‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 132 sur 137 · INCONSÉQUENCE · texte numérisé non relu

INCONSÉQUENCE

Ah ! pourquoi donc les yeux, si ce n'est pour pleurer; Et le cœur, pour aimer jusqucs à la souffrance ; Et la cliair, pour saij^ner et pourrir ; et l'enfance, Pour vieillir; et l'espoir pour se désespérer!

Pourquoi surtout, pourquoi le mensonge du rc^ve. Quand on gémit captif de la réalité, Si ce n'est pour en être à toute heure hanté. Pour en apprendre aussi l'inanité, sans tW-ve!

Tout ce qui semble bon, à l'essai nous trahit. L'illusion nous rit : c'est par elle qu'on souffre ! Si nous nous élevons, en bas s'ouvre le gouffre Que nous creuse la fuite à mesure qu'on fuit !

Et nous tombons toujours comme fait un homme ivre. Toujours désespérés, mais fiers d'être debout ! Car nous nous relevons sans cesse, et jusqu'au boiit >'ous matidissons la vie, heureux de toujours vivre !

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