‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 20 sur 137 · LE MENSONGE DES YEUX · texte numérisé non relu

LE MENSONGE DES YEUX

Les femmes, qui nous sont si douces, étant belles. Qui pleurent en secret d'être à nos vœux rebelles ; Les femmes, dont la bouche a de si tendres mots Qui font majnquement oublier tant de maux ; Les femmes ont sur nous l'effrayant avantage D'un don que leur faiblesse apporte en liérilaîïe. Piètres comédiens, quand nous mentons, afin De mieux cacher nos jeux ou d en masquer la fin. Si nous sommes surpris dans nos rùles de pleutres. Comme nos rejrards ont de peine à sembler neutres Mais les femmes, d'après une éternelle loi. Mentent avec des yeux divins de bonne foi !

34 Les Heures d'Amour

Hommes qui croyez lire au fond des yeux de femmes La vérité secrt'te et fuyante des âmes. Heureux amants naïfs, tranquilles d'ignorer Ce qui, moins conllanls. vous ferait tant pleurer. Ah ! dites-moi, chercheurs émus de crépuscules. Comment vous avez pu garder vos cœurs crédules ? Moi, j'ai perdu la foi qui fait vos jours sereins. Pour avoir observé de beaux yeux féminins Avec une âme neuve et semblable à la vôtre. Et vu tant de regards démentis l'un pour l'autre. Mais, quand même, je cède, amer et sans espoirs. Au mystère attirant des yeux bleus, des yeux noirs.

N'est-ce donc pas assez que les mots nous tourmentent?

Comment croire les cœurs si les plus beaux yeux mentent?

Si ceux en qui le ciel a mis sa pureté

Prennent pour nous trahir des airs de vérité?

Si les plus clairs, de par leur limpidité même.

Sont les plus dangereux, et sont ceux-là qu'on aime?

Le Regret

Cesl en vain qu'on les fixe ot qu'on les fouille, ils ont

L'affreuse faculté de se faire cloison.

D'interposer entre eux et l'âme véridique

Comme un mur, contre quoi toute puissance abdique,

Ck>mmc un étrange mur fait de silence, ou bien

D'air bleu, mais à travers lequel on ne voit rien.

36 Les Heures d^ Amour

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