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TROISIEME NOTE

SUR LES FAITS QUI EXPLIQUENT LA SUPERIORITE POSSÉDÉE AU PREMIER MOMENT PAR LE SUD

(Voir le 5'' chapitre di? la 3* partie.)

M. Seivard à M. Àdams.

(10 avril 1801.)

« ... Il faut connaître à fond notre système fédératif, comme les publicistes américains le peuvent seuls, pour comprendre combien, au premier moment, le mouvement révolutionnaire a annihilé le gouvernement général. Nous ne sommes pas seulement une nation, nous sommes aussi des États. Tous les officiers publics aussi bien que tous les citoyens ne doivent pas seulement leur fidélité à l'Union, mais aussi aux États dans lesquels ils résident. Dans les États les plus irrités, les magistrats locaux et les autres oCBciers ont renoncé à leur alléseance fédérale, etdescon-

vent ions ont été tenues (jui ont pris sur elles de délier les citoyens (le leurs obligations de fidélité. Ainsi des juges fédéraux, des marsballs, des clerks, des officiers du trésor ont renié leur serment. L'intimidation a empêché les citoyens loyaux d'accepter les charges devenues vacantes. C'est de la sorte que les fonctions les plus essentielles du gouvernement fédéral ont cessé brusquement dans ces États...

« ... Le motif le plus populaire de ces mécontentements était la crainte que la nouvelle administration n'eût des desseins hostiles à l'institution de l'esclavage domestique dans les États où elle est tolérée par la Constitution et par les lois. Cette institution et la classe qui s'en préoccupe spécialement ne sont pas confinées dans les seuls États révoltés, elles existent dans les huit autres États à esclaves; et ceux-ci, pour cette raison, sympathisent profondément avec le mouvement révolutionnaire. Des sympathies et des appréhensions de ce genre ont, pendant un temps fort long, fait partie des bases sur lesquelles sont fondés les partis politiques dans le pays entier, d'où il résulte qu'un nombre considérable de personnes, dont la loyauté définitive ne saurait être mise en doute, se sont trouvées cependant, même au sein des États libres, disposées à justifier, à excuser, à pallier le mouvement tendant à la séparation des États insurgés. Le parti qui a dominé dans le gouvernement fédéral pendant la période occupée parla dernière administration, contenait en fait et maintenait en réelle communion de pensées tous les séparatistes et tous ceux qui sympathisaient avec eux. Ce parti avait dans ses mains le pouvoir exécutif. Les secrétaires du trésor, de la guerre et de l'intérieur étaient des séparatistes. Le même parti possédait une grande majorité au Sénat et à peu près la moitié des votes à la chambre des représentants. La désaffection pointait , si elle n'osait pas se produire ouvertement, dans chaque département et dans chaque bureau, dans chaque régiment et dans chaque vaisseau de guerre, dans l'administration des postes et dans l'administration des douanes, dans toutes les légations et dans tous les consulats, de Londres à

XOTRS JUSTIFICATIVES. 551

Calcutta. Sur quatre mille quatre cent soixante et dix employés civils ou militaires, deux mille cent cinquante-quatre appartenaient à des États où le mouvement révolutionnaire était publiquement approuvé et soutenu, alors môme qu^il n'y é'ait pas immédiatement organisé. Comme notre système est fédératif et représentatif, aucune mesure n'avait été prise, aucune peut-être ne pouvait être prise, dans le but de prévenir ce désordre extraordinaire et sans précédents. Le peuple était choqué par les développements successifs et étourdissants de ce que le livre des statuts appelle sédition et trahison, mais la magistrature était déconcertée et les lois étaient sans pouvoir... La marine fédérale semblait avoir été dispersée partout, excepté là où sa présence était nécessaire, et les forces militaires qui n'étaient pas placées dans des États ou des Territoires éloignés, étaient retenues inactives en vertu de vagues et mystérieux armistices consentis contre toute règle par le Président ou sous son autorité, dans la vue de retarder le conflit jusqu'au moment où des concessions impraticables pourraient être faites à la séparation par le Congrès, ou du moins jusqu'au moment où l'administration de 3L Buchanan aurait achevé d'atteindre son terme. Déjà des commissaires envoyés par la nouvelle confédération étaient dans la capitale, réclamant la reconnaissance de sa souveraineté, ainsi que le partage des propriétés nationales. Le trésor, spolié par le vol et le péculat, était vide, et le crédit public était ruiné.

« ... Comme on posait en principe que la séparation pacifique est en harmonie avec la Constitution, on en concluait que la coercition serait illégale et tyrannique. Ce principe était même poussé si loin , qu'on mettait au nombre des actes illégitimes le simple maintien de la défensive dans les positions occupées par la confédération au sein des États révoltés ou dans celles qui semblaient pouvoir les menacer. Il en est résulté que, pendant un long temps, et dans des districts très -étendus, la fidélité à rUnion se manifestait en demandant qu'on remît toutes choses aux mains des révoltés, qu'on accordât des compromis et des

immunités à ceux qui étaient occupés à renverser l'Union les armes à la main... »

{Papers rclating lo foreif/ii a/fairs^ page 53.)

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