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L'IMMIGRATION PAR PERIODES QUINQUENNALES

Log-einent g-ratuit.

Les immigrants, une fois arrivés à Ihôtei, sont annotés sur des registres et pourvus d'un l)ulletin de séjour valable pendant cinq jours, délai qui peut être renouvelé en cas de maladie. Les immigrants sont logés convenablement, les femmes et les enfants dans des salles séparées de celles occupées par les hommes. Les bagages sont emportés dans un bâtiment spécial par des domestiques de l'hôtel, pour être visés par la douane, comme un service spécial en faveur des immigrants.

Nourriture g-ratuîte.

Les immigrants sont nourris avec des vivres de première qualité, dans les proportions suivantes, qui sont celles d'une ration journalière pour chaque personne adulte : viande, GOO grammes ; pain, 500 grammes ; pommes de terre, carottes, choux (alternés), 150 grammes ; riz, pâtes ou haricots (alternés), 100 grammes; sucre, 25 grammes; café, 10 grammes. On donne du lait aux enfants. La nourriture, préparée dans de bonnes cuisinières à la vapeur, est servie par des garçons dans une grande salle à manger.

Assistance de médecins.

Les malades sont soignés constamment dans l'infirmerie installée à l'hôtel même ; les enfants sont vaccinés et aussi les adultes qui s'y prêtent. 11 y a des médecins, des infirmiers et des infirmières, et

une pharmacie amplement pourvue des médicaments et des éléments de désinfection nécessaires.

Le Bureau national du travail.

Dès l'arrivée des immigrants, ils sont questionnés au sujet des lieux où ils désirent être envoyés ; le Bureau du travail leur offre les places et emplois qu'il peut fournir, d'après les demandes reçues, demandes qui se trouvent documentées à la disposition des immigrants, avec indications des salaires payés et autres conditions, le toutdùment enregistré dans des livres spéciaux. Quand, pour le moment, il n'y a pas de demandes de travailleurs de la profession d'un immigrant qui désire être placé, le Bureau même se charge de lui chercher du travail soit en l'adressant aux fahriques, établissements ou ateliers, ou en télégraphiant à l'intérieur du pays. Dans le cas où les immigrants demandent à être envoyés vers un point donné du territoire où manque justement le travail de la nature de leur profession, ils sont préalablement avertis de ce fait, afin d'éviter des conséquences fâcheuses pour leurs intérêts. Les immigrants sont libres d'aller où il leur plaît, aucune pression n'étant faite sur leur esprit.

Expédition et internation g-ratuite».

Les immigrants qu'on aura placés à l'intérieur du pays, ou ceux (|ui voudront aller rejoindre leurs faiiiillcs, seront conduits par des officiers expéditionnaires, chargés de faire tiansportei- bnirs bagages, soigneusement étiquetés, d'annoter les immigrants

sur les listes d'expédition, de les pourvoir des bulletins de voyage et de leur prêter bon office jusqu'à les laisser parfaitement installés dans les trains ou dans les vapeurs des rivières.

Réception'dans les provinces ou lieux de destination.

Les immigrants qui vont aux provinces ou aux territoires nationaux pour être placés sont reçus au débarcadère du train par le secrétaire de la Commission auxiliaire, logés et nourris pendant dix jours, en attendant qu'on leur fournisse un emploi ou qu'ils partent pour leur destination définitive. Dans le cas où ils doivent continuer leur voyage par un autre chemin de fer, ils restent sous la garde de ce même employé, lequel les accompagne, comme à Buenos-Aires, depuis que le train arrive et jusqu'au départ de celui qui doit les emporter ailleurs.

