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Projet Autran. — Régularisation du fleuve

par dragage et colmatage. — M. Autran, en avril 1916, a proposé à la Chambre de commerce française de Genève de procéder à un travail beaucoup plus simple et qui pourrait suffire, au moins provisoirement, à assurer une navigation convenable. Ce travail consisterait simplement en une régularisation sommaire au moyen de dragages et de colmatages.

155. Projet Mahl. — Canalisation du fleuve avec barrages. — M. Mählestime que la canalisation du fleuve luimême est possible, aussi bien entre Génissiat et Lyon qu'entre Lyon et la mer. Cette canalisation serait accompagnée de barrages permettant de capter la force, comme dans le projet Armand. Elle aurait cet avantage que les barrages immobiliseraient une partie importante des crues sur les vastes terrains avoisinant Culoz et Morestel, ce qui mettrait Lyon et les autres villes de l’aval à l'abri des inondations. En outre, l’expropriation des terrains nécessaires aux digues serait bien moins coûteuse que celle de terrains où passerait un canal latéral.

IL a estimé que, sur beaucoup de points, les rives se prêtent assez pratiquement, aux endroits voulus, à l’établissement de retenues de 3 à 5 mètres de hauteur, en s’aidant, au besoin, de faibles digues.

M. Mähl répond aux objections : les barrages et les digues latérales, tels qu'il les conçoit, ne diminuent pas sensiblement la section actuelle de l'écoulement, même en cas de débordement dans la vallée; les vannes auront leurs seuils plus bas que

le Hit actuel, afin de compenser en hauteur la diminution de section en largeur.

Les barrages, placés à l’amont de certains ponts suspendus, les remplaceront avantageusement, précisément en face des localités où le pont, l’écluse et un port seraient utiles.

Des usines génératrices sont prévues, notamment à Corbonod, Charbonnières, Pivolet et Vions. 3 Nous verrons divers autres détails et examinerons les avantages que M. Mähl pense retirer de la réalisation de ce projet, en étudiant la section de Lyon à la mer, car il propose d’em-

ployer le même procédé pour les deux sections!.

En y comprenant le bief franco-suisse de Pougny- os et le grand barrage de Génissiat, ainsi que le canal de Jonage et le bief de la Mulatière, M. Mähl compte 14 biefs. Dans une variante de juin 1918, il reduit ce nombre à 8, dont voici les caractéristiques : (Voir tableau p. 218).

156. Barrage de Dorches. — Son utilité. — Le barrage de Dorches, à 7 kilomètres en aval de Génissiat, comprenant un pertuis de flottage de 8 mètres au moins de largeur, est imposé par le cahier des charges du barrage de Génissiat. Ce barrage de Dorches est destiné à former un bassin de retenue suffisant pour compenser, en ouvrant les vannes, la retenue qui serait effectuée à Génissiat pour les besoins de l’usine génératrice. L'article 17 du cahier des charges impose une manœuvre des vannes de Dorches propre à assurer, en aval, un débit égal à celui qui existerait si les deux barrages n’existaient pas. Ainsi se trouverait solutionnée l’objection du « flot périodique » signalée par M. Maillet. Cette précaution était indispensable, comme le dit M. Coignet, président de la Chambre de commerce de Lyon, dans son rapport du 13 octobre 1910 :

« La commission technique, nommée par la ville de Paris, et présidée par M. Maurice Lévy, constate que, si le concessionnaire utilise le réservoir constitué par le barrage de Génissiat, de façon à augmenter le débit au moment de la plus forte consommation, à ce qu’on appelle le moment des pointes, par exemple en réglant le débit à raison de 12 heures à 60 mètres cubes, 8 heures, à 120 mètres cubes, et 4 heures, à 300 mètres cubes, il se produirait chaque fois, à Seyssel, un flot d'une amplitude de 1 m. 50. Ce flot aurait encore 0 m. 88 à l’écluse de la Mulatière, et 0 m. 60 au Pont-Saint-Esprit, moins une diminution due à l’étalement du flot et qu'on ne peut calculer d'avance.

« Une telle variation dans le niveau journalier du Rhône était inadmissible, et nous ne pouvons qu'approuver la construction de ce barrage compensateur ».

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