CALCUL DE L'ACCROISSEMENT DU MATÉRIEL INITIAL
La différence ou l’accroissement : :
de 6 années est donc : L'accroisse-| Le taux
ment de cet eo annuel accroisse-
Les arbres du matériel initial se retrouvent dans le matériel fina augmentés de leur accroissement comme suit :
Excès de la classe supérieure à attribuer à la classe immédiatement inférieure.
io ——— dinde Me Parihactare de di es Nombre. Cube. Nombre. Cube. de silves de silves silves. p- 100. 1 9 70 5 21 67 ) 32 20 41 62 49 19 94 11 34 144 82 56 201 78 24 71 79 193 638 49 63 188 28 166 401 51 265 502 87 349 498 67 190 193 04 À 1.033 1.784 37 || 329 334 27 k 685 470 04 + 969 438 46 à 569 152 40 — Passage à la futaie.
- || 2.548 1.395 17 BYE 3.734 3.818 03 || Accroissement du M. I.
691 186 39 Passage à la futaie.
Accroissement total
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Ayant dressé le tableau avec les nombres d’arbres, on applique le tarif d'aménagement en prenant garde d’appliquer aux excédents du matériel final d’une classe refoulés à la classe inférieure, le cube qu’ils ont acquis dans leur dernier état.
Pour décharger le tableau, j’ai limité les inscriptions de cubes au strict nécessaire, pour que le calcul d’accroissement lui-même soit complet. Pour les vérifications, il est utile d'inscrire tous les cubes; une partie peut en être tirée directement des inventaires d’entrée et de sortie. La vérification consiste, la balance des nombres étant déjà faite dans le calcul préparé, à faire la balance des cubes ; le total de la rubrique M+E diminué de celui de la rubrique m, doit donner un reste égal au total de la rubrique accroissement ; le total de la rubrique matériel initial augmenté en nombre d’arbres du passage à la futaie et en cube de l’accroissement total, doit être égal au total de la rubrique matériel final ; le total de la rubrique «matériel rétabli», augmenté du passage à la futaie, doit être égal au matériel final.
On termine le calcul en tirant les moyennes d’accroissement par hectare et par an et en en calculant le taux par rapport au matériel initial. Le taux est calculé à intérêts simples, ce qui est admissible pour les très courtes périodes.
Par ce calcul d’accroissement, on obtient :
Pour le matériel initial de la division :
Son accroissement pour chaque classe d’arbres, et en bloc ;
Son accroissement par hectare et par an et en taux ;
Pour la division :
Son accroissement total, et ses moyennes par hectare et par an, et en taux ;
Le passage à la futaie et ses moyennes ;
L'augmentation ou la diminution du matériel de la division, qui est la différence entre son accroissement total et l’exploitation, c’est-à-dire la capitalisation ou la réalisation.
Ce calcul d’accroissement permet toutes sortes d’investigations.
L’intimité des rapports entre le traitement et l'aménagement est mise en évidence par le calcul d’accroissement; d’un côté, en effet, une partie
Section n° 1, 59 cernes.
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essentielle des éléments du calcul est fournie par les calepins de martelage ; de l’autre côté le calcul d’accroissement de l'aménagement instruit le traitement sur l'influence qu'ont les opérations sur la constitution et la végétation du peuplement.
Rien ne saurait remplacer ce calcul pour l’étude d’un peuplement ; cependant, afin qu’il conserve un sens clair que le sylviculteur puisse pénétrer facilement pour en tirer profit, il convient que son objet ne soit pas trop étendu ; on trouve ici un nouvel argument en faveur des petites divisions.
Les sondages et analyses d’arbres, même nombreux, sont insuffisants pour tenir le sylviculteur au courant de l’accroissement et de l’allure qu’il lui imprime par ses opérations. L’accroissement d’un arbre est l'expression de son adaptation individuelle au milieu qui l’entoure et à la place que le sylvicuiteur lui fait dans ce milieu. Par la constitution des futaies en peuplements denses uniennes, on est arrivé à tellement juguler l’accroissement, qu’une certaine uniformité d’allures s’établit entre tous les arbres ; toutefois, même dans ces peuplements-ci, on hésite à étudier l’accroissement par des sondages et des analyses de tiges ; les stations de recherches elles-mêmes procèdent dans les parcelles d’essai par l'inventaire intégral et périodique.
Si on renonce à l’étude de l’accroissement des peuplements uniformes par les sondages et les analyses, à combien plus forte raison devra-t-on y renoncer dans les peuplements dans lesquels il y a diversité d’essences, de densité, de groupements, d’âges, et lorsque cette diversité est un principe du traitement.
