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I. Revue (les Eaa.r. et Voréts^ t. XXU, p. r>7 et suiv

cinquante premières années, esl donc négligé dans le calcul de la possibilité, el la noie dit en outre, qu'en fixant le minimum des diamètres des arbres, à comprendre dans le groupe des vieux bois, aux 2/3 du diamètre de l'arbre exploitable, el le minimum du diamètre des bois d'âge moyen, au 1/3 du même diamètre, on fait une supposition qui n'est pas exacte, attendu que les diamètres des arbres ne sont pas proportionnels à leurs âges, mais qui est néanmoins admissible, dans une appréciation dont les résultats ne peuvent être qu'approximatifs.

Tels sont, à ma connaissance, les principaux procédés qui ont été pratiqués, pour déterminer la possibilité des forêts jardinées. Essayons de préciser leurs tendances, ce qui nous permettra de voir quels sont les points sur lesquels ils se séparent ou se rapprochent les uns des autres, el de les discuter utilement.

Ces procédés, à part celui de M. A. Lorenlz, admettent tous qu'il convient de tenir compte, en calculant la possibilité, de la végétation et de la consistance plus ou moins satisfaisantes des bois qui ne sont point encore exploitables, parce qu'ils ne sont point encore arrivés à Tâge d'exploitabililé ou à la grosseur correspondante à cetâge. Seulement, tandis que le procédé du Cours de Culture ne lient compte, parmi les bois non encore exploitables, que de ceux qui le seront au début de la deuxième rotation, le procédé, sans nom d'auteur, que j'appellerai désor-

iSmo

414 AMENAGEMENT DES FOUETS.

mais le procédé de M. X., tient compte de tous les bois existants.

lien est de même de celui de M. Broillard, qui diffère cependant du précédent en ce sens, qu'il se préoccupe d'égaliser les produits, non pas d'une année à Tautre, mais d'une rotation à l'autre.

Quant au procédé de l'administration, il tient compte, dans le calcul de la possibilité, de la consistance des bois ayant au-dessus du tiers de l'âge de la révolution.

Une première question que nous aurons à examiner est donc celle-ci : Les arbres qui ne sont point encore parvenus à l'âge d'exploitabilité, doivent-ils entrer en ligne de compte pour la fixation de la possibilité; et, dans l'affirmative, jusqu'à quel point doit-on s'en préoccuper?

Pour équilibrer les produits d'une rotation à l'autre, le procédé du Cours de Culture et celui de M. Lorentz n'admettent pas que l'on fasse un emprunt aux bois qui ne sont pas encore parvenus à la grosseur d'exploitabilité, au profit de ceux qui le sont ; tandis que les autres procédés Tadmettent tous : les uns, celui de M. Broillard et celui de l'administration, dans une certaine mesure ; mais celui de M. X., sans aucune mesure précise, puisqu'il aurait pour résultat de faire ressortir une possibilité, au cas même où, dans la série envisagée, il n'y aurait pas un seul arbre arrivé à l'âge d'exploitabilité.

Une deuxième question que nous aurons à examiner, est donc celle-ci : L'intérêt qui s'attache à la

réalisation du rapport soutenu, aulorise-t-il l'exploitation d'arbres qui ne sont pas encore mûrs ; et, si oui, ne convient-il pas de renfermer celle-ci dans certaines limiles?

Après avoir basé l'égalisation des produits d'une rotation à la suivante, sur l'accroissement présumé des bois non encore exploitables, les auteurs du Cours de Culture^ dans la fixation de la possibilité pendant la première rotation, possibilité qui ne repose que sur le volume des bois exploitables, ne tiennent aucun compte de l'accroissement de ces derniers bois.

M. Lorentz, pour établir le rapport soutenu, pendant une rotation seulement, n'en tient pas compte non plus.

Dans le procédé de M. X., Taccroissement présumé de tous les bois de la série : de ceux qui sont exploitables, comme de ceux qui ne le sont pas, cet accroissement est nécessairement pris en considération dans le calcul de la possibilité, puisque ce calcul repose sur l'hypothèse que le volume de ces bois se doublera, dans le courant de la révolution.

Il en est de même dans le procédé de M. Broillard, puisque c'est encore d'après le chiffre présumé de l'accroissement moyen des bois de toute la série, qu'est arrêté le nombre des arbres exploitables chaque année.

Dans le procédé de l'administration, il n'est tenu compte de l'accroissement que pour le groupe des bois d'âge moyen, et pour assurer le rapport soutenu d'une période de cinquante ans à une autre de même

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durée. Cela fait, la possibilité est déduite du volume actuel du groupe des bois les plus vieux.

Quel cas doit-on faire de raccroissemenl présumé des peuplements plus ou moins éloignés de l'époque probable de leur exploitation, dans le calcul relatif à la détermination de la possibilité d'une série jardinée? — C'est une troisième question qui se pose.

Les auteurs du Cours de Culture n'indiquent aucun moyen, pour apprécier Taccroissement futur des arbres non exploitables. M. X. le regarde tout simplement comme devant être égal au volume actuel de tous les bois.