Les chiffres suivants, par périodes quinquennales, démontrent l'accroissement extraordinaire de l'immigration dans la République Argentine :

De 1857 à 1860 20.000

De 1861 à 1865 46.874

De 1866 à 1870 112.696

De 1871 à 1875 148.422

De 1H76 à 1880 112.191

De 1881 à 1885 255.185

De 1886 à 1890 691.383

De 1891 à 1895 236.252

De 1896 à 1900 412.074

De 1901 à 1905 526.030

De 1906 à 1911 1.458.073

Le nombre d'immigrants arrivés dans la Repu-

l'vmfîrique latine 221

blique Argentine en 1911 a été de 225.772, chiffre très satisfaisant à tous les égards.

Il ne s'agit pas d'une immigration flottante, venue seulement pour les travaux de la récolte, mais d'une immigration qui laissera au moins 105.000 personnes établies en Argentine.

11 y a encore un autre détail favorable à l'année 1911. C'est que l'immigration en question n'est pas du même genre que celle des années antérieures, laquelle n'apportait que le contingent de ses personnes, sans d'autres moyens que ceux fournis par le gouvernement, et d'autre capital que celui de leur volonté.

L'immigration de 1911 se coiupose, pour une bonne partie, de petits capitalistes, qui arrivent avec des moyens leur permettant de se prémunir contre les événements fâcheux et de se développer seloii leurs propres aptitudes.

D'un autre côté, la proportion d'immigrants italiens a diminué; par contre, les immigrants espagnols ont augmenté considérablement.

Le ministie de l'Agriculture déclare que celte immigration a un caractère de stabilité, par ce fait que nombre d'immigrants sont allés en Argentine avec leurs familles, tandis que les immigrants de passage se présentaient tout seuls, laissant leurs familles chez eux.

L'ininii^-ration et les grèves.

Des enquêtes officielles menées au sujet des dernières grèves, il ressort ([ue ces mouvements n'obéissent point à d'autres causes que la trop grande libéralité de nos lois d'immiffralion et le défaut de

contrôle des éléments qui débarquent sur nos côtes.

La majeure partie des immigrants arrivent de pays où les idées révolutionnaires contre l'ordre social se sont beaucoup répandues. Au milieu d'excellents travailleurs, se faufilent quelques agitateurs qui ne trouvent point de place dans leur patrie d'origine.

Contre ces éléments, il manque à la République Argentine des lois de défense comme en ont d'autres nations. Les États-Unis, par exemple, sont dotés d'une loi d'immigration qui, entres autres prescriptions, en contient une interdisant l'accès du territoire national aux anarchistes et à toutes personnes prêchant la suljversion par la force ou la violence contre le gouvernement.

La République Argentine ne dispose que de la loi de résidence pour se débarrasser des éléments étrangers nuisibles qui, à la faveur de la libéralité de nos lois, attirés par la richesse du pays et les facilités de vie qu'il offre, entrent comme immigrants et comme passagers, se consacrant, non pas au travail, mais à l'exploitation des simples quand ce n'est point à l'exercice de professions inavouables. Voilà quels éléments provoquèrent les dernières grèves. On a décidé, entre autres mesures prises contre eux : que la police, d'accord avec le département d'immigration, serait prévenue de l'arrivée d'hôtes incommodes, afin de pouvoir leur empêcher l'entrée ou leur appliquer la loi de résidence, de plus, que serait encore améliorée la situation du personnel de la police: stimulation par le moyen de l'épargne, augmentation de traitement, retraite proportionnelle, etc. De cette façon, on prétend mieux rémunérer les services que rendent aujourd'hui nos modestes agents,

exposés même à perdre la vie clans leurs luttes contre les éléments perturbateurs de l'ordre public.

On se propose, en outre, de développer l'esprit d'épargne chez les ouvriers par le moyen d'associations coopératives, et en leur facilitant l'accjuisition de maisons ou de terrains payables par mensualités, afin que, jouissant dans leur foyer d'une tranquillité parfaite, ils ne soient pas tentés de se joindre aux professionnels de la subversion. La niunici[)alité de Buenos-Aires, désireuse d'améliorer davantage encore les conditions de vie des ouvriers, étudie un projet de nouvelles habitations ouvrières. On songe à consacrer une partie de l'emprunt contracté récemment à la construction, sur divers points de la ville, d'édifices pour ouvriers, avec jardin en leur partie centrale, eaux courantes, bains; des passages de 10 mètres de large sépareraient les pâtés de maisons.

