‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 53 sur 137 · L'ÉTÉ DES ARBRES · texte numérisé non relu

L'ÉTÉ DES ARBRES

C'EST la fin de l'été. Ployant sous les fruits mûrs, Les arbres qu'a pardi's l'enceinte des vieux murs

Epuisent la suprême sève.

Après leurs fruits juteux, leurs feuilles tomberont. Puis, las et satisfaits, tous ils s'engourdiront

Dans l'immobilité du rêve.

Ils auront bien rempli leur tâche, ayant fleuri La fleur, veillé le fruit jeune, l'ayant nourri

Du sang qui bout sous leur écorce, .\yant pour aiTcrniir les fibres de sa chair Donné ce qui circule en leur flanc de plus cher:

Toute leur fraîcheur et leur force.

Puis, ayant confié leur enfant au soleil

Pour que ses chauds rayons fassent son teint vermeil.

Plaisant aux yeux comme à la bouche.

Ils se laisseront tous par l'homme dépouiller, Tranquilles, et sentant dans leur cime fouiller

Une main avare et farouche...

La Chanson des Mois 87

Chers arbres, qui toujours faites votre devoir, Ix)rsq»ie vous serez vieux et près de votre soir,

Rongrés des insectes sauvagfes.

Avant qu'en vos troncs gris la hache ait pu crier. Je crois que le bon Dieu ferait bien de créer Un paradis pour les bons arbres sages !

88 Veilles du Jour et de la Nuit

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