M. Broillard a évité la difticulté de le calculer, en supposant connaissable, d'après les résultats dos jardinages antérieurs, la production moyenne par hectare.

La note de Tadministration le base sur Thypothèse que les peuplements, quel que soit leur âge, s'accroissent annuellement d'une quantité constante, ou, en d'autres termes, que leur accroissement annuel, pondant un temps quelconque, ne varie point.

Quelles sont les meilleures méthodes pour apprécier l'accroissement futur ? Voilà une quatrième question à résoudre.

Sauf M. X. et M. Broillard, tous les autres auteurs conseillent de n'arrêter la possibilité que pour une rotation ; cinquième question à laquelle nous avons à répondre.

Enfin, les autours du ('ours de Culture, tout eu

prescrivant l'adoption d'une rotation fixe, pour qu'une série tout entière soit parcourue par les coupes jardinatoires, subordonnent les coupes annuelles à une possibilité, par volume; et, comme abstraction faite de toute autre raison, ils ne veulent pas que l'on tienne compte de l'accroissement des arbres exploitables, il est à prévoir que l'application stricte de la possibilité ne permettra pas toujours d'exploiter, dans une rotation, tous les arbres dont cette possibilité impliquerait l'abatage : il y a là une difficulté que le Cours de Culture n'a pas prévue.

M. A. Lorentz l'a prévue: après avoir conseillé d'arrêter la contenance de chaque coupe annuelle, d'après le nombre et le volume des arbres exploitables qu'elle contiendra, il déclare d'ailleurs que, quel que soit le volume prévu des bois à exploiter dans une parcelle, on devra y réserver tous les arbres, quelle que soit leur grosseur, dont, à l'époque du martelage, l'enlèvement paraîtrait de nature à compromettre l'intégrité du massif.

La difficulté dont il s'agit ne semble pas avoir préoccupé l'auteur inconnu du troisième des procédés, que nous avons passés en revue.

M. Broillard, ayant arrêté la possibilité à un certain nombre d'arbres, pouvant n'avoir que les deux tiers du diamètre correspondant à l'âge d'exploitabilité, regarde comme improbable que ce nombre d'arbres ne se rencontre pas dans la contenance fixée, à parcourir chaque année.

La note de l'administration se borne à dii'e, que les agents forestiers devront diriger leurs opérations,

de manière à parcourir loule la forêl dans la rotation convenue.

Comment serait-il possible d'obvier au défaut probable de concordance enlre le volume à exploiter, au cours d'une rolalion dans une série jardinée, el la contenance de cette même série?

Ce sera la sixième el dernière question que nous aurons h résoudre.

Ainsi, pour juger du mérite des divers moyens qui ont été proposés, à l'effet d'arrêter une possibilité par volume dans les foi'êls jardinées, il y a cinq points à éclaircir ; or, je pense qu'il me suffira, pour les éclaircir, de recourir aux principes que j'ai eu l'occasion de discuter et de développer dans les chapitres précédents de cet ouvrage.

Le premier de ces principes, celui d'où découlent tous les autres, est que, comme Font dit les auteurs du Cours de Cidiure^ « Texploitabilité d'une forêt est la base de son traitement. »

Que signifie ce principe?

Il signifie, d'après les mômes auteurs, qu'il est nécessaire de connailre à quel âge les arbres dont se compose une forêt, devront être exploités, pour que cette forêt puisse être amenée à fournir un rapport annuel et soutenu, aussi avantageux que possible.

Il suit de là que, selon que son âge d'exploitabilité est plus ou moins facile à déterminer, une forêt est plus ou moins susceptible d'être soumise à un traite-

ment régulier, et que Tàge d'exploilabililé d'une forêt ne pouvant pas êlre déterminé, il serait vain de chercher à en fixer la possibilité, ce mot étant pris comme l'expression du rapport soutenu le plus avantageux, pendant la durée d'une révolution.

Mais, objectera-t-on, y a-t-il des forêts dont Tâgo d'exploitabilité puisse être rigoureusement déterminé? Y en a-t-il dont les arbres qui les constituent soient tous capables d'atteindre, au même âge, leur maximum d'utilité? — Non certes, il n'y en a pas; mais on regarde comme utilement exploitables, au . même âge, ceux dont les âges d'exploitabilité individuelle ne s'écartent pas sensiblement. Lorsque, au contraire, il y a dans les croissances respectives dos arbres qui constituent une forêt, une telle différence qu'on ne pourrait exploiter tous ces arbres au même âge, sans risquer d'en abattre qui seraient dépérissants, ou qui ne seraient point encore entrés dans la phase de leur plus grand accroissement, Tâge d'exploitabilité de cette forêt doit être considéré comme impossible à déterminer ; et il en est surtout ainsi, par exemple, quand les produits que l'on attend d'elle, sont des produits immatériels, indépendants de l'âge et même de la grosseur des bois.

