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trentaine de rues et ruelles, dont plusieurs gracieusement arborisées, comme on dît au Brésil, la majeure partie pavées, encadrent ses 000 maisons. Celles-ci sont vastes, Lien aérées, entourées de jardins, jadis fort mal ternis, mais qui maintenant sont soignés el s'cmbellissnnt chaque jour. Il n'y a guère d'édifices à signaler, sauf l'Église mère, Nostra-Senhora da Conceicào, récemment aclwéc, et qui l'ami t liunneur à n'importe quelle pi-lit^ cité européenne. Ses deux tours surmontées de belvédères son! gracieuses. Les beaux palmiers qui ombragent les rues dont la rencontre forme la place d'avant donnent à. l'aspect de l'édifice an cachet caractéristique; la place est d'ailleurs ornée du gazon naturel, du vapim, ras et jaunâtre, que l'absence de tout entretien suffit à y laisser pousser. Le palais ilu président est une pauvre bâtisse semblable à un hangar d'usine; celui de l'assemblée provinciale a un étage, mais ne vaut pas une de nos mairies de chef-lieu de canton. » (A. Mahc, Brésil, à la librairie du journal le Brésil, Paris, I, 60-61.)
L'entrée de la haie. — * Nous munîmes en mer et nous approchons do Mio. Qu'allons-nous voir? Mettez, je vous prie, l'œil au verre do l'optique, ou plutôt de la lanterne magique, qui certes n'a jamais miens mérité te nom. Apparaît d'abord à droite une montagne toute bleue qui sort à l'horizon; de bleue qu'elle était aussi, la mer devient verdàliv. C'est ce phénomène qui avait donné à Colomb la certitude qu'il approchait de terre... A mesure qu'on avance sur cette mer verdàtre, la montagne bleue dont je vous parlais tout à l'heure se dessine davantage ; la nuit, elle s'illumine d'un phare : c'est la pointe occidentale du cap Frio; puis on marche encore huit ou dix heures, ayant toujours à droite une cote assez basse et blanche, puis, à l'horizon seulement, et tellement éloignées qu'on les prendrait pour dos nuages, dos montagnes peu élevées, maïs d'un profil excessivement accidenté. Biei tôt, à gauche, on voit sortir de l'onde une jolie petite lie bii montagneuse et bien escarpée, qu'on appelle l'Ile Hase, pi bablemont par esprit de contradiction... Ici et i droite du navire, ou à tribord, comme disent les voici nos autre lie; la malheureuse est OOTûl&a %w\4a.v\, ^.e.
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a deux noms : l'un qui est le sien et qu'elle ne porte pas, l'autre qui n'est pas le sien et qu'on lui donne. Mais ce qu'il y a de mieux sur ces montagnes, c'est un couronnement de palmiers et de cocotiers magnifiques... Enfin, à bâbord, grandit une chaîne de montagnes qui représentent, dit-on, avec une fidélité extrême, la statue d'un géant couché, géant de dix lieues, géant comme Adamastor; tout le monde s'écrie que sa figure ressemble à celle de Louis XVI. Je vous avoue que je ne lui ai trouvé de ressemblance frappante qu'avec une montagne. Du même côté, et un peu plus loin, vous voyez un des pics les plus célèbres du monde, le Pain de sucre : c'est assez vous dire qu'elle ne ressemble en rien à l'objet auquel on la compare; les voyageurs sont malheureux en parallèles. Cette montagne, fort belle du reste, est d'une aridité maudite. C'est plutôt un fort immense et d'un aspect sublime, qui semble fermer cette magnifique baie dans laquelle vous entrez avec moi. Marchons toujours: ici se présente une véritable forteresse vraiment redoutable et très bien bâtie : c'est le fort Santa-Cruz (fort Pico). C'est de là qu'on vous hèle, ce qui veut dire simplement qu'on vous appelle, vous demandant qui vous êtes, le nom du navire et d'où vous venez. Puis vous passez à côté d'une petite île également fortifiée et qui s'appelle l'île de Villegagnon. Voilà un nom français. En effet, lorsque nos compatriotes occupèrent momentanément le Brésil, ce fort, ou plutôt un fort fut construit par cet officier