Comme résultat des études entreprises dans le but d'assainir l'immigration, le pouvoir exécutif a soumis au Con<^rès un projet de loi interdisant l'accès du territoire argentin aux classes suivantes d'étrangers: idiots, fous, épileptiques, personnes atteintes de maladies contagieuses, mendiants, condamnés ou prévenus de droit commun, polygames, femmes de mauvaises mœurs, personnes essayant de les introduire, et individus traitant des aflaires ou exerçant des professions immorales; anarchistes et ceux qui préconisent l'assassinat des fonctionnaires publics, l'emploi des ex|)losifs ou de la force pour empêcher l'exécution des lois ou dispoi^itions légales et l'exercice des droits indix iduels; ces étrangers seront exclus du territoire de la Réj)ublique, tant ([ue n'aura pas r\r rapj)orté l'an'èté d'expulsion.

On fixe des peines pécuniaires contre les capitaines ou armateurs de navires débarquant des étrangers visés par les prescriptions de la loi, et on laisse à leur charge les frais de « reconduction » de ces éléments.

Le projet de budget soumis au Congrès pour l'exercice prochain prévoit l'augmentation des appointements du personnel subalterne de la police.

Il est acquis aujourd'hui que le mouvement gréviste n'a pas obéi à d'autre cause qu'à la propagande nocive d'anarchistes et agitateurs professionnels.

Les corporations diverses eussent pu saisir cette occasion pour réclamer une augmentation de salaire ou une diminution du nombre d'heures de travail. Cependant, il n'en a rien été.

FINANCES Dépenses et ressources du pays

Les recettes de l'Etat, de pair avec la production agricole qui a doublé pendant les dernières années, ont suivi une remarquable progression.

Années

Recettes

trancs.

Le gouvernement argentin a créé, depuis une vingtaine d'années, une organisation fiscale très complète. Il a établi un système d'impôts indirects qui grèvent notamment la consommation de l'acool, de la bière, des allumettes, etc., et il tire des revenus qui vont tous les jours en augmentant.

Douanes.

Pour ce qui concerne les recettes des douanes, nous avons relevé, dans le tableau ci-dessous, le mouvement des années 1910 et 1911.

Douanes maritimes 1911 1910

Douanes de Buenos Aires. $ or (1) 75.795.370.87 72.155.752.25

— deLaPlata . . — 2.023.617.77 1.921.879.95

— deRosario. . . — 6.646.414.40 7.648.143.74

— de Bahi'a Blanca . — 899.216.27 1.027.354.76 13 autres douanes ... - 870.889.67 800.399.65

ToTAu.x. . . .$or 86.235.508.98 83.. 553.530.35

19 bureaux maritimes . . — 277.871.41 241.156.18 Douanes et bureaux terrestres — 58.863.33 45.987.97

Total . . . . $ or 86.572.243.72 83.840.674.50

La présidence de M. Sâenz Peîîa.

Buenos-AIres, 30 septembre 1911.

Monsieur Eugenio Garzôn,

Lorsque vous recevrez cette lettre, le gouvernement que préside ^L Saenz Peûa comptera déjà une année d'existence. Bref délai, certes, pour apprécier

(l) La piastre or vaut 6 francs.

GARZÔN. — L'Amérique latine. 15

À'Ii) l'améiuoie T..VTI>'E

les résultats positifs de l'œuvre d'un gouvernement dans un pays qui, comme le nôtre, est en pleine croissance. Néanmoins, elle est si profonde, l'influence exercée par le président Saenz Pena, que l'on peut assurer, d'après ce qu'il a fait déjà, que la nouvelle présidence a inauguré une des périodes de gouvernement les plus bienfaisantes pour le pays.