Mais le traitement d'une forêt, en vue du rapport soutenu, étant d'autant moins facile à assurer que l'âge d'exploitabilité de cette forêt est moins facile à apprécier, il en résulte d'abord que les sacrifices d'accroissement nécessaires, soit qu'on exploite les bois trop vieux, soit qu'on les exploite trop jeunes, pour obtenir le rapport soutenu, en dépit du défaut

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de gradcilion dans les âges, il en résulte d'abord que ces sacrifices d'accroissement sont d'autant inoins admissibles, que ledit rapport est plus aléatoire, et qu'ils seraient dépourvus de tout fondement, si Tâgc d'exploitabilité ne pouvait être déterminé, puisque, alors, le rapport soutenu deviendrait une chimère.

[1 en résulte ensuite que, puisqu'il y a moins d'inconvénient à exploiter des bois trop vieux, qu'à les exploiter trop jeunes, Tabatage dans l'intérêt du rapport soutenu, d'arbres non encore arrivés a la maturité, est d'autant moins permis dans une forêt entièrement jardinée, que l'exploitabiliLé en est plus indécise, et que cet abatage ne saurait être toléré, que pour des arbres évidemment très peu éloignés d'avoir la grosseur minimum de ceux qualifiés d'exploitables.

L'incertitude de la détermination de Tâge d'exploitabilité n'est pas, d'ailleurs, la seule raison pour que, dans une forêt jardinée, les bois ne soient pas exploités avant leur maturité: ces exploitations prématurées sont autorisées, jusqu'à un certain point, pour les forêts susceptibles d'aménagement, non pas seulement dans l'intérêt du rapport soutenu, mais dans celui d'une régularisation plus prompte des classes d'âge, en vue d'amener la forêt à l'état normal. Or, celle régularisation et cet état normal ne sauraient être obtenus dans une forêt vouée au jardinage sur toute son étendue.

A l'aide de ces considérations, il est facile de ré-

DU PLAN OEXPLOITATION. 421

soudre les deux premières questions que nous avons posées :

Il n'y a pas de rapport soutenu à chercher et, par conséquent, il n'y a point h tenir compte des arbres non exploitables, pour le règlement des exploitations, dans une forêt dont Texploitabililé ne correspond à aucun âge appréciable. On peut distribuer entre un certain nombre d'années, le volume des arbres dont l'enlèvement immédiat pourrait y avoir lieu sans inconvénient; mais on ne saurait aller nu delà, et c'est môme en détournant le mot « possibilité » de sa vraie signification qu!on l'a appliqué à ce volume.

Suivant que l'âge d'exploitabililé d'une forôl est plus ou moins appréciable, on peut obtenir de cette forêt un rapport soutenu pendant plus ou moins longtemps ; le nombre des arbres non exploitables à prendre en considération, pour élablir ce rapport, est plus ou moins considérable ; les sacrifices d'accroissement à faire dans le même but, sont plus ou moins rationnels, admissibles et, en règle générale, il convient de ne s'y soumettre que lorsqu'ils doivent résulter d'une exploitation tardive.

La solution de la troisième question, que nous avons à examiner, dépend de l'état de consistance des peuplements, et de l'embarras plus ou moins grand qu'on éprouve à en préjuger l'accroissement.

Nous avons vu, quand nous avons traité de la recherche de la possibilité, par volume, dans les forêts susceptibles d'aménagement et, dès lors, rela-

tivemenl régulières, que les hypothèses sur l'îiccroissement étaient tellement problématiques, surtout quand elles s'appliquaient à de jeunes bois, qu'on ne pouvait raisonnablement s'en servir, pour la fixation immédiate d'une possibilité incommutable, pendant toute une révolution.

Nous avons vu que, pour concilier rapplication d'une possibilité par volume à une forêt, avecl' obligation de régénérer cette forêt dans le cours d'une révolution, il convenait de diviser celte révolution en un certain nombre de périodes, et de n'arrêter la possibilité que pour chacune de ces périodes, à son début, et d'après le matériel à régénérer pendant sa durée.

Nous avons vu que, pour éviter que cette possibilité ne fût modifiée trop fortement, en plus ou en moins, d'une période h l'autre, ce qu'il y avait di* mieux h faire, était d'afîecter auxdites périodes des contenances égales ou inversement proportionnelles à leur puissance productive.

Nous avons vu que, de cette manière, une fois la forêt amenée à un état normal, il y avait lieu d'espérer que les produits, par période, seraient sensiblement égaux, et que la possibilité, par volume, résultant du comptage et du mesurage d'arbres peu éloignés du terme de leur exploitation, concorderait sensiblement, elle aussi, même en faisant abstraction de l'accroissement de ces arbres, avec le matériel à régénérer dans le courant de la période correspondante.

Nous avons vu enfin que, pour égaliser les produits

périodiques, pendant le temps nécessaire pour amener la forêt à un état normal, il convenait de recourir à des régénérations anormales, quand on le pourrail, sans inconvénients, pour la régularisation poursuivie, et sans de trop grandes pertes d'accroissement; mais que, sous peine de retomber dans les embarras qu'entraînait l'appréciation des produits, à de trop longues échéances, il fallait borner aux deux premières périodes à régénérer, l'indication des coupes anormales en question.