sur l'île qui a conservé son nom. Ce Villegagnon était un rude capitaine, et il y a de lui des exploits comme ceux du Cid. Après avoir dépassé ces deux protecteurs de la baie, Santa-Cruz et Villegagnon, vous entrez en pleine rade. Oblongue, verdoyante, toute mouchetée, comme une peau de tigre, d'îles charmantes, toute encadrée de montagnes magnifiques, cette mer est incroyable de reflets et de brillant : on dirait de la poudre d'or qu'on remue au soleil. Les Portugais qui y entrèrent les premiers, et l'Espagnol Diaz de Solis, la prirent pour l'embouchure d'un grand cours d'eau : de là cette autre erreur de nom qui dure encore, rio, comme vous savez, voulant dire rivière. Continuons. En face de vous, à l'avant, on voit deux îles, une grande et une petite. La première est l'île des Serpents, où il n'y a que des rats; et l'île des Hats, où il n'y a rien du tout que des montres marines qu'on vient de temps en temps y régler au soleil. L'île des Serpents, ou das Cobras, partage en deux l'entrée assez rétrécie de la baie ; elle la partage \T\&£a\£Ta«w\. çw wwVras» \xfe* 4tcoit,
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situé entre la ville et l'Ile, et un bras fort large, situ l'Ile et le bord septentrional de la. baie. A partir de c la baie va s'élargissant et devient une espèce de petite Méditerranée toute semée encore d'iles charmantes et entourée de montagnes que je ne voudrais pas gravir, mais que je voudrais bien vous faire voir dans toute leur majesté, dans toule leur magnificence. » (Lettre du baron d'Ahcet", juillet (846, dans Nouvelles Annales des voyages, S* série, VIII, p. 110-112.)
Pao d'assucar. — k Nous étions en face du Pain de sucre, et, quoique le jour fût tombé, je voyais en silhouette brune, à quelques brasses de mer, cet énorme bloc granitique posé là, comme un géant en vedelte, à l'entrée de la baie. Il est nu, de teinte blanchâtre un peu fauve, grâce aux morsures du vent et du soleil. Il n'a pas une pauvre couronne, une plante verte, une simple fleur à son cimier, et ceux qui l'ont chanté comme le génie de ces lieux, où la végétation sort des pierres elles-mêmes, ne s'entendent guère en symboles.
Le Pain de sucre, qui finit en aiguille, comme les obélisques de Cléopàlre, est largement assis sur sa base, soldat d'avant-poste, et je le soupçonne un peu huguenot a ses Formes; il reçoit le choc des vagues et brise les eaus : il fait digue. Il servait aussi d'éclaireur pour la haute mer, avant qu'il y eut un phare sur la côte, et bien des navires en détresse l'ont salué de leurs canons, ce vieux bloc à forme étrange, dont la cime granitique et nue s'élève à 100 brasses au milieu des vents. » (Riiieïrolles, Brésil 'pittoresque [Brazti pitt'jresco], II, 26, Rio-de-Janeiro, Imprimerie nationale, 1859.)
La baie. — u La baie de Rio-de-Janeiro, nommée par les Indiens Guanabara, et qui porte aussi le nom de Nictherohy ou Nithcroh'j, s'étend du sud au nord jusqu'à une distance de 30 kilomètres. Elle affecte la forme d'une cornemuse, et compte 140 kilomètres de tour. Étroite a la barra ou entrée, ou sa largeur moyenne est du 1,300 mètres, elle s'élargit à mesure qu'elle avance dans les terres, formant un jiraml nombre d'anses et de petites haies d'une grande beauté, baignant une multitude d'iles ou d'Ilots. Sa profondeur varie beaucoup : de 52 mètres k l'entrée, elle n'est plus que de
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29 mètres entre Rio et Nitherohy, et diminue à mesure que sa largeur augmente. Elle finit par des plages basses qui vont se confondre avec des marais couverts de palétuviers. Bordée à droite par les collines du Nitherohy, à gauche par le Pain de sucre, le Corcovado, la ville de Rio, la Tijuca, et au fond par les montagnes dentelées des Orgues, elle offre un des plus beaux panoramas qui se puissent voir, et est célèbre dans le monde entier.
