LE JEU DIVIN
A Monsieur le Juge S. Pagnuelo.
Les soirs d'hiver sont lonps lorsqu'on est seul cl triste. On écoute l'horloge aux tic-tacs palpitants, De ses petites dents d'acier broyer du temps; Non moins longue à durer l'heure lente persiste.
Mais le silence induit au pur labeur artiste Quiconque a dans le ccpur de beaux rêves chantants. Qu'un mot d'une seconde exprime pour longtemps. Quand a fui l'heure, un peu d'âme enclose subsiste.
Pareil au frais bosquet charmé d'oiseaux divers,
La solitude ailée abonde en rares vers.
Qui, bieulôl, peupleront un poème, — leur cage.
Et, par strophes faisant des captifs, l'oiseleur. Pris aux chansons des voix, ravi par la couleur. Oublie au jeu divin le jour, la terre et l'âge.
i8^ L'Ame Solitaire