OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
Toutes les réformes que comporte Taménagement d'une forêt, ont pour but Tamélioratioride celte forêt ; et, en conséquence, la formation du plan d'exploitation, lui-même, devrait rigoureusement et logiquement être rangée parmi les améliorations, et être traitée dans la même étude. L'aménagement ne comprendrait alors que deux parties principales : l'une pour la statistique, l'autre pour les améliorations. J'ai cru devoir cependant consacrer une étude spéciale au plan d'exploitation, parce que cet objet était susceptible de longs développements et, qu'en outre, il se distingue des autres améliorations, en ce sens qu'il tend surtout à modifier, non pas les choses elles-mêmes, mais la manière de les utiliser ; tandis que les améliorations proprement dites portent principalement, et souvent exclusivement, sur les choses et sur les modifications qu'il serait utile d'y apporter.
En parcourant successivement tous les articles de
456 AMÉNAGEMENT DES FORtTS.
la statistique, on reconnatlra facilement quels sont les points sur lesquels des améliorations seraient opportunes.
S'il résultait par exemple du cahier descriptiide la statistique, que les limites sont en mauvais étal, on proposerait de les réparer, et on ferait connaître la dépense que ce travail nécessiterait.
S'il était constaté que le gibier fait beaucoup de tort à la forêt ou aux cultures environnantes, on indiquerait les mesures à prendre pour y remédier. Si le débit des bois exigeait rétablissement de nouvelles scieries, la réparation des anciennes, on dresserait le devis de ces travaux.
Je ne saurais prévoir ici toutes les imperfections, toutes les lacunes qui pourraient exister dans une forêt, et qui devraient faire l'objet de propositions spéciales tendant à les réparer. Je me bornerai à donner quelques courtes explications sur les travaux, ' dont l'utilité est la plus grande et l'opportunité la plus fréquente. Ces travaux sont relatifs au sol, au peuplement, aux moyens de vidange, à la conservalion et à l'entretien de la forêl.
ARTICLE H
AMELIORATIONS RELATIVES Atj SOL
Dans l'agriculture proprement dite, on améliore le sol par divers moyens et, principalement, par les amendements et les engrais artificiels. En sylviculture, les amendements et les engrais doivent être le
résultai de la culture elle-même; c'est Thumus qui les coDstilue. Les expériences, très peu nombreuses d'ailleurs, qui ont été exéciilées, pour démontrer les avantages de Finlroduction dans les forêts, de substances minérales particulières, ne paraissent concluantes ni au point de vue cultural ni au point de vue économique. On a essayé aussi de constater le bon effet des irrigations sur les bois^ et on a obtenu de magnifiques résultats comme rapidité d'accroissement; mais on ne connaît pas Tinfluence de ces irrigations sur la qualité des arbres; et on n'a pas non plus établi la balance entre le profit et les frais de ce moyen artificiel d'amélioration qui, dans tous les cas, ne saurait être praticable que très exceptionnellement*.
Je pense donc qu'en ce qui concerne le sol, l'amélioration la plus recommandable est en définitive l'assainissement. Tout le monde sait que dans les terrains trop humides, les arbres sont d'une qualité très inférieure; que les graines pourrissent et, qu'en conséquence, le repeuplement naturel ne se fait pas; mais il faut éviter de confondre l'assainissement avec le dessèchement; car autant le premier est utile, autant le second est nuisible.
Dans les propositions qu'ils auront à présenter à ce sujet, les agents aménagistes indiqueront les cantons et les parcelles, où des fossés d'assainissement
1. II faudrait les multiplier. M. Chevandicr a publié à ce sujetf sur l'effet des irrigations et d'autres points importants d'économie forestière, des mémoires intéressants, que mos lecteurs connaissent sansdoute .
458 AMÉNAGEMENT DES FORKTS.
seraient nécessaires, les dimensions et la direction qu'il conviendrait de donner à ces fossés, et, enfin, les dépenses approximatives qu'entraînerait leur exécution.
ARTICLE m