‹ L'Amérique; anthologie géographiqueChapitre 101 sur 151 · POPULATION DE LA GUYANE · texte numérisé non relu

POPULATION DE LA GUYANE

Les blanc 8. — « Les blancs purs, descendants des anciens colons, sont aujourd'hui très peu nombreux. La brusque suppression de l'esclavage a ruiné les familles qui possédaient naguère le sol, et, il faut bien le dire, la transformation de la Guyane en colonie pénitentiaire a déterminé le départ de plusieurs d'entre elles. Le nom seul de Cayenne a le triste privilège de faire naître dans l'esprit de beaucoup de nos compatriotes, des idées fausses assurément, mais peu favorables aux habitants de cette colonie.

Les noirs. — Les noirs sont nombreux, mais presque tous ont conservé la légèreté de caractère et de mœurs qui est le trait dominant de leur race. A peu d'exceptions près, ils vivent au jour le jour, travaillant le moins possible et se reposant dès qu'ils ont amassé quelques sous. Les noirs de Cayenne sont même plus indolents que les anciens esclaves des Antilles ou que leurs descendants... En revanche, leurs mœurs sont incomparablement plus douces : nous n'avons jamais entendu parler à Cayenne de ces terribles crimes, incendies et assassinais, qui ont ensanglanté tant de colonies depuis la suppression de l'esclavage. D'un autre côté, l'instruction élémentaire y est largement donnée aux enfants des deux sexes. Comment se fait-il donc qu'aucun commerce, aucune industrie, ne se trouve entre les mains des noirs de Cayenne, parmi lesquels il est même à peu près impossible de rencontrer un bon domestique? Une brillante exception ne fera que confirmer notre dire : le plus riche placer de la Guyane est la propriété d'un noir. Les autres font la pêche, cultivent la terre, servent comme domestiques, ou travaillent sur les placers, uniquement dans le but de gagner leur nourriture quotidienne avec le moins de peine possible.

Les femmes ne font pas mieux que les hommes; elles accomplissent les travaux les plus grossiers de la domesticité, courent les rues pour placer les fonds de boutique de quelque marchand, etc. Tout ce monde-là cependant suit volontiers les pratiques extérieures de la religion, mais les superstitions les plus étranges ont cours dans la population noire de Cayenne, qui croit à la sorcellerie et interprèle l'Évangile à sa manière. Malgré les eiforts de l'administration pour Té-

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