‹ L'Ameérique; anthologie géographique;Chapitre 124 sur 142 · ASSOMPTION · texte numérisé non relu

ASSOMPTION

« La capitale du Paraguay se relève à peine de l'état de délabrement qui est la conséquence inévitable de tant d'années terribles. Tout y est à créer encore à l'heure actuelle, et de grands sacrifices devront être faits pour donner à cette ville l'aspect convenable exigé par son premier rang au milieu des villes du Paraguay. Construite sur les bords du Rio, elle a une situation toute d'avenir. Future tête de ligne de voies ferrées qui, de plusieurs côtés, rayonneront dans le Paraguay, il est à présumer que, par la suite, son port prendra, de plus en plus, une importance croissante.

Peu d'animation; les rues, d'ailleurs non pavées, quelquesunes seulement dallées, ne permettraient qu'une circulation restreinte. Le sol est constitué par un sable rouge très fin, et c'est avec peine que les charrois peuvent se faire sur ces voies qui sont à peine des chemins.

Que dire des édifices et des habitations, sinon qu'ils res-

semblent à tous ceux que j'ai déjà vus pendant mon voyage. Ce sont, du moins dans la partie de la ville que l'on pourrait qualifier d'européenne, les mêmes maisons composées d'un seul rez-de-chaussée, toutes de môme hauteur et se terminant par un fronton toujours copié ou par une arête droite invariablement identique aux voisines. Cependant quelques monuments méritent d'être cités. Le palais du dernier des Lopez, construit sur les bords du fleuve, terminé extérieurement, attend encore un aménagement intérieur que l'état des finances du gouvernement semble renvoyer constamment à des calendes éloignées; le Cabildo, la maison du gouvernement, la Douane, la gare du chemin de fer de la place de San- Francisco, aux formes étranges; le théâtre, la cathédrale, sont des édifices convenables pour une capitale.

D'ailleurs peu ou pas d'architecture spéciale. On revoit là à satiété ces colonnes doriques ou ioniques, ces arcs en plein cintre qui ont fait la joie des architectes de nos monuments officiels d'Europe.

... La plus grande partie de la ville est toute construite en ranchos, et elle n'est pas la moins intéressante pour celui qui ne cherche dans ses voyages que le pittoresque. La végétation est d'une extraordinaire puissance, et mainte paillotte isolée, recouverte de gigantesques bananiers, fait songer aux si jolies descriptions de Bernardin de Saint-Pierre.

Aux environs de la ville se trouvent deux étabhssements : la Cancha et la Villa-Morra, où les habitants de l'Assomption viennent dîner le soir, au moment des plus fortes chaleurs^ Le premier a reçu une inslallalion d'une grande importance. Au fond d'une vaste salle on a construit une scène sur la-^ quelle se débitent les chansons de quelque artiste perdu dans ces lieux reculés de l'Amérique... Le tout est abondamment éclairé par des lampes à incandescence ou à arc, et cette lumière gaie, contrastant avec les quinquels fumeux de la ville, enchante le visileur. Toujours le progrès! La capitale, de même que beaucoup de villes argentines, sera prochainement éclairée à l'électricité, sans avoir jamais eu d'usine à gaz.

La Villa-Morra était, il y a plusieurs années, un simple terrain nu. Mais le génie perspicace du propriétaire a su y découvrir une source d'eau minérale, et des piscines ont été construites sur ces lieux, peu appelés cependant par la nature à ce rôle important. Mais le but d'une excursion à la Villa-Morra n'est pas seulement de rechercher l'action bien-

faisante de ses eaux. Pour celui qui vient y chercher la fraîcheur et Tombrage, les massifs d'orangers et de citronniers tiennent mieux leurs promesses. Il y fait délicieusement bon, €t ce repos de quelques instants remet un peu des fatigues du tramway, transformé par les accidents du sol en wagonnet de montagne russe. » (Ed. Deiss, De Marseille au Paraguay, Cerf, 1896, p. 157-161.)

CHEMINS DE FER

La première ligne de l'Argentine fut ouverte en 1857; la longueur des lignes était de 12,990 kilomètres en 1892. Le Transandin compte 173 kil. en exploitation, de Meudoza à la frontière du Chili.

L'Uruguay avait 1,600 kil. en exploitation, en 1893.

Le Paraguay n'a qu'une seule ligue; elle fut commencée en 18.J9 et construite entre Assomption et Villa-Rica; on l'a prolongée en 1894 jusqu'à Villa-Eucarnacion.

Eu 1889 s'est réuni à Washington un congrès qui a adopté en principe le projet d'une ligue intercontinentale de Panama à l'extrémité de l'Amérique du Sud.

Voyages dans l'Amérique méridionale, par don Félix de Azara, pubUés par Walckenaer, 4 vol. iu-8o, Paris, 1809.

Voyages dayis l'Amérique méridionale (de 1826 à 1833), par Alcide d'Orbigny, envoyé par le Muséum de Paris, 9 vol. in-4<', 1835-1849.

Expédition dans les parties centrales de l'Amérique du Sud, par de Castelnau, Paris, 6 vpl. iu-8o, 1850-1861.

Civilisation et Barbarie, par Sarmiento, traduit par A. Girard, Paris, 1853. (L'ouvrage fut publié au Chili en 1845.)

Description géographique et satistique de la confédération argentine, par Jean-Àntoine-Victor Martin de Moussy, Paris, 1860-64, 3 vol. in-8o. (Médecin, Martin de Moussy organisa les hôpitaux de Montevideo en 1841, et fit un voyage de cinq ans à travers la Répubhque Argentine, de 1854 à 1859. Il est mort à Bourg-la- Reiue en 1869.)

La France et l'Amérique du Sud, par Benj. Poncel, Paris, 1849.

Essai d'une monographie de la Plata, par le même, Marseille, 1869.

Considérations historiques et politiques sur les républiques de la

Page 1