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1° Notions d'ordre cultural ; 20 Notions d’ordre technique et pratique ; 39 Notions d'ordre économique.
19 Nolions d'ordre cultural. — La forêt ou le peuplement forestier est un organisme collectif formé par la réunion d'organismes individuels, les arbres.
Cet organisme collectif vit à la fois dans le sol et du sol, dans l’atmosphère et de l’atmosphère, essentiellement de celle-ci ; il en tire la plus grande partie des substances nécessaires à sa croissance.
La collectivité d’arbres constitue un milieu ambiant particulier, dont l'influence est déterminante sur la formation et la fertilisation du sol, sur le développement des organes et les fonctions de nutrition et de respiration des arbres, sur la structure de leurs tissus, et sur l’édification de leur stature et de leurs formes.
Chaque arbre puise simultanément dans le sol et dans l’atmosphère les substances qui lui conviennent et il les élabore plus ou moins énergiquement, plus ou moins complètement, plus ou moins parfaitement selon les influences du milieu ambiant forestier spécialisé dans l'ambiance générale, et selon les influences réciproques immédiates des arbres voi- Sins.
Les substances élaborées se déposent et se fixent dans les divers organes et les diverses parties de l’arbre. Au point de vue de la production des utilités, la partie essentielle de l’arbre est généralement le fût constitué par la superposition en longueur et en épaisseur des accroissements annuels.
La culture forestière consiste à travailler sur l'arbre considéré individuellement par l'intermédiaire du milieu ambiant constitué par la collectivité, de façon à faire porter le principal effort de la production par les plus aptes et les meilleurs, tout en assurant la coñtinuité de celle-ci.
Or, le milieu ambiant, instrument principal du sylviculteur, peut être aussi bien conservé et perfectionné qu’altéré et même détruit.
On peut altérer ou détruire le milieu ambiant par une opération imprudente, telle une éclaircie brusquée, une coupe définitive ou à blanc
étoc, par lesquelles on trouble soudainement ou on exagère les influences de la chaleur et de la lumière. On peut altérer le milieu ambiant aussi par la voie contraire, par une accumulation excessive de matériel par laquelle les influences thermiques et lumineuses sont amoindries et l’équilibre rompu entre les substances disponibles et le nombre des sujets à nourrir ; la surpopulation introduit l’état de gêne et fait obstacle au développement des organes assimilateurs des arbres représentés essentiellement par leur couronne.
Les modifications que le milieu ambiant subit ont leur contre-coup plus ou moins immédiat sur le sol qui s’altère ou s'améliore selon le même rythme.
Ainsi l’arbre, le milieu ambiant et le sol sont solidaires, et la production maximale ne peut être le résultat que de la juste combinaison de ces trois facteurs.
Le mélange des essences doit être considéré comme favorable sous le rapport de la qualité du milieu ambiant et de la qualité du sol, et comme une grande commodité pour le traitement.
Dans un peuplement adulte bien constitué, le nombre d’arbres qui naît de semis naturel est toujours un fort multiple du nombre nécessaire, du nombre réellement actif à produire. Il renferme généralement en réserve tout ce qu’il faut pour se rétablir après un accident. Le sylviculteur a, de son côté, devant lui une surabondance de tiges qui lui permet de procéder dans chacun des actes de son traitement selon les exigences et les règles de la sélection, et pour garantir à chaque peuplement une existence indéfinie. Il parvient ansi, par degrés, à réserver pour l'étage dominant, qui est le plus activement engagé à la production, des arbres bien constitués, c’est-à-dire des arbres ayant des aplombs corrects, des formes élancées, un houppier vivant et développé harmoniquement, prêt à une fructification abondante, et les meilleures capacités d’accroissement,.
