‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 91 sur 137 · BALLADE DES PETITS POÈTES · texte numérisé non relu

BALLADE DES PETITS POÈTES

Quand Us s'en vont les bras ballants.

L'œil morne et le front vers la terre. Tout pleins d'un douloureux mystère.

Les gestes lonf^ et les pas lents ; Qu'ils disent en des voix muettes.

Par de bons regards assombris.

Qu'ils sont jusqu'à l'âme meurtris.

Croyez-les toujours, les poètes !

Quand Us s'en vont vifs, insolents.

Ahuris du bruit planétaire.

Cherchant un endroit solitaire Pour y rêver leurs rêves blancs; Quand, heurtant vos côtes replètes, lis vous disent, les yeux aigris, Qu'ils en ont assez de vos cris.

Croyez-les encor, les poètes !

Les Rythmes qui Chantent

Quand ils s'en vont fiers, pétillants.

Le sang battant chaud dans l'artère.

Et qu'incapables de se taire, La lèvre en feu, les yeux brillants.

Ils vous disent, en phrases nettes, Qu'ils ont des poèmes écrits Dignes d'étonner tout Paris, Croyez rarement les poètes !

Envoi

Mais, lorsqu'à vos pieds, attendris, Ils vous jurent, beautés parfaites.

Grand amour d'artiste incompris.

Ne croyez jamais les poètes !

Romances sans Musique i53

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