Politique internationale. — En observant la situation internationale, en comparant les relations extérieures du pays au début delà présidence actuelle et celles qui existent actuellement, on voit tout d'abord qu'il y a un an le Brésil se méfiait et n'acceptait pas sans prévention la sincérité de nos vœux de concorde. 11 se maintenait, on s'en souvient, dans une attitude qui nous obligeait à suivre une politique de paix armée, et, d'autre part, la Bolivie, après les faits si retentissants qui amenèrent la rupture absolue de nos relations avec elle, restait sur l'expectative.

Aujourd'hui, le Brésil, spontanément, noblement nous apporte son adhésion à l'occasion de nos fêtes nationales, et par ses vaisseaux de guerre nous envoie des messages de cordialité. D'autre part, la Bolivie accueille avec de bruyantes manifestations de sympathie l'arrivée de notre ambassadeur, exprimant ainsi, éloquemment, la satisfaction qu'elle éprouve pour le renouvellenient entre les deux pays de relations amicales aussi vieilles que leur existence.

La raison de ce changement, il faut la chercher dans les deux discours prononcés par le président Saenz Pena, lorsqu'il revint d'Europe, à Rio de Janeiro et à Montevideo, où il proclama hautement la volonté de suivre une politique de paix et de concorde avec toutes les nations du continent. Il faut la chercher

aussi clans l'heureux choix de nos ambassadeurs et de nos ministres, citoyens distingués qui ont su interpréter loyalement la pensée du gouvernement. Une autre décision a contribué aussi à cet heureux résultat, à savoir le décret réglant les aptitudes que l'on doit exiger des secrétaires des légations, les obligeant à passer des examens à l'Université pour prouver leur compétence.

Politique intérieure. — Par rapport à la politique intérieure, nous signalerons que la vieille politique des factions et des personnalités, qui n'avait d'autre but que d'obtenir le pouvoir, pour y poursuivre des errements politiques et administratifs fort nuisibles à l'intérêt public, tend à disparaître complètement pour faire place à la véritable notion du système répul)licain représentatif, et il est désormais sûr que les élections prochaines offriront l'aspect d'une des luttes civiques les plus intéressantes que l'on aura vues chez nous depuis vingt ans.

Cette réaction était du reste devenue inévitable. En réalité, les luttes civiques étaient devenues presque une contrefaçon de notre système politique : le vote était habituellement falsifié, des personnages subalternes avaient une induence décisive, stimulés et aidés qu'ils étaient publiquement par les sphères officielles. Ces mœurs provoquaient l'indifférence chez la pliipai-t des citoyens (|ui se désintéressaient des élections.

Mais par suite des premières déclarations du président Saenz Pena, formulées le jour même de son élévation au pouvoir et répètes dans la lettre politique (|iril adressa au gouverneur de Cordoba, M. Félix Carzon, le changement qui s'est produit dans l'opi-

nion par rapport à la politique intérieure est si profond, que même le parti radical, une vieille fraction qui vingt années durant soutint des idées révolutionnaires, en présence des difficultés qui se produisaient pour l'exercice de ses droits, abandonna son attitude révolutionnaire et se décida à participer à la lutte électorale,satisfaite des garanties offertes par le gouvernement. Ces garanties sont d'ailleurs assurées par l'abstention où s'est placé le pouvoir exécutif par rapport à tous les partis, en les stimulant tous également, leur garantissant l'exercice de leurs droits et la liberté de discussion, sans avoir à craindre des méfiances et en étant sûrs de l'impartialité du gouvernement.

Une autre raison très importante qui justifie la confiance publique, c'est la nouvelle loi électorale, établie sur la base du recensement militaire. Les Chambres viennent de sanctionner à cet effet un nouveau recensement général et une série de dispositions rendant difficile la vente du vote et des fraudes possibles sous l'ancienne législature.