En protégeant le milieu ambiant organisé par la collectivité des arbres dans loule la hauteur accessible de l'atmosphère et en procédant par sélection progressive et ininterrompue parmi les arbres, le sylviculteur ou propriétaire réalise les avantages suivants :
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1° Il tire parti d’une manière constante de tous les éléments de la fertilité sans négliger les plus abondants qui sont ceux contenus dans l’atmosphère ;
20 La croissance étant essentiellement un phénomène de nutrition, il en concentre l'effet principal sur les individus les meilleurs et les plus aptes, en leur faisant une situation privilégiée dans le peuplement ;
30 Il assure la perpétuité du peuplement par une fructification abondante et le maintien du sol en élal de réceptivilé ;
40 Par l’éclaircie modérée, fréquenle et perpéluelle, il évite les à-coups de croissance, il obtient la régularité des cernes, la structure homogène du bois.
Le peuplement est façonné au moyen de la coupe ; la coupe n’est pas seulement l’opération de la récolle, elle est en même temps et avant tout l'opération essentielle du frailement ; en sylviculture rationnelle, la récolte et la culture sont fondues en une seule et même opération ; ily a autant de modalités dans la coupe qu’il y a de diversité de peuplements et de diversité dans les états d’un même peuplement ; la coupe doit s'adapter au peuplement dans le but de le former en vue de son plus grand accroissement.
Ce n’est pas toujours que le propriétaire a dans sa forêt un matériel constitué et bien constitué. Souvent le matériel est à former ou à transformer ; souvent 1l faut commencer par couvrir le sol, puis par conquérir l’atmosphére, discerner dans le peuplement les arbres d’avenir et les mettre en bonne posture, établir et conserver le milieu ambiant le plus favorable. Il pourra arriver que les premières opérations se fassent dans un matériel sans valeur marchande ; il ne faut pas que le propriétaire se laisse arrêter par cette considération, et renonce, pour autant, à préparer l’avenir.
2. Nolions d'ordre lechnique el pratique. — Le traitement régulier des forêts exige de l’ordre. On ne peut faire d'expériences profitables sans méthode.
La première mesure d'ordre à prendre est de sectionner la forêt en parcelles (divisions) nettement délimitées, numérolées. La seconde consiste
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à prendre l'inventaire du matériel de chaque division, ou, à défaut de matériel, la description détaillée de l’état du peuplement ; et la troisième, dans l’élaboration du plan des opérations pour une courie période. Et le tout est à consigner dans des registres ad hoc.
La période a pour but de rythmer les opérations, d’en adapter la fréquence à l’allure de la végétation, c’est-à-dire de l’accroïssement, objet des recherches.
En comparant périodiquement les états constatés dans chaque division pour elle-même et comparant les divisions entre elles, on parvient à saisir de mieux en mieux la marche de l’accroissement et les causes qui le déterminent ainsi que l'influence des opérations. On arrive à voir où et comment l’accroissement se produit, où et pourquoi la situation s’altère, et à se rendre compte de ce qu’on doit faire pour le soutenir ou le stimuler.
Ces opérations : parcellement, inventaire, plan d'opérations, contrôle, comparaisons (calculs d’accroissement), constituent l’aménagement forestier, qui est en définitive la statistique raisonnée et perpétuelle de la forêt.
Il est en outre nécessaire de tenir un compte de dépenses et de recettes et une statistique financière.
Le groupement des résultats de l’aménagement et des résultats de la gestion fait apparaître les résultats économiques obtenus.
3. Notions d'ordre économique. — La culture des forêts est une entreprise dont le but principal est la production du bois ; comme toute autre entreprise, elle doit viser à sortir, par les moyens les plus économiques, le plus grand effet utile des matières et des forces dont elle dispose. Il faut surveiller la production.
Les matières employées sont contenues dans l’air et dans le sol. Si on veut obtenir une production abondante et continue, il faut donc occuper loul l'air et tout le sol avec le moins possible d’interruptions et de lacunes.
Ce sont les arbres qui mettent ces matières en œuvre ; l'arbre est ainsi
à la fois l'intermédiaire nécessaire et la fin de la production. Par l’accumulation de ses accroïissements annuels, il donne à la matière ligneuse une forme utilisable et une valeur croissant généralement avec ses dimensions.
