‹ L'Amérique; anthologie géographiqueChapitre 97 sur 151 · QUITO · texte numérisé non relu

QUITO

étrangers à la vie publique... La lèpre hideuse prend là loules les formes, celle surtout de l'éléphant iasi s. Quand on promène, avec une longue-vue, du haut de quelque observatoire, un regard iudis.Tot dans les cours et dans les jardins, on voit des oreilles monstrueuses et des lèvres horribles qui descendent sur les épaules et pendent sur les poitrines. La grosseur démesurée des membres et la laideur des ulcères ne sont rien en comparaison de ces difformités...

... Ennuyé de plonger mes regards dans l'abîme vertigineux de la quebrada, je cherchai les fenêtres ouvertes sur la façade opposée de ma maison ; elles donnaient sur la rue, et je vis, à celle heure matinale, les matrones de la ville se diriger vers 1rs é alises. Elles étaient velues de noir et enveloppées d'un châle qui leur couvrait la Lêle et une partie du visage. Cet arrangement et celte couleur leur donnait un peu l'air d'une procession de bouteilles...

En .somme, l'aspect des rues de Quito me parut fort triste. Pas un bruit, pas une voiture. A cette époque, le mauvais état du pavage dans la ville et des routes au dehors, dont pas une n'était carrossable, empêchait une population de 70,000 habitants de connaître les douceurs des véhicules les plus vulgaires. On allait à cheval dans les rues, comme a Paris sous François I". Depuis, le pays a fait quelques progrès, sous le gouvernement plus éclairé de Garcia Moreno. Les routes, aux abords de la ville, ont été rendues viables, et les ponts des quebradas, alors infranchissables, ont été mis au niveau des rues. Mais, en dépit des améliorations, Quito est resiée une ville espagnole du moyen Age et une ville des hautes montagnes où la race humaine semble à. demi morte comme la nature; car, bien que sous l'équateur, le manque de chaleur suffisante y éteint les forces de la vie.

Toutes les villes de l'Amérique espagnole se ressemblent; elles ont été construites, à peu de différence près, à la marne époque, sous l'empire d'une même idée et sur un même plan venu de la cour. Une plaid mayor, le palais du gouvernenient au cûlé principal dti quadrilatère, la la'.bédrale à droite, l'archevêché à gauche, trois ou quatre maison» de généraux ou de riches ïoneliounaires; enfin toute» les grosses pierres de l'édifice social bien et visiblement avises, et, parlies de ce centre, des rues eu échiquier, alignées au curdeau de l'idéal autoritaire. La nature a exempté Quito de cette régularité monotone ; les rues franchissent capr:cieosemenl les quebradas, et ie volcan Pichinclia, qui le domine, prèle a la viHo

froide et triste sa grandiose beauté. Le cratère est éteint depuis longtemps, et les flancs du mont sont couverts d'une végétation toujours verte. On le croirait à portée de la main dans cette atmosphère transparente, et l'on vit à ses pieds comme aux pieds d'un ami. » (V. Villamus, Correspondant du 25 juillet 1874, p. 416-420.)

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