‹ L'américanisme et la conjuration antichrétienneChapitre 53 sur 73 · Voir aux Documents, N, xxxvni · texte numérisé non relu

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2. Il écrivail au milieu de iSîo ; < I.a famille royale sera vae fois encore chassée de France. > (T, xni, 133, et xiv, 2114.) 11 disait ailleurs : < 11 est infiniment probable que les Français nous donneront encore une tragédie. > (T.xiv, 156.) Hdas I ce o'est pas une seulement.

rance, le triomphe de la Sainte Eglise, la un des schismes et des hérésies ; il affirmait que l'œuvre d'unification opérée dans le monde parallèlement au développement de l'esprit révolutionnaire, et par cet esprit même, aboutirait à la réalisation de la promesse faite par Notre-Seigneur Jêsus-Ciirist la veille de si mort : « Il n'y aura plus qu'un seul troupeau sous un seul Pasteur. >

Alor'^ que le sol de la France était encof tout humide du sang de son clergé, de so; aristocratie et de ce qu'il y avait de meillci dans le peuple, il disait : i Lorsque deux partis se heurtent dans une révolution, si l'on voit tomber d'un côté des victimes précieuses, on peut gager que ce parti finira par l'emporter, malgré toutes les apparences contraires. (Œuvres, 1, 339.) Les martyrs de la Révolution, leurs expiations, leurs mérites, leurs prières étaient l'un des motifs de sa confiance, mais il en avait bien d'autres; au milieu même de cette < époque terrible où la raison semblait défendre l'espérance, et où l'espérance même devenait un tourment pour les âmes, tant elle se voyait repoussée dans l'avenir, > it écrivait en 1794 à M. le comte de Beaurc-

gard : « Je suis persuadé que tout ceci finira, et qui plus est, je crois que totti ce que nous voyons nous mène au bien par des chemins inconnus. Cette idée me console de tout. > i Bien peu d'hommes sont capables de comprendre le prodige adorable qui forcera le mal à nettoyer de ses propres mains la place que l'éternel Architecte a déjà mesurée de l'œil [iour ses merveilleuses constructions.» (i, 307 ) « Soyez bien sûr que le parti satanique (eniré en scène il y a trois siècles et plus avec la Renaissance, suivie de la Réforme, suivie de la Révolution) succombe, qu'il touche à sa fin, et qu'il joue de son reste. L'impatience nous est bien naturelle puisque nous souffrons ; cependant il faut avoir assez de philosophie pour dompter les premiers mouvements. Les minutes des empires sont des années de l'homme. » (xiv, 163.) € Toute révolution est longue, et longue à mesure qu'elle est vaste, à mesure aussi de la masse des éléments mis en fermentation et de la grandeur de l'effet qui doit en résulter. » (x, 470.) « S'il y a quelque chose de malheureusement évident, c'est l'immense base de la Révolution actuelle qui n'a d'autres bornes que le monde. » (xi, 352.)

« Mais la réactioa devant être égale à l'action, la longueur même des maux vous annonc une contre-révolution dont vous n'avez p..l'idée. s (1, 21.) € Je tremble tout comni' vous, je pleure tout comme vous sur tout et qui se passe, et j'éprouve des moments d'abai tement maïs ensuite je me relève, j {/6id. 194 )

« Qu'arrivera-t-il ? Dieu seul le sait, et peut-être aussi que le diable est du secret. Quant à moi, je suis toujours plein d'espcrances. Toujours elles sont les mêmes. > (viii, 1 10.)

< La Révolution étant complètement s^anique, elle ne peut être véritablement lui que par le principe contraire. La contre-rév< lution sera angélique, ou il n'y en aura poiai mais ceci ne me paraît pas possible. > (xii 149.)

« Mille raisons me prouvent que nous chons à une révolution morale et religû (la vraie révolution, dont celle de 93 qui continue de nos jours ne fut que l'épouvantai préface), sans laquelle le chaos ne peut faii place à la création... Nous ne voyons encot rien parce que jusqu'ici la Providence n'a fa que nettoyer la place ; mais nos enfants s'écrit

ronl avec une respectueuse admiration : Fécit magna qui potens est. » (xiii, 169.) « Lorsqu'ils verront ce qui a résulté de la conjuration de tous les vices, ils se prosterneront pleins d'admiration et de reconnaissance, » (x, 444.) « 11 y a, dans cette immense révolution, des choses accidentelles que le raisonnement humain ne peut saisir parfaitement : mais il y a aussi une marche générale qui se fait sentir à tous les hommes qui ont été à même de se procurer certaines connaissances. Tout à la fin tournera pour le mieux. » (xin, 176,) « Cette immense et terrible révolution fut commencée avec une fureur qui n'a pas d'exemple contre le catholicisme et pour la démocratie. Le résultat sera pour le catholicisme et contre la démocratie (i). » (ix, 467.) < Il n'y a pas de châtiment qui ne purifie, il n'y a point de désordre que l'amour éternel ne tourne contre le principe du mal. Il est doux, au milieu du renversement général, de pressentir les plans de la Divinité. *

I. Ce mot est devcDU aujourd'hui tellement équivoque qu'il devient nécessaire de distinguer chaque fois qu'il est employé. De Maistre ne veut point dire que k contre- révolution sera faite contre le peuple, mais mettra tin à l'hérésie qui prétend que le pouvoir vient de lui el non de DtEU, et qui depuis un siècle s'efforce de constituer la société sut cette erreur capitale.