Chacun peut constater dans tout peuplement en exploitation combien l'allure de l’accroissement est affaire individuelle ; je donne ici comme documentation la réduction photographique, à la même échelle, des quatre demi-sections de tiges de sapins blancs de grosseur presque égale, abattus dans la forêt communale de Couvet, prises à 16 mètres de hauteur ; les arbres dont elles proviennent étaient placés dans des peuplements constitués différemment, mais sur même sol, à même exposition et à même altitude ; leurs accroissements se sont différenciés au point d’avoir dans les quatre cas des allures très divergentes ; il serait facile
de multiplier ces exemples ; ces quatre suffisent pour montrer que l’accroissement d’un arbre dépend et de ses aptitudes individuelles et de son entourage immédiat ; qu’il est extraordinairement variable et par conséquent influençable et apte à donner l’expression de l'efficacité du traitement, mais en même temps qu'il ne permet pas les généralisations. Le calcul d’accroissement ne dira d’ailleurs jamais tout au sylviculteur ; pour l'interprétation adéquate du calcul d’accroissement, le corps à corps avec la forêt restera toujours indispensable. Le calcul d’accroissement tel que le conçoit la méthode du contrôle fait la synthèse des accroissements individuels, et permet l’analyse du fait général de l'accroissement dans le peuplement.
9. Les prévisions d'exploitation (possibililé) et le plan d’exploilalion. — Étant arrivés à la connaissance de l'accroissement, quel usage feronsnous de cette notion? Comment en tirerons-nous ce qu’il est nécessaire et utile de savoir pour gouverner la forêt à l’avenir?
La méthode du contrôle se place ici à un point de vue particulier, et donne de la « possibilité » une définition spéciale sur laquelle il est nécessaire de s'expliquer préalablement.
Pour les contrôlistes, la possibilité a le sens restreint d’une simple prévision. Elle est une prévision de récolle.
Comme la récolte est, en agriculture, le fruit de la culture des champs, elle est, en forêt, le fruit du traitement. Aucun cultivateur ne prétend fixer d’avance ce qu’une récolte sera, car il faut bien qu’il laisse à la culture le temps de sortir ses effets ; il pourra prévoir la récolte plus ou moins, mais il ne la constatera réellement et ne pourra en disposer qu'après l’avoir faite. Ainsi en est-il à plus forte raison en sylviculture. L’accroissement qui représente le fruit du traitement ne peut être connu qu’au fur et à mesure que celui-ci déploie ses effets ; la possibilité ne peut donc être qu’une prévision de récolte plus ou moins fortement motivée pour un laps de temps très court, celui qui est strictement nécessaire pour la constatation de ces effets. Il est inutile et fallacieux d'arrêter des prévisions longtemps d’avance ; il est même mauvais de fixer une possibilité comme on le fait sur la base d’une révolution, même en la
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soumettant à révision tous les vingt ans, car la possibilité-décret lie les mains du forestier, et substitue à la préoccupation du but cultural de la coupe, la préoccupation du volume qu’il est interdit de dépasser ou qu'il est obligatoire d’atteindre ; ainsi le traitement, qui devrait être la chose essentielle, cède le pas à l'aménagement et ne peut être objectif.
Il ne peut y avoir ensylviculture d'imposition de récolte, il ne peut y avoir que proposilion de récolle. Cette réforme de la notion de possibilité est urgente et se justifie à cause des particularités de la culture forestière et de Ja manière d’y procéder à la récolte, En forêt, le fruit du traitement qui est donc l’accroissement ne peut se percevoir annuellement et sous la forme en laquelle il se présente ; il ne se concrétise pas ; il s’incorpore instantanément au matériel qui le produit, et il ne s’en laisse plus détacher ; on n’arrive à le connaître qur par des mensurations qui ne permettent même pas de le déterminer absolument, et encore faut-il, pour que ces mensurations puissent être effectuées pratiquement et pour qu’elles fassent apparaître des résultats tangibles, les faire porter sur des groupes d’accroissements annuels. La récolte elle-même, étant donnée la fusion intime du produitetde son substratum, ne peut s’opérer que sous la forme de réalisations partielles de matériel. Un double danger se présente donc ici: il peut arriver ou que, croyant se borner à prélever la récolte, on réalise en même temps du fonds producteur,ou que, par contre, ayant mal calculé la récolte on ajoute sans profit ou même à perte à ce fonds. On voit l’importance qu’il y a à être instruit aussi exactement que possible de ce qui est le fonds et de ce qui est le produit, et de ce qu’est leur relation. On prend ainsi conscience des rapports étroits de réciprocité qui s’établissent entre l'aménagement et le traitement, entre l’exploitation et la culture. La coupe consistant en des réalisations partielles de matériel], la manière de procéder à ces réalisations, leur intensité, leur répétition ou leur rythme, ont pour conséquence de modifier la masse, le groupement, la distribution, la qualité du matériel; la coupe agit donc sur le milieu ambiant et, par lui, sur l’accroissement. Ainsi la coupe résume le traitement ; elle est l'essentiel de la culture forestière. Il y a divers éléments à considérer dans la coupe : le mode, la quotité et la périodicité, Je ne fais que les mentionner ici, à cause du compte
qu’il y a lieu d’en faire dans l’établissement du plan d’exploitation périodique.