Elle a été découverte le lor janvier 1502 par le navigateur portugais André Gonçalvez, chargé par le roi don Manoel de reconnaître les côtes de la terre de Santa-Cruz à la tête d'une Hotte dont le pilote était Améric Vespuce. L'explorateur portugais crut qu'elle était formée par l'embouchure d'un grand fleuve, et, pour rappeler la date de sa découverte, lui donna son nom actuel de Rio-de-Janeiro...
Les îles de la baie sont très nombreuses; on en compte près de cent ; la plus grande, située presque en face de l'entrée, est l'île du Governador, longue et étroite, avec 40 kilomètres de tour; la plus belle est celle de Paqueta, beaucoup plus petite, mais couverte d'une magnifique végétation.
... La baie de Rio-de-Janeiro est très poissonneuse, bien que le défaut de bons règlements de pêche ait déjà sensiblement restreint sa fécondité; elle abonde en crevettes de grande taille et en huîtres petites et de très bon goût. A l'époque de la découverte, elle était très fréquentée par les baleines, que l'on a continué à y pêcher pendant longtemps. Il existait encore, au commencement de ce siècle, une armacdo, ou pêcherie de baleines, auprès de la ville de Nitherohy. » (Em. Allain, Rio-de-Janeiro, Paris, L. Frinzine, 1886, p. 11-14.)
La ville. — « Rio-de-Janeiro, comme la plupart des villes américaines, s'accommode mieux de la synthèse que de l'analyse. Le coup d'œil de sa rade surpasse en majesté et en magnificence tout ce qu'il m'a été donné de voir aux Indes et dans l'extrême Orient; mais dans les pays orientaux des monuments merveilleux, des costumes pittoresques, des scènes de mœurs originales, forment des tableaux en rapport avec le cadre au millieu duquel ils se déroulent ; l'art y est en pleine harmonie avec la nature. Au contraire, dans ces pays nouveaux, devant lesquels s'ouvre un avenir superbe, mais où l'on éprouve parfois la nostalgie des ruines, la sélection artistique n'a pas eu le temps de s'opérer; une civilisation étrangère est venue se superposer tout d'une pièce à l'état de nature, et cette s\ipeTpos\\Ào^v *■ ^ ^^ ^ ^ae époque où
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l'Europe abandonnait ses traditions originales pour se livrer, sur une grande échelle, à la contrefaçon greeqoe et romaine. Aussi ni? doit-on pas s'étonner de voir le style rococo fleurir au Brésil, et de n'y rencontrer que dos monuments sans caractère. En ce qui concerne le costume des habitants, l'œil, au lieu de parcourir on un instant, comme dans les bazars de Delhi et de Benares, tonte la gamme des couleurs, est obligé Je se contenter des deux notes extrêmes : le descendant des anciens colons portugais, planteur, fonctionnaire ou commerçant, vêtu à la dernière mode de Paris ou de Londres; et le nègre à la peau d'ébène, à peine couvert d'un lambeau de toile blanche...
... Parcourir les rues de llio est un plaisir dont on se lasse vite; elles sont uniformes dans leur correction géométrique et généralement étroites, disposition qui répond d'ailleurs, assure-t-on, aux besoins des pays tropicaux1. Il est juste de reconnaître que l'empereur actuel (dora Pedro II) a fait beaucoup pour l'amélioration et l'embellissement de sa capitale ; on y trouve quelques places spacieuses, parmi lesquelles on remarque celle de la Constitution;... certaines vieilles rues