‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 2 sur 91 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

$ 1. — Position de la question; ses limites.

$ 2. — L'amélioration est-elle nécessaire ?

$ 3. — L'initiative patronale.

$ 4. — L'initiative des intéressés.

$ 5. — L'initiative légale ; son opportunité. $ 6. — L'amélioration à l'étranger.

S 1. — Position de la question ; ses limites.

« En matière d'ingérence gouvernementale dans l'agriculture, a pu écrire M. Georges Blondel, le champ d’études

est pour ainsi dire illimité (2). »

1. Les mots «travailleurs agricoles » ne seront pas pris iei dans leur sens le plus compréhensif. Ils ne désigneront que rarement, au cours du présent ouvrage, toutes les personnes qui appliquent leur travail à la terre. Nous avons entendu nous placer au point de vue plus spécial des domestiques et journaliers agricoles. Maïs nous avons adopté cette terminologie, d’abord parce qu'une fois bien définie elle ne présente plus d’inconvénients, en second lieu parce que plusieurs auteurs l’ont déjà acceptée; enfin, parce que nous toucherons à certaines questions quant auxquelles l’amélioration, poursuivie dans l'intérêt des ouvriers ruraux, doit également profiter à tous les autres travailleurs de la terre (habitation) ou à quelques-uns (accidents).

2. Blondel, Brouilhet, etc... Études sur les populations rurales de l’Allemagne, p.329.

C’est là précisément le motif pour lequel, avant d'entrer dans le vif de notre sujet, nous devons indiquer d’une façon très nette les frontières que nous lui assignons. Est-il en effet besoin de dire que nous n’entendons pas, traitant la question de l'amélioration de manière extensive, y faire rentrer ‘tous les points de l’économie rurale sur lesquels pourrait être amendée l'actuelle situation de nos agriculteurs ? Nous sortirions très manifestement des bornes de cette étude si nous rangions par exemple, au nombre des améliorations désirables, celle de l'hygiène à la campagne dans ses rapports avec les maladies, ou si nous nous occupions des épizooties, des stations météorologiques, des primes budgétaires, de la lutte contre les animaux nuisibles, de la réduction du service militaire, etc..., tous points de vue auxquels, cependant, on peut concevoir des mesures très favorables à nos cultiva-

teurs.

Notre attention sera exclusivement retenue par les recherches concernant tout ce qui, sans détour, pourrait eontribuer à rendre plus enviable la situation matérielle

des ouvriers de l’agriculture. Ainsi, la question de la pro-

tection légale, celles de l'amendement des habitations, des

contrats, du chômage, du placement, des retraites ; celles enfin de l'accession à la petite propriété et du bien de famille insaisissable.

Mais, contrairement à la pensée que pourrait suggérer

la lecture de ce programme d’études, nous ne voudrions pas être compté parmi « ces charlatans agrariens qui vantent quelque panacée capable de guérir immédiatement tous les maux de l’agriculture (1). » Bien loin de nourrir l'enthousiasme d’un Fourier ou d’un Cabel, nous nous gardons d'attribuer à l'intervention légale une vertu si déterminante, et avons par ailleurs acquis la conviction qu'une panacée de ce genre ne saurait être découverte. Tout ce qu'on peut espérer, c’est trouver çà et là, c’est découvrir par élapes successives des possibilités d'amélioration légale, Encore serait-il téméraire de croire que pareilles améliorations puissent jamais valoir à leurs bénéficiaires un bonheur absolu : la poursuite d'une si douce chimère est réservée à ces réformateurs de sociétés qui ressemblent tant à des destructeurs, et dont le rêve crée les fantasmagories à la contemplation desquelles beaucoup se complaisent, parce qu'elles percent de flèches d'or l'ombre de lenr misère. A leurs yeux avides. on fait miroiter les plus brillantes promesses. Et au seul point de vue de l'amélioration qui nous retient, les Congrès socialistes de Marseille et de Nantes ont élaboré déjà tout un programme d'admirables réformes. Minimum de salaire agricole ; service gratuit de médecine et de pharmacie à la campagne ; achat par les pouvoirs publics de machines

mises à la disposition des petits culltivateurs ; suppression

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