Eh bien! toutes les circonstances qui s'opposent, dans les forêts, à la détermination de Taccroissement des bois pour une révolution entière, sont évidemment d'autant plus graves que ces forêts sont plus irrégulières, que les âges y sont plus entremêlés, que la régénération, sur un point donné et dans un temps donné, y est plus douteuse ; que les étendues occupées par les bois des différentes classes d'âge, y sont plus ou moins faciles à apprécier.

Et de là, on peut conclure, que comme on l'a déjà dit plus haut, la quotité constante, par volume, des coupes annuelles, doit être arrêtée dans une forêt, pour un temps d'autant plus court, que l'hétérogénéité de cette forêt est plus grande ; que les mesures à prendre pour soustraire cette quotité à des changements trop considérables, doivent elles-mêmes s'appliquer à une partie de la révolution d'autant plus petite, que les conditions de la végétation sont plus variables, et qu'il convient, par conséquent, de ne prendre en considération, pour réaliser le rapport soutenu entre plusieurs rotations, que Tac-

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iToissement des bois qui n'ont plus à luUer pour l'existence el dont le développement est relativement assuré.

Et de là on peut encore conclure que le calcul du volume exploitable, chaque année, ne devant être fait que pour un temps très court, il est permis de négliger l'accroissement des arbres auxquels il se rapporte.

Telle est mon opinion sur le cas qu'il convient de faire de l'accroissement dans la recherche de la possibilité d'une forêt jardinée.

Passons à la quatrième question relative au moyen d'apprécier cet accroissement.

A ce sujet, je serai bref, car je ne crois pas que, pour se rendre compte de l'accroissement futur d'un massif, il y ait un meilleur moyen que celui qui repose sur la supposition que ce massif, lorsqu'il sera exploitable, présentera un volume égal à celui d'un autre massif qui l'est déjà, qui occupe la même contenance et qui a végété dans des conditions semblables de consistance et de végétation.

Mais cette supposition ne peut être de quelque utilité pratique, dans une forêt oîi tous les âges sont confondus, que pour préjuger l'accroissement futur des arbres dont la grosseur permet de se faire une idée de l'espace qu'ils occuperaient, s'ils étaient réunis et espacés convenablement.

En ce qui concerne la question de savoir s'il y a lieu de n'arrêter le volume de la coupe annuelle que

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pour une rotation, elle est clairement résolue, dans le sens de Taffirmalive, par toutes les considérations qui précèdent.

Il me reste maintenant à examiner la question relative à la manière d'obvier au défaut possible de concordance, entre le volume à exploiter au cours d'une rotation dans une série jardinée, et la contenance de cette série.

Faut-il obliger les agents forestiers, comme le voudrait M. A. Lorentz, a renfermer chaque année leurs opérations de martelage, dans une contenance déterminée, au risque de ne pas trouver dans les arbres utilement exploitables, le volume fixé par la possibilité?

A cet égard, il ne saurait, selon moi, y avoir de règle absolue.

On ne doit point oublier que la rotation a été imaginée, pour forcer les agents forestiers à porter leur attention, le plus souvent possible, sur toute rétendue d'une forêt soumise à leur gestion; que c'est une mesure d'ordre qui, au lieu de faciliter l'application des règles de la culture, pourrait, si elle était trop rigoureuse, la contrarier.

Je crois, pour mon compte, qu'il convient de laisser d'autant plus de latitude à ces agents précités, en ce qui concerne l'extension à donner à leur martelage, qu'ils auront à faire preuve de plus de discernement et de connaissances sylvicoles, dans la désignation des arbres à abattre.

Que dans les forêts des hautes altitudes, où les

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exploitations consistent en des extractions d'arbres secs, dépérissants ou sur le retour, qui peuvent être marqués d'avance pour toute une rotation, on oblige les agents en question à ne prendre, chaque année, dans une contenance déterminée, qu'un certain volume de bois ! — c'est concevable, puisque, dans ce cas, il sera possible d'assurer une concordance à p2U près parfaite entre le volume des arbres à marteler, et la contenance à parcourir.

Mais il y a des forêls placées dans des conditions plus favorables de croissance, où on ne saurait marquer par avance tous les arbres à couper au cours d'une rotation, et où l'obligation, pour les agents forestiers, de prendre un volume fixe dans une contenance également fixe, pourrait entraîner, au point de vue cultural, de graves inconvénients.

J'estime donc que, pour ces forêts-là, les agents forestiers devraient avoir la faculté de ne pas subordonner strictement leurs coupes annuelles à la condition d'une contenance à parcourir, sauf à prendre les précautions nécessaires, pour qu'à l'expiration d'une rotation, Tétendue totale de ces coupes ne s'écarte pas beaucoup de celle de la forêt, et sauf à laisser en arrière, sur pied, le cas échéant, un certain nombre des arbres qui auraient servi au calcul de la possibilité.