L’accroissement s’incorporant automatiquement au matériel et ne pouvant être libéré que par des réalisations de celui-ci, le prélèvement à faire sur le matériel par la coupe peut être égal, supérieur ou inférieur à l'accroissement ; et il importe que ce rapport ne s’établisse pas fortuitement, mais qu’il soit la conséquence de décisions pesées et muries ; l'importance de ces décisions qui exigent un examen attentif de la situation générale de la forêt, de la situation spéciale de chaque division, des résultats acquis par le traitement antérieur, montre aussi l’impor-
tance de la coordination qui ne peut s’obtenir que par l'aménagement. La triple question :
La coupe à proposer sera-t-elle
égale inférieure $ à l’accroissement?
supérieure
c’est-à-dire, sous le rapport du matériel,
y a-t-il lieu de rester au slalu quo?
y a-t-il lieu de capitaliser?
y a-t-il lieu de réaliser?
ainsi que la question de l’urgence de la coupe, doivent être examinées pour chaque division prise à part.
Il s’agira donc, au vu du calcul d’accroissement, de se rendre compte des effets soit de l’accumulation, soit de l’insuffisance du matériel et de sa disposition, et de se demander comment le traitement devra être orienté en vue de la stimulation de l’accroissement et pour corriger graduellement les défauts constatés dans la constitution des peuplements.
Les réponses aux susdites questions sont des appréciations ; elles supposent, de la part de l’aménagiste, une connaissance personnelle des peu-
plements, et ne sauraient lier absolument l’opérateur qui doit conserver une grande liberté de mouvements dans le corps-à-corps avec la forêt, sauf à justifier les mesures prises et en se tenant à l'obligation, celle-ci absolue, de traiter la division dans son ensemble.
Le traitement des forêts d’après la méthode du contrôle exclut les opérations brusquées, les à-coups ; dans le cas où on prévoit des réalisations de matériel, elles doivent être conduites avec une extrême prudence et, s’il n’y a pas excès de matériel en général, elles doivent être compensées par des économies sur d’autres points.
Ayant terminé son examen, l’'aménagiste consigne les résolutions prises dans le plan d’exploitation pour la nouvelle période. Ses résolutions sont soumises sous la forme de propositions à l'autorité compétente et, approuvées par celle-ci, elles constituent les prélèvements aulorisés pour la nouvelle période ou la possibilité ; ces prélèvements sont distribués ou répartis par le plan d’exploitation selon l’état cultural de chaque division et selon l’urgence de la traiter, état et urgence sur lesquels on est renseigné par la description spéciale jointe à l’inventaire. Cette répartition peut avoir lieu de manière à obtenir la péréquation du revenu annuelen matière, ce qui ne présente pas de grandes difficultés lorsqu’on a eu la précaution de former un nombre de divisions plus grand, même multiple, du nombre d’années de la période.
Dans le cas d’un aménagement initial, alors qu’on n’a encore comme base qu’un unique inventaire, les prévisions d'exploitation doivent être très modérées et la période doit être courte ; on pourra établir une possibilité provisoire par application au matériel d’un faible taux d’exploitation, ou par application d’une faible quotité par hectare ; pour arrêter ces mesures provisoires qui ne sont que pour un temps très court et ne peuvent entraîner de conséquences graves, on trouve toujours des points de repère dans les forêts voisines, dans la statistique, ou une indication
par des sondages qui peuvent avoir de l'utilité précisément dans ces cas-là.
