‹ L'aménagement des forètsChapitre 39 sur 74 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

On nous reproche, d'abord, d'avoir négligé de faire entrer les coupes claires dans l'hypothèse qae nous avons admise, afin de montrer comment on pouvait arriver à apprécier la durée de la période et l'étendue de l'affectation correspondante.

On nous prouve en même temps qu'en tenant compte de la coupe claire, et en supposant qu'elle ait lieu précisément au milieu de l'intervalle du temps qui sépare la coupe d'ensemencement de la coupe définitive, la durée de la période nécessaire pour compléter la régénération de l'affectation correspondante., devient égale & cet intervalle multiplié par 1,5.

Cette dernière proposition est parfaitement exacte, lorsque la coupe claire égale en importance la coupe d'ensemencement ou la coupe définitive, et qu'elle intervient on outre précisément an milieu de l'intervalle de temps qui les sépare.

Mais si la coupe claire est plus rapprochée do la coupe définitive que de la coupe d'ensemencement, si elle est moins productive, si elle se fait en plusieurs fois, dans chacun de ces cas elle peut et doit même avoir pour effet de prolonger le délai indispensable pour compléter la régénération des coupes formant l'étendue de l'affectation.

En conséquence, si l'on ne considère que le nombre des exploitations à faire sur un point donné, pour en effectuer le repeuplement naturel, on a raison de regarder notre démonstration comme incom-

Je viens de démontrer rimpossibililé d'indiquer par année, Tassiette de coupes principales, dont le plan d'exploi talion est destiné à régler la marche au cours de la révolution. La même impossibilité existe souvent pour les coupes d'amélioration, car elles sont plus ou moins impérieusement subordonnées aux autres. On ne pourrait, par exemple, affirmer que, telle année, telle parcelle aura besoin d'être éclaircie, puisqu*on ne sait pas h quelle époque elle sera régénérée; mais on peut affirmer qu'elle aura besoin de Têtre, dans la période qui suivra celle de sa régéné-

plëte ; mais si Ton nous accorde que la coupe d^ensemencement et la roupe définiUve sont celles dont rimportance et l'écart sont le plus fiiciles à apprécier, et exercent, eu outre, le plus d'influence sur le temps que réclame la régénération complète d'un certain nombre de coupes, envisagées dans leur ensemble, on s'expliquera que, pour ne pas compliquer notre démonstration, nous l'ayons dégagée des éléments secondaires et variables qui préoccupent notre correspondant.

Répondons aux antres critiques :

Lorsque nous avons dit qu'il fallait restreindre autant que possible la durée de la période, afin de ne pas être exposé à exploiter des bois trop éloignés d'avoir atteint l'âge d'exploitabilité, nous sommes partis «le cette supposition que les agents chargés de Texécutiou de l'aménagement auraient le droit et pourraient même être forcés de se mouvoir, pour l'assiette des coupes annuelles, dans toute l'étendue de l'affectation périodique.

Si l'on admettait, au contraire, comme semble le vouloir notre correspondant, que l'on pût assujettir cette assiette à une marche précise, au moyen d'un plan spécial d'exploitation, les périodes n'auraient plus de raison d'être ; car, encore une fois, elles ne sont motivées que par l'impossibilité de concilier l'assiette fixe des coupes annuelles avec les exigences de la régénération.

On voit donc que le seul avantage des périodes ne consiste pas & faciliter la recherche de la possibilité, en diminuant les chances d'erreur inhérentes aux calculs d'accroissement. Si c'était à. leur seul avantage, comme il serait d'autant plus grand que les périodes seraient plus courtes, on devrait logiquement ne leur donner qu'un an de durée.

Mais, cela posé, il est évident que si Ton veut renfermer la latitude laissée aux agents d'exécution, pour l'assiette des coupes, dans les limites strictement convenables, il faut que les périodes de la révolution soient égales entre elles, car, sans cela, il y en aurait qui seraient nécessairement ou trop longues ou trop courtes.

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ralion; en sorte que, lorsque les afTeclalions sonl consUtuées, lorsqu'on est fixé sur la période dans laquelle une parcelle devra être obligatoirement régénérée, il devient aisé de se fîxer également sur les périodes dans lesquelles elle devra être ultérieurement éclaircie.