Si les divisions, improprement appelées parcelles, entre lesquelles une série aura été partagée, sont circonscrites par des limites bien apparentes, et si l'ordre prescrit pour les exploitations successives à faire dans ces divisions est observé, il sera facile

de contrôler Tusage que les agents auront fait de la faculté que je suis d'avis de leur donner, et qui me parait d'autant mieux justifiée que, dans la plupart des forêls soumises au jardinage, les opérations à exécuter ne diffèrent guère de celles que réclament les forêts aménagées.

Je viens de développer mon opinion sur les points principaux à considérer dans la recherche de la possibilité des forêts jardinées, et je l'ai résumée dans un certain nombre de propositions dont je vais maintenant me servir, pour apprécier les divers procédés qui se rapportent à cette recherche.

Il est évident qu'à mon sens, ni le procédé de M. X., ni môme celui qu'a indiqué M. Broillard ne sont guère admissibles, en principe du moins, puisqu'ils basent la fixation de la possibilité d'une forêt, pour un temps illimité, sur la connaissance de l'accroissement moyen de cette forêt, connaissance que je crois inaccessible, soit qu'on veuille y arriver, comme le veut M. X., par le volume de tout le matériel existant et la supputation de son accroissement futur, soit qu'on la cherche, tout simplement, comme le propose M. Broillard, dans l'importance et les résultats des exploitations antérieures.

Je reconnais d'ailleurs volontiers que le procédé préconisé par M. Broillard serait, s'il fallait choisir entre les deux, infiniment préférable à celui de M. X. ; et ce, pour deux raisons : d'abord, parce que j'ai plus de confiance, pour l'évaluation de l'accroissement moyen d'une forêt, dans le coup d'œil

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et le bon sens d'un forestier instruit et expérimenté, que dans des calculs qui reposent sur des suppositions très contestables; et en outre parce que, en permettant de comprendre dans la possibilité qu'il fixe par pied d'arbres, des arbres n'ayant que les deux tiers du diamètre d'exploitabilité, M. Broillard fournit un moyen infaillible, non pas seulement pour prévenir la ruine de la forêt, mais au contraire pour enrichir son matériel superficiel. — 11 ne pourrait en être autrement que si, chose improbable, Taccroissemenl moyen supposé avait été exagéré, au point de dépasser le plus grand accroissement moyen possible de la forêt.

Ce procédé est au surplus celui auquel nos maîtres, MM. Lorentz el Parade, conseillent d'avoir recours pour régler les coupes de jardinage à continuer temporairement, dans les forêts jardinées en voie de transformation.

Mais M. Broillard regarde comme pouvant être sacrifiée, Tégalité des produits d'une année à l'autre. Or, sans celte égalité àlaquelle les communes tiennent, je crois, plus qu'il ne l'imagine, il n'y a plus, à proprement parler, de possibilité, de sorte que la méthode de cet auteur, fût-elle excellente pour assurer le rapport soutenu d'une rotation à l'autre, n'en serait pas moins encore insuffisante.

Si, par ces différents motifs, le procédé de M. X. et celui de M. Broillard ne me paraissent pas conciliables avec les principes que j'ai posés plus haut, il n'en est point de même des trois autres que j'ai à exa-

DU PLA.N l)'i:XPI.0ITATIO>. i2<»

miner. Seulement nous allons reconnaître qu'ils ne conviennent pas à toutes les situations, et que, même dans les circonstances les plus favorables à leur application, il y a deux de ces procédés qu'on ne saurait recommander sans réserves.

Transporlons-nous, par la pensée, dans une haute région rocheuse et escarpée, tourmentée par les intempéries, couverte, pendant une partie de l'année, d'une épaisse couche de neige qui, sur les pentes dénudées, se précipite en avalanches au moindre choc, au moindre ébranlement de l'atmosphère. Il y a dans cette région une masse d'arbres plus ou moins espacés, de tous les âges, do toutes les grosseurs, dont il est difficile de s'expliquer l'existence, car la plupart de ces arbres semblent implantés dans le roc; dont on ne saurait non plus apprécier la longévité moyenne probable, car à coté de petits arbres, qui sont déjà secs ou dépérissants, il y en a de très gros qui sont encore pleins de vie.

Quel traitement conviendrait-il d'appliquer à cette masse d'arbres, au point de vue de la quantité de bois qu'il faudrait y exploiter chaque année?

Le bon sens n'en conçoit aucun, si, par ce mol, traitement, l'on entend une manière d'agir conforme à une règle invariable, au moins pendant un certain temps. Le bon sens n'en conçoit aucun, puisque l'exploitabilité physique, la seule adoptable évidemment pour la masse d'arbres en question, n'y correspond à aucun âge moyen appréciable.