Le matériel forestier (capital-bois) se forme par la superposition des accroissements annuels ; chaque nouvel accroissement est aussitôt incorporé aux précédents, et ne peut plus en être séparé.
Il résulte de ces faits, d’une part, que l’accumulation, non dirigée, peut devenir excessive et que le rapport entre le matériel et l’accroissement devient désavantageux (et c’est le chômage partiel du matériel s’ajoutant aux deux autres chômages) ;
D'autre part, que le produit s’identifiant avec le matériel ne peut être libéré que par la réalisation de ce dernier, d’où le danger que, croyant percevoir le revenu, on use le capital.
L'aménagement d’après la méthode du contrôle renseigne exactement le propriétaire et sur le matériel et sur l'accroissement ; il permet ainsi au propriétaire de départager dans ses inventaires entre le capital et le revenu, de faire toutes ses opérations en pleine connaissance de cause, de Les combiner de façon à canaliser l'accumulation et à la contenir dans les limites qui lui conviennent.
Souvent les propriétaires de forêts se laissent entraîner à des opérations excessives et funestes parce qu’ils sont impressionnés par la faiblesse de la rente de leurs forêts. Ils oscillent souvent entre deux extrêmes : le conservatisme irraisonné qui conduit à l'accumulation excessive et à la rupture de l’équilibre entre le capital. et le revenu, et le radicalisme tout autant irraisonné, qui ne sait sortir de cette situation que par la réalisation en masse.
Mais la bonne spéculation que l’on croit faire en réalisant tout le matériel commerçable d’une forêt ne sera jamais aussi bonne qu’on se l’imagine, — dût-elle, par ailleurs, avoir fort bien réussi — pour les raisons suivantes :
On diminue la sécurité du placement ;
On remplace le capital-bois dont la future mieux-value est certaine, par un capital-argent dont la dépréciation est tout aussi certaine, dé-
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préciation qui réduit à un mirage l’amélioration espérée du taux de placement ;
Les réalisations brusques ont non seulement pour conséquence le chômage du sol et de l'atmosphère, donc de deux sur trois des constituants du capital forestier, mais sont suivies d’un appauvrissement du sol, de la dégradation du matériel réservé, s’il y en a, quand ce n’est pas aussi du matériel exploité lui-même ;
On substitue à la production d’une matière directement utile au propriétaire lui-même ou à la société en général, le revenu en argent ; or, l'argent est un moyen d'échange et non un moyen de production ;
La reconstitution d’une forêt détruite est toujours onéreuse.
I] n’en reste pas moins qu’il est rationnel de chercher à obtenir entre le capital engagé dans une forêt (représenté principalement par son matériel) et son revenu (représenté principalement par son accroissement) un rapport aussi avantageux que possible (taux) sans se laisser séduire par la hauteur absolue de ce taux ; il est d’ailleurs en fait toujours plus élevé qu’on ne le calcule, à cause de la mieux-value que le capital acquiert, mais qu’on ne peut supputer aevc certitude.
Pour obtenir le résultat désiré, il faut donc en tout premier lieu organiser chaque peuplement de maniêre à éviter tout chômage, avec le matériel nécessaire et pleinement suffisant (sans plus) pour atteindre le plus haut accroissement et l’y maintenir.
Et, parfois, des réalisations s'imposent ; les propriétaires doivent être rendus attentifs à la différence fondamentale qu'il y a entre l’opération qui consiste à jeter bas tout un matériel dont l’accroissement est ralenti, et celle qui consiste à réaliser prudemment la partie seule du matériel qui paraît être la cause de ce ralentissement, pour obtenir une recrudescence de l’accroissement du matériel réservé. Cette recrudescence sera d'autant plus certaine que le matériel réservé sera mieux sélectionné.
Le capital engagé dans une forêt est au surplus assuré d’une meilleure rente par des coupes modérées à haute fréquence que par de fortes coupes ne revenant qu’à de longs intervalles.
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tion de leurs forêts sur une base expérimentale qui, non seulement leur procurera avantages matériels, instruction et satisfaction morale,
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