(i. 40.) « Il me semble que la Providence 1 dit : Ecce nova facio omnia. > (x. 405.} * Jsalue cet avenir que je ne dois pas voir. {xrv, 233,)

Ce nova facio, ce nouvel ordre de choses n'était autre dans sa pensée, dans ses espérances, que l'union du genre humain dans la même foi religieuse, sous la conduite d'une seule et même Eglise, jouissant en plénitude de sa catholicité.

Déjà il voyait les éléments de cette unitc se préparer, et combien l'œuvre est plus avan cée de nos jours !

Il recueillait avec joie les symptômes déjà sensibles d'un retour à l'unité catholique en Europe. « Tous les esprits religieux, disait-il. à quelque secte qu'ils appartiennent, sentent dans ce moment le besoin de l'unité.... Mais que cette unité ne puisse s'opérer que par nous (catholiques), c'est une vérité qui. tout incontestable qu'elle est, ne peut cependant être admise sans une longue et terrible résistance, puisqu'elle choque tous les genres d'orgueil t: tous les préjugés imaginables. » {xiii, 218 )

Depuis que ces lignes ont été écrites, 1 besoin de l'unité s'est fait sentir d'une manier

plus impérieuse et plus générale. II serait trop long d'en donner ici les preuves ; elles sont d'ailleurs dans les événements qui s'accomplissent journellement au sein des sectes séparées. Les erreurs du schisme et des hérésies deviennent de plus en plus manifestes aux yeux de ceux qui étudient, et ceux-ci deviennent de plus en plus sincères et nombreux ; les préjugés peu à peu disparaissent, même au sein des foules.

Jamais on ne vît autant de conversions dans les rangs de la société les plus marquants par l'illustration de la science, de la noblesse, et même des charges ecclésiastiques, et cela dans les pays les plus en vue aux yeux du monde. Jamais non plus les appels du Saint-Siège aux « frères séparés !& ne furent plus pressants, et jamais ils ne se produisirent en des circonstances plus favorables pour être écoutés.

Et ce qui rend cet appel plus particulièrement opportun, c'est l'état de décomposition dans lequel se trouvent toutes les sectes. Ce que la Révolution a fait dans la politique, la science l'opère au sein des fausses religions : elle les dissout toutes, à l'heure actuelle, afin de laisser le champ libre à l'Evangile de

jÉSUS-ClIKIST.

L'hérésie luthérienne a beau s'affirmer aux Lieux Saints avec tout l'apparat de la puissance impériale, Guillaume II ne fera pas oublier que le luthéranisme n'est plus guère que le fantùme d'une religion. Tous les efTorts du potentat pour galvaniser ce cadavre n'aboU' liront qu'à en manifester la dissolution.

L'Eglise anglicane n'est pas en meilli état. Le « diseitablishment » est commencé, il s'achèvera rapidement, car déjà il est devenu la principale plaifornt de la lutte des partis. Les sectes abondent, elles se multiplieront à l'infini lorsque la main de l'Etat cessera soutenir l'Eglise nationale, et que ses biei auront été dispersés.

La science, ce dissolvant infaillible de tout ce qui n'est point l'or pur de la vérité, point encore fait dans les Eglises orientales le ravage qu'elle a produit en Allemagne en Angleterre. De Maislre avait prédît ordre : « Les schismatiques ne reviendront l'unité qu'après les protestants {^Dtt Pi chap. 2, liv. iv). Mais déjà la Russie est \m atteinte, et elle entraînera ses satellites,

Et si nous passons des peuples chréui aux peuples infidèles, que voyons-nous ?

ce, :nu tis.

juifs se font libres- penseurs de propos délibéré et dans un but avoué que nous avons constaté. L Islamisme, le Bouddhisme, le Brahmanisme et le Confucianisme sont également travaillés par l'esprit nouveau (i). Le fétichisme enfin est infatigablement poursuivi dans ses retraites les plus ténébreuses.

Lorsque le libre examen et les principes de ■Sg auront achevé de faire le tour du monde, — ce qui est bien près d'être accompli, — il n'y aura debout sur la terre que la Sainte Église catholique ; tout le reste sera en dissolution, et tous les regards se tourneront vers le phare lumineux que Noire-Seigneur jÉsu.s- CiiRiST est venu placer au centre du monde.

A elle les dépouilles des nations !

Tandis que le souffle venu des abimes infernaux fait son œuvre et qu'il devient, contre l'attente de Satan et par la vertu du Très- Haut, un moyen de préparation évangélique, le souffle venu du Cénacle se fait sentir plus chaud et plus puissant et se répand partout.

Jamais le zèle pour la conversion des infidèles n'a été aussi grand dans I Eglise, si ce n'est aux temps apostoliques. Tous les Ordres

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