Enlever les arbres secs, dépérissants, et ceux sur

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le retour, quand on le peut sans inconvénienl, comme on enlève les chablis, c'est tout ce qu'il est sage de faire, en ce qui concerne les exploitations, dans une pareille forêt, et c'est précisément ce qu'a proposé d'y faire M. A. Lorentz, en conseillant de n'en fixer la possibilité que pour une très courte rotation, d'après le volume actuel des bois qu'il serait permis d'y exploiter immédiatement, et en subordonnant rigoureusement l'exploitation, dûtelle ne pas fournir le volume prévu, à la contenance délimitée par avance de la coupe annuelle.

Mais descendons un peu de la haute région où nous sommes monté; nous arriverons dans des forêts moins irrégulières, moins exposées aux intempéries, moins difficiles à parcourir, moins nécessaires pour prévenir les avalanches, et où les différences de grosseur, entre les arbres dépérissants ou sur le retour, ne sont pas assez sensibles pour que l'on ne puisse, avec quelque probabilité, avec une certaine approximation, fixer un âge et un diamètre moyens correspondant à leur exploitabilité physique. Dans ces forêts, la recherche d'un rapport soutenu qui se maintienne pendant plus d'une courte rotation, semble permise. Dans ces forêts, au lieu d'exploiter, sans regarder au delà, dans un petit nombre d'années, tous les arbres dès à présent exploitables, on peut et on doit même, me semble-t-il, se préoccuper de l'état des arbres qui ne le sont pas encore tout à fait, afin de se faire une idée des produits qu'on en retirera, quand ils le seront devenus, et de parer.

le cas échéant, à leur insuffisance, par le maintien sur pied d'une partie des arbres les plus vieux.

C'est précisément cette préoccupation qu'ont eue les auteurs du Cours de Culture^ quand ils ont dit qu'il fallait prolonger la durée de la rotation assez longtemps, dans les forêts jardinées, pour qu'à son expiration, on pût trouver un nombre d'arbres exploitables, égal à celui des arbres qui le sont déjà.

Seulement, il est possible d'atteindre le but que ces auteurs ont eu en vue, sans subordonner la durée de la rotation à l'étal des arbres non exploitables, et, sur ce point, leur procédé me paraîtrait devoir être modifié, conformément aux idées que j'ai exposées sur l'égalisation des produits entre plusieurs rotations.

Les mêmes auteurs n'admettent pas, du reste, que Ton fasse des sacrifices à l'établissement du rapport soutenu, quand ces sacrifices consisteraient dans des exploitations prématurées ; ils négligent aussi l'accroissement des bois exploitables au cours de la rotation, dans la fixation de la possibilité. Us ne fixent la possibilité que d'après les bois exploitables dans une rotation ; et dès lors, ils ne Tarrêtent que pour cette rotation. Sur ces trois points, je suis entièrement de leur avis.

Mais ils ne disent rien du désaccord possible entre le volume de bois à exploiter chaque année, et la contenance à parcourir. Or, mon opinion est que si, dans les hautes régions, le volume à exploiter, doit être, le cas échéant, subordonné à la condition d'une contenance à parcourir, il n'en est pas de même,

SOUS certaines réserves, dans les forèls où toule prévision sur Taccroissemenl des bois n'esl point interdite.

Descendons encore maintenant, et bientôt nous nous trouverons dans des forêls semblables, pour la consistance, à celle que nous avons tout à l'heure supposée partageable en deux ..aiïeclations. Les arbres de tous les âges n'y sont point entremêlés, comme on le suppose généralement, si ce n'est dans les jeunes massifs. Un œil exercé y distinguera souvent sur d'assez grands espaces des peuplements qui tendent à riiomogénéilé, par la place que s'y sont déjà faite de nombreux sujets d'un certain âge, ou de certaines dimensions. La différence entre les diamètres des arbres mûrs, est moins sensible que dans les forêts que nous venons de quitter, et permet d'appliquer un âge et un diamètre moyen&à l'exploilabililé de ces arbres. Le choix de celte exploitabililé même n'est pas, dans ces forets-là, impérieusement commandé par des circonstances purement physiques.

Par toutes ces raisons, il ne semble guère contestable que l'on puisse, et que l'on doive même, chercher à assurer le rapport soutenu dans lesdites forêts, pour un temps plus long, que dans celles, qui ont servi d'exemple précédemment, et c'est ce qui a motivé la note de la direction des forêts, en date du 17 juillet 1883.

Cette note, — je me hâte de le dire, — constitue, à mes yeux, un réel progrès pour l'exploitation des

forêls jardinées. Je ne la crois point à l'abri de toute critique, — je le montrerai dans un moment, — mais je crois qu'elle est de nature à mettre un terme à beaucoup d'abus, et que si elle est appliquée avec intelligence» il n'y a point à craindre qu'elle entraîne Tappauvrissement des forêts.

