le gazon, loin de la ville.

Dormir et sur son front tranquille Sentir le vent faible frémir ; Délivré du mal d'être triste Et de la honte de gémir.

Oublié du monde égoïste.

Dormir, dormir, toujours dormir !

i68 Les liylhmes qui Chantent

Rêver d'un impossible amour, D'un amour calme et sans souffrance.

Et pour jouir d'une espérance Vers jadis faire un long détour; Rêver que la tâche de vivre En un soupir va s'achever ; Rêver que de ciel on est ivre.

Rêver, rêver, toujours rêver !

Romances sans Musique 169

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