On voit combien la division de la révolution en périodes, et le partage de la forêt en aiTectations correspondantes, sont de nature à faciliter les opérations culiurales à faire dans la forêt que Ton se

propose d'aménager.

Suppo80D£i, avec notre contradicteur, qu'une forôt oit été partagée en cinq parties, savoir : la première de 40 hectares, la deuxième de 12, la troisième de 45, la quatrième de 18, la cinquième de 15, et que chacune d^elles ait été affectée à une période d'une durée égale au nombre d'hectares qu'elle contient : n'y auraitâl pas de grands inconvénients à laisser pendant quarante an0, et pour une affectation qui comprendrait presque moitié de la forêt, l'assiette des coupes annuelles subordonnée à l'appréciation, au bou plaisir, à l'arbitraire des agents d'exécution ; et, s'il n'est pas possible de fixer l'importance, l'emplacement et l'ordre des quarante coupes à faire dans cette affectation, ne pourrait-on déterminer ces différents points pour un nombre de coupes, prises en bloc, inférieur à quarante ? L'affirmative n'est pas contestable, et comme il convient que tout ce qui peut être fixé le soit, et qu'on ne s'écarte de la possibilité par contenance que dans la mesure que comportent les exigences de la culture, il est certain que l'on ferait une grande faute si l'on ne diminuait pas la durée de la première période.

Mais si cette période doit être considérée comme trop longue, celle de douze aus sera probablement trop courte, en ce sens qu'elle ne permettra pas, quelle que soit d'ailleurs Thabileté qu'où y apporte, de régénérer dans un aussi court délai les 12 hectares composant 1 affec* talion, et que, bien avant d'arriver à l'expiration de la période, on se verra dans la nécessité d'anticiper sur l'affectation voisine.

On nous dit, il est vrai, que quelle que soit la durée de la période, il est impossible d'éviter que l'on entame avant son expiration l'affectation contiguë. Nous n'admettons pas d'une manière absolue cette impossibilité. Sans doute, les anticipations dont il est questiou sont difficiles à éviter ; mais c'est une raison de plus pour ne négliger aucune des précautions nécessaires afin d'en diminuer au moins les inconvénients.

Si l'on abandonne ce principe, on tombe dans l'empirisme.

nu PF.AN D'EXPLOITATION. 235

Ces opérations sont indiquées sur un élat où les parties de la forêt, à régénérer, sont distinguées de celles à améliorer, et qui est intitulé Règlement des exploitations^ par période.

Ce règlement remplit dans raménagemenl un rôle analogue à celui de la triangulation dans la géodésie : De même que la triangulation est faite pour faciliter les levés de délail, de même le règlement des exploitations par période, est fait pour faciliter celui des exploitations annuelles; mais il n'y supplée pas. Ce qu'on attend surtout de l'aménagement, c'est la réalisation du rapport soutenu par année, et, pour cela, il faut trouver les moyens de répartir, d'une manière égale, le produit d'une affectation entre les années de la période correspondante. Ces moyens comportent un nouveau règlement qui, joint au précédent, complète le plan d'exploitation et qui porte le nom de Règlement des exploitations annuelles.

Ainsi, dans la présente élude sur le plan d'exploitation des futaies, j'aurai à traiter successivement :

r De la formation des affectations ;

2* Du règlement général des exploitations par période ;

3' Du règlement des exploitations annuelles.

Mais dans les futaies, plus souvent encore que dans les taillis, l'irrégularilé des peuplements conduit à adopter, tantôt une marche provisoire pour les coupes, tantôt une révolution principale transitoire ou une révolution préparatoire; et ces nécessités donnent lieu à des complications dont je sortirais difficilement, si je ne faisais de chacun des cas

OÙ elles se présentent, Tobjet d'un chapitre spécial.

J'appliquerai donc mon étude à trois hypothèses :

{"" Celle d'une révolution principale définitive, el d'une marche des coupes, normale;

2° Celle d'une révolution principale définilive, et d'une marche des coupes, provisoire;

3** Celle d'une révolution principale transitoire, ou d'une révolution préparatoire, et d'une marche des coupes, provisoire.

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