Cela n^esl point à craindre, parce que cette note dit que, dans le calcul à faire pour fixer le volume exploitable annuellement pendant une période de cinquante ans, calcul révisable d'ailleurs, au début de chaque rotation, il ne doit pas être tenu compte de l'accroissement. Mais elle admet que dans le partage des arbres en deux groupes, suivant leurs grosseurs, h Teffet d'égaliser les produits pendant les deux premières périodes, on puisse supposer que les diamètres des arbres sont dans une proportion constante avec leurs âges ; et comme ils ne le sont pas ; comme, en descendant, à partir de ceux qui correspondent aux^âges les plus avancés, ils ne diminuent point autant que les âges, il en résulte qu'en attribuant, aux arbres de 50 à 100 ans, un diamètre maximum égal aux deux tiers de celui présumé des arbres de 150 ans, on s'exposerait à comprendre — danger bien difficile, d'ailleurs, à éviter, je le reconnais— on s'exposerait à comprendre, sinon dans les deux groupes, au moins dans celui des vieux bois, regardés comme exploitables, des arbres qui ne seraient point aussi âgés qu'ils devraient l'être.

Je pense, du reste, que c'est trop se lancer dans les futurs contingents, que de vouloir assurer le rapport soutenu pendant les deux tiers d'une révolution,

AMÉ1<IAGBME?CTS DES FORÊT. 28

dans les forêts jardinées. Je pense qu'il est sage de ne prendre en considération, pour établir ce rapport soutenu, que les arbres qui ont déjà conquis leur place au soleil, les arbres ayant au moins un âge égal à la moitié de la révolution.

Je trouve, en outre, que Técart entre les âges ou les diamètres extrêmes des arbres, constituant chacun des deux groupes prévus par la note administrative, est trop grand, et pourrait donner lieu h des inconvénients, si, par exemple, le groupe des vieux arbres dits exploitables, se contiposait en majorité, soit d'arbres qui auraient à peine 100 ans, soit d'arbres qui en auraient près de 150. Dans le premier cas, les arbres seraient coupés trop jeunes, quand ils n'auraient pas encore la moitié peut-être du volume des arbres parvenus au terme de l'exploitabilité. Dans le second cas, les arbres seraient coupés trop vieux, et quand ils auraient vraisemblablement perdu de leur valeur.

J'estime, enfin, qu'en basant l'égalisation des produits, pendant les deux tiers de la révolution, sur l'hypothèse d'un accroissement moyen constant, hypothèse qui ne me parait guère admissible, surtout dans une forêtjardinée; et en ne tenant qu'indirectement compte, pour cette égalisation, de la contenance, facteur le plus important à connaître, dans les appréciations relatives à la croissance des arbres en massif, la note de l'administration n'a pas diminué, autant qu'on pourrait le faire dans beaucoup de forêts, les difficultés inhérentes à cette recherche, et que, pratiqué par des forestiers expérimentés, le procédé

DU PLAN D'EXPLOITATION. 43a

que j'ai proposé serait, en tout cas, au moins fort utile, pour contrôler les résultats que Ton aurait obtenus, par celui dont nous nous occupons en ce moment.

La note en question, en n arrêtant, du reste, la quotité des coupes annuelles que pour une rotation, à l'expiration de laquelle cette quotité devra être fixée à nouveau, offre un moyen de corriger, à court délai, les erreurs qui auraient pu être commises; mais cette noie, en invitant les agents forestiers à parcourir toute la série de la rotation prévue, sans leur indiquer un moyen d'y arriver, présente, sous ce rapport, une lacune.

Concluons :

Dans les forêts jardinées, il y a une distinction à établir entre celles dont l'exploilabilité physique ne correspond à aucun âge appréciable; celles dont la même exploitabilité, encore obligatoire, y correspond au contraire, et celle dont Texploitabilité pourrait être déterminée, comme Test Texploitabilitédes forêts susceptibles d'aménagement.

Pour l'exploitation de ces différentes forêts jardinées, il y a des règles qui sont applicables à toutes; mais il y en a qui ne le sont qu'à certaines d'entre elles.

Règles applicables à toutes les forêts.

l" Former des séries d'une faible étendue.

2" Partager chaque série, après l'avoir parcellée et

décrile, comme si elle était susceptible d'aménagement, en divisions circonscrites autant que possible par des limites naturelles ou par des chemins.

3" Parcourir chaque série tout entière, dans une rotation, dont la durée soit une partie aliquote de la révolution, quand une révolution peut être fixée, et soit cependant assez courte : 1* pour que les arbres que Ton aurait volontairement ou involontairement négligé d'exploiter dans une rotation, puissent, sans grave inconvénient, rester sur pied jusqu'à la rotalion suivante ; 2* pour que chaque année les agents, chargés du martelage des coupes, n'aient pas à se mouvoir dans un trop grand espace; 3° pour que les bois offerts à la vente dans toute la forêt, soient répartis entre les séries, de la manière la plus favorable aux convenances du commerce.

4** Exploiter les parcelles dans un ordre préalablement fixé.

5"* N'arrêter la quotité par volume des coupes annuelles, que pour une rotation, sans tenir compte de l'accroissement des bois destinés à ralimenler, et sans y comprendre les menus bois n'ayant pas d'avenir, dont l'extraction serait jugée nécessaire.

