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DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE

Au xv^ siècle, les Tares Ottomans, en poursuivant leurs conquêtes dans l'orient de la Méditerranée, troublèrent les relations commerciales que l'Europe avait formées à la suite des croisades ; les routes de l'Inde furent fermées ou menacées. Sous l'influence des sentiments de haine provoqués par ces conquêtes et des inquiétudes commerciales, on chercha de nouvelles routes pour gagner les Indes et affaiblir la puissance musulmane ; ce furent les deux sentiments qui déterminèrent les voyages d'exploration et amenèrent la découverte de l'Amérique.

Les Portugais s'obstinèrent à suivre une route qui les conduisît au sud de l'Afrique ; leur persévérante obstination fut couronnée de succès : Vasco de Gama arriva à Calicut en 1498.

Un citoyen de la république de Gênes, dont les Turcs avaient ruiné les colonies de la mer Noire, Christophe Colomb, voulut atteindre les riches pays de production de l'Asie par la route de l'ouest ; il voulut, comme il le dit lui-même, chercher l'Orient par l'occident, passer par la voie de l'ouest à la terre oîinaissent les épices. Établi en Portugal, il communiqua son projet à Jean II, qui ne crut pas au succès de l'entreprise ; il envoya en Angleterre son frère Barthélémy , qui fut traité d'aventurier par les conseillers de Henri VII ; Barthélémy passa en France, où il se trouvait encore (à Moulins, auprès d'Anne de Beaujeu) quand Christophe revint de son premier voyage en 1493. L'Espagne, ou plutôt Isabelle de Castille, sur les conseils du prieur de la Rabida, Juan Perez, avait enQn accueilli la proposition du navigateur génois, qui avait pu partir dès 1492; Christophe Colomb fit trois autres voyages, en 1493, 1498 et 1502, parcourut les Antilles et toucha deux fois au continent, au golfe Paria et sur le littoral de l'Amérique centrale. Il mourut en 1506, sans avoir soupçonné l'importance et même l'existence du nouveau continent. Il resta persuadé qu'il avait découvert des îles voisines de l'Asie, et les appela Indes occiden-

teae4.;M\é«iiéî'aîtciu!€llesprocuieraieut des ressources pour aller attaquer les musuliùailà ût délivrer le saiut sépulcre.

A la date de sa mort, d'autres explorateurs avaieut cependant déjà reconnu ou signalé presque toutes les côtes de 1 océan Atlantique ; un des plus célèbres fut le Florentin Amerigo Vespucci, ami de C. Colomb, qui visita les côtes du Mexique et de Cumana ; lui aussi resta persuadé qu'il avait navigué dans le voisinage de l'Asie. Par un singulier hasard, son nom a été donné au nouveau continent, sans qu'il paraisse avoir rien fait pour enlever à G. Colomb l'honneur qui lui revenait ; il semble même avoir ignoré le fait. Vespucci avait adressé le récit de ses voyages sous forme de lettres à ses amis et à ses protecteurs de Florence; on les publia en latin, et, sous cette forme, elles arrivèrent à la connaissance de savants qui formaient à Saint- Dié le Gymnase vosgien et s'occupaient surtout de poésie, de mathématiques, d'astronomie ; l'un d'eux, Walzemuller, connu sous le surnom de Hylacomylus, composa un traité de cosmographie {Cosmographie Introductio) , et imprima à la suite le récit des Quatre Navigations d'Amerigo Vespucci. En tête du récit Hylacomylus plaça la déclaration suivante, qui constitue l'acte de naissance du nouveau continent :

« Mais maintenant que ces parties du monde (Europe, Asie, Afrique) ont été explorées d'une façon plus étendue, et qu'une quatrième partie a été découverte par Americus, je ne vois pas pourquoi nous pourrions raisonnablement nous refuser à la nommer America, c'est-à-dire le pays d'Americus ou l'Amérique, d'après celui qui l'a découverte, Americus, homme d'un génie sagace, puisque l'Europe et l'Asie ont emprunté leurs noms à des femmes '. »

L'ouvrage fut répandu dans la région du Rhin, où l'on s'habitua vite à désigner les nouvelles terres du nom inventé par le savant de Saint-Dié ; Vespucci, nous l'avons déjà dit, semble l'avoir ignoré ; du reste il mourut peu après la publication de ce livre, en 15 12 2.

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