‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 107 sur 137 · LES VRAIS DIEUX · texte numérisé non relu

LES VRAIS DIEUX

A Charles GUI.

Poètes pâlissant sur des livres arides.

Qui tâchez à combler les abîmes ouverts

Que l'ennui creuse en vous, vos tempes sont livides!

ïje monde vous renie, et vous en êtes fiers !

Les cœurs les plus profonds sont aussi les plus vides ; Car tout ce qu'on y jette en joie, en pleurs amers. Ne hausse, hélas ! pas plus leurs profondeurs avides. Qu'un grain de sable acquis, le niveau des déserts.

L'ignorance orgueilleuse a peu d'âme : une goutte De vulgaire plaisir suffit à l'emplir toute ; Chez elle, le frisson du mystère est banni.

Songeant aux gouffres noirs que mon esprit soupçonne.

Je tressaille devant les porteurs d'infini.

Quand vous passez, ô dieux que ne comprend personne !

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