Règles variables suivant la situation des forêts.

V Ne pas se préoccuper du rapport soutenu au delà d'une rotation, dans les séries dont l'âge d'exploitabilité est méconnaissable, et arrêter la quotité par volume des coupes annuelles, pendant la rotation, en divisant le volume des arbres exploitables par la durée de cette rotation.

T Ne se préoccuper du rapport soutenu, en ce qui concerne les séries de la deuxième catégorie, que pour deux rotations, dans la mesure indiquée parle Cours de Culture ;c\\erç\\QY à se rendre compte de la surface couverte, d'un côté, par les bois exploitables au cours de la rotation, et, d'un autre côté, par les bois qui ne seront exploitables que dans la deuxième; remédier, le cas échéant, à Tinsuffisance de ces bois qui ne sont pas exploitables, par un emprunt à ceux qui le sont, et arrêter le volume exploitable au quotient du volume des arbres désignés définitivement pour être abattus, au cours de la rotation, par le nombre d'années de cette dernière.

3* Se préoccuper du rapport soutenu pour un temps plus long, mais ne dépassant pas la moitié de la révolution, dans les séries de la troisième catégorie ; diviser, à cet etîet, les arbres ayant plus de la moitié de l'âge de la révolution en trois groupes, suivant la marche que j'ai indiquée page 397, pour déterminer la possibilité par volume, au cours de la première période, dans les forets dont la révolution u aurait pu être divisée qu'en deux périodes seulement; apprécier la production probable de chacun de ces groupes, à l'époque moyenne de son exploitalion, soit par Tidée qu'on pourra se faire de retendue qu'il occupe, soit, comme l'indique la note administrative du 17 juillet 1883, en supposant qu'il s'accroisse chaque année d'une quantité égale à l'accroissement moyen des arbres exploitables; réduire, s'il y a lieu, pour parer à la pauvreté des groupes qui ne sont pas exploitables, le groupe

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de ceux qui le sont ; n^augmenter que très exceptionnellement le volume de ces derniers, par un emprunt aux bois plus jeunes ; diviser ensuite le volume des arbres attribués définitivement au groupe de ceux exploitables, par le 16 de l'Age d*exploitabilîté, et arrêter au chiffre du quotient obtenu, la quotité des coupes annuelles pour une rotation.

i« Obliger les agents d'exécution à se renfermer

strictement, pour les coupes annuelles des séries de

la première catégorie, dans la contenance fixée par

avance, dussent-ils n'y pas trouver le volume de bois,

. dont la quotité arrêtée autoriserait Fabatage.

lyo Donner à ces agents, dans les séries des deux autres catégories, la facilité de s'écarter un peu, soit en plus, soit en moins, suivant les exigences de la culture, de la contenance indiquée comme pouvant leur fournir le volume annuellement exploitable, mais à condition de parcourir toute la série dans le cours de la rotation convenue , dussent -ils laisser en arrière, sur pied, quelques-uns des arbres qui auraient servi au calcul de ce volume exploitable.

J'en ai écrit bien long pour aboutir à des règles qui, en ce qui concerne le règlement des exploitalions annuelles des forêts jardinées, sont, je ne me le dissimule pas, d'une application difficile et incertaine. Mais lorsqu'on cherche à utiliser la force des êtres vivants, on doit se résigner d'avance à n'arriver qu'à des à peu près, surtout quand il s'agit de savoir ce que cette force produira dans un avenir éloigné.

En la matière qui vient de nous occuper, il ne faul pas viser à une élroile approximation. Lorsqu'on aura dans une série jardinée exploitable, je suppose, à cent quatre-vingts ans, divisé les arbres de quatrevingt-dix ans et au-dessus en trois groupes : les gros, les moyens, les petits ; lorsqu'on aura apprécié avec son bon sens, son expérience, à Taide du cahier du dénombrement et de la description spéciale, leurs étendues respectives; lorsqu'on aura remédié, autant que possible, à l'inégalité de ces étendues, par des emprunts faits surtout aux groupes les plusvieux en faveur des plus jeunes ; lorsqu'on aura fait tout cela comme on fait une cote mal taillée, on aura fait le faisable, au point de vue du rapport soutenu, dans une série jardinée.

Le rapport soutenu est sans doute une chose très désirable dans l'exploitation d'une forêt ; mais on ne doit pas lui sacrifier l'application des règles de la culture, c'est-à-dire l'intérêt de la végétation ; il ne faut même pas lui sacrifier l'intérêt de la production, ce qui veut dire que l'on devrait y renoncer, dans le cas où il ne pourrait plus devenir au moins égal au plus grand produit moyen dans un temps donné *.

1. Si les lignes que je viens d'écrire sur les forêts jardinées, tombent sous les yeux de M. Guinier, inspecteur des forêts, elles lui montreront que j'ai lu les intéressants articles qu'il a publiés dans la Revue des eaux et forêts (1885) sur les futaies résineuses en montagne, et que je les ai mis à contribution.

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