LA FIN DE L'ÉTÉ
Le vif soleil d'août par les rues Déverse ses vagues de feu Lentement depuis l'aube accrues. Et dont resplendit le ciel bleu.
L'accablement de l'air qui brùlc Ralentit le pas dos passants ; A peine un petit vent circule Dans les feuillages bruissants.
Les pauvres bêtes résignées Qui traînent d'énormes fardeaux, Souffrent des mouches acharnées Piquant leurs narines, leur dos.
Pour activer leur marclie lente.
Parfois un homme au cœur de fer.
D'une main rude et violente Blesse d'un coup de fouet leur chair.
Veilles du Jour et de la Nuit
De lumière ardente brûlée.
L'herbe au bord des trottoirs jaunit.
Et dans l'arbre à claire feuillée Se démembre le premier nid...
L'Été se meurt! Salut Automne!
Salut, triste et chère saison D'intime douceur monotone; Je vais rentrer dans ma maison.
Écoutant pleuvoir sur la ville Inclinée au calme sommeil, Je serai plus doux et tranquille, Le cœur encor plein de soleil !
Dans l'ombre égale de ma chambre Où tant de rêves sont éclos.
J'écouterai venir Septembre Et frapper à mes volets clos.
Et j'ouvrirai ! — Salut, Automne ! Salut, triste et chère saison D'intime douceur monotone:
Entre, la paix de ma maison!
La Chanson des Mois 96
Chante-moi la chanson berceuse, Vieil hôte toujours attendu, Et rends à mon âme songeuse.
Automne, son bonheur perdu !...
^6 VeilUs du Jour cl de la Nuit