Le calcul d’accroissement ne peut naturellement fonctionner qu’à partir du deuxième inventaire. Ses résultats ne peuvent avoir la prétention de fournir mathématiquement l’accroissement ; il faut le reconnaître
sans ambages, et les « contrôlistes » eux-mêmes tiennent à se garder de toute pédanterie sous ce rapport. Où il faut être pédant, ou presque, c’est dans les inventaires eux-mêmes et dans la tenue du contrôle qui fournissent les éléments du calcul, car, quelques soins qu’on y mette, il y aura toujours dans les conditions matérielles mêmes dans lesquelles ces travaux s’accomplissent, trop peu de précision absolue pour qu’on puisse prétendre à Ja rigueur mathématique. Plus encore : on ne peut demander au calcul d’accroissement des indications telles qu’elles puissent s'appliquer instantanément à l’objet pratique à la facon d’un facteur ou d’un coefficient.
Les enseignements du calcul d’accroissement s’obtiennent par interprétation ; il y aura toujours, de la part des agents d'application, un facteur jugement qui est leur prérogative et est de valeur individuelle, et c’est pourquoi aussi leur responsabilité doit être effective ; ils sont tenus à des justifications.
Un calcul d’accroissement isolé a cependant une valeur, mais une valeur relative ; les prévisions et les opérations auxquelles il servira de base devront s'inspirer d’une plus grande modération que lorsqu'il existe une série de calculs se corroborant (Voir les exemples donnés sous « Résultats de la méthode du contrôle »). La sécurité et la liberté augmenteront avec l’allongement de la série. Et on fera bien de ne pas se borner, en revisant une possibilité, à consulter le calcul d’accroissement qu'on vient de faire, mais on reverra aussi les précédents. Ces coups d’œil rétrospectifs et d’ensemble sont facilités par la récapitulation périodique de l'aménagement dont il va être question, et notamment aussi par les représentations graphiques qu'on ne peut assez recommander.
On pourrait se demander ce que devient, dans cette méthode, la règle du «rapport soutenu? » Si on entend par là le rapport constant et uniforme, on peut discuter la légitimité de cette règle. Si on entend par là la sauvegarde de tout ce qui conditionne la production forestière, c’est au «rapport augmenté » qu’il faut viser et non seulement au rapport soutenu, car aussi longtemps que manquera la preuve que chaque hectare produit d’une façon aussi constante que possible tout ce qu'il est susceptible de produire, le devoir du sylviculteur sera de développer
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la production ; son devoir ne s’arrête pas au rapport soutenu ; celui-ci ne pourra être admis à faire règle que lorsqu'on saura ce que peut être la production maximale et quels en sont les moyens nécessaires et suffisants.
Le «rapport soutenu » si on y tient, sera d’ailleurs mieux assuré par le bon entretien des sources de l'accroissement que par la limitation des exploitations et par l’amoncellement d’un certain matériel dans les classes d’âge exploitables.
En quoi consistent les garanties offertes par la méthode du contrôle?
Il y a tout d’abord son principe même, celui de traiter la forêt pour l'accroissement, principe qui exige la présence constante du matériel qui sert de substratum à l’accroissement, qui s'oppose à la suppression de tout matériel qui croît suffisamment, et vise à la constitution d’un état de peuplement perpétuel et d’un milieu ambiant constant ; puis il y a le fait des inventaires fréquents et méthodiques avec réserve de tout le matériel n’ayant pas la dimension inférieure d’inventaire dont il n’est fait aucun compte dans les états numériques et les calculs ; puis il y a que les prévisions des exploitations se basent sur le fait acquis de l’accroissement et non sur des hypothèses ; puis il y a le mode du contrôle et sa permanence ; puis il y a la fréquence des révisions périodiques (cinq à dix ans) et la critique objective qui les accompagne.
Le « rapport augmenté » pourra devenir le « rapport soutenu », lorsque la position d'équilibre sera établie dans laquelle le maximum accessible des produits se trouve réalisé par le minimum de matériel.
10. La récapilulalion périodique. — Bien qu'il ne s'agisse pas ici d’une opération essentielle à l’aménagement, les contrôlistes l’envisagent comme très utile. La récapitulation périodique est un groupement des sommaires des registres de toutes les divisions : contenance, matériel principal en chiffre absolu, en composition centésimale eten moyennesà
l’hectare, exploitation également, accroissement dans ses divers élé-
ments ; le cube réel des produits ; — on y ajoute les données concernant le matériel accessoire dont les produits sont exprimés en cube réel; —
62 | L'AMÉNAGEMENT DES FORÊTS MA PROTEIN SO NNRSE é | “4
enfin vient la totalisation en mètres cubes de tous les produits et leur
réduction à l’hectare.
d . . . . L J » 3 L La récapitulation périodique offre un tableau statistique général de la forêt, dont on peut ainsi embrasser d’un coup d’œil l’ensemble et # les états successifs ; elle rend possibles les comparaisons de forêt à forêt ; ë elle permet de juger rapidement si la gestion reste bien orientée.
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