LE VOILE
A M. l'abbé J. Mélançon.
C'est qu'on a trop de chair sensible autour de l'âme €omine un cristal épais voile presque une flamme. Qu'on ne peut à son pré répandre sa clarté Et paraître vêtu de toute sa beauté.
Aux instants radieux de son heure première. L'homme devait sembler une grande lumière Vers laquelle les fleurs du paradis vermeil. Comme aux rayons tiédis d'un merveilleux soleil, Jour et nuit, devaient tendre en bouquets leurscalicesl...
Ah ! je vous comprends bien, purs amants des cilices.
Des fouets aux cuirs noueux, qui déchiriez vos chairs :
Comme à certains moments vous deviez être clairs !
Car, par chaque blessure à vos membres li\ides.
Rongés par les douleurs comme par les acides.
Par chaque plaie et par chaque trou, saints bourreaux.
Devait jaillir ainsi que du Rocher les Eaux,
De cette chose belle et faite la première.
Si vous saigniez, au lieu de sang, de la lumière!