Si l'on ajoute à cela ce qui s'est passé dans la province de Santa-Fé, lors du premier conflit de caractère politique où le président de la République eut à intervenir, on est forcé d'avouer (jue les partis politiques argentins peuvent être désormais sûrs de l'impartialité du pouvoir exécutif. Un gouvernement énergique avait été inauguré à Santa-Fé. 11 se proposait de modifier certaines habitudes et piatiques nuisibles à un bon gouvernement ; mais la législature provinciale, constituée en majorité par des représentants du régime ancien, provoqua un conflit avec le gouvernement et décida ensuite d'engager un procès politique contre le gouverneur.

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Celui-ci répondit à l'accusation en ordonnant l'occupation du local de la Chambre par la force publique. Les deux pouvoirs en conflit sollicitèrent l'intervention du gouvernement national.

M. Saenz Pena, se rendant compte de l'importance de ce conflit, et conséquent avec ses déclarations, envoya un « interventor » à Santa-Fé. Deux jours après son arrivée, l'émissaire du gouvernement central déclarait caducs et le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif de la province. 11 appela le peuple à de nouvelles élections pour renouveler ces pouvoirs, ce qui laissait la solution du conflit à la volonté souveraine des citoyens.

La résolution présidentielle dans cette affaire a été si satisfaisante pour tous les partis, que l'on n'avait pas vu, depuis de longues années, dans cette province, les citoyens s'intéresser à la chose publique comme ils le font actuellement. Cet intérêt est d'ailleurs constaté par une lutte franche et persistante entre toutes les fractions qui se disputent le pouvoir.

Ordre administratif. — On observe, dans l'ordre administratif, une très importante réaction. Les nominations des ministres, choisis parmi des citoyens honnêtes et expérimentés, d'un passé au-dessus de tout soupçon, ainsi ([ue les choix faits pour les hauts postes administratifs, ont contribué à démontrer l'excellence des projets du gouvernement.

Peu de temps après l'élévation au pouvoir du président Saenz Pena, des incendies eurent lieu dans deux dépôts du port de Buenos-Aires. A la suite de l'éniiHion produite par ces deux catastrophes, une très large enquête fut ordonnée dans le service de la douane, par le ministère des Finances, en vue d'en

détenniuer les causes. Bien que les auteurs réels de ces faits ne soient pas encore connus, l'investigation pratiquée dans les dépôts et dans le personnel douanier a donné des éclaircissements inespérés, tels que la complicité de certaines maisons de commerce et de certains employés.

Colonisation. — L'initiative prise par le département de 1 Agriculture préconisant la création d'une Banque agricole, rattachée à un système de coopératives de production et d'acquisitions de terrains pour le coloQ, démontre l'intérêt du gouvernement et sa résolution d'encourager la colonisation, en odrant à l'immigrant toute sorte de facilités afin qu'il puisse devenir propriétaire et s'enraciner, ainsi, dans le pays.

Immigration. — L'immigration préoccupe profondément M. Saenz Peûa. 11 connaît bien toute sa portée, et il envisage les considérables bénéfices que le pays peut tirer du travail et des initiatives de l'étranger. 11 se propose d'attirer des courants immigratoires vers les territoires du Sud, oii il existe de grandes zones offrant d'exceptionnelles perspectives à l'agriculture et au bétail. On a commencé, dans ces territoires, des travaux de voies ferrées qui faciliteront le transport et rapprocheront les noyaux de population qui se produiront. Un hôtel d'immigrants a été créé à Bahia-Blanca, avec un bureau de terrains où le colon trouvera tous les renseignements nécessaires pour acquérir l'exacte connaissance de ces régions.

Le capital et le travail. — Sur l'initiative du ministère de l'intérieur, une léQ:islation facilitant la solution des conflits entre le capital et le travail est

projetée. Ces conflits, certes, ne sont pas fréquents actuellement, mais on ne peut pas affirmer qu'ils aient complètement disparu, malgré les commodités relatives dont les ouvriers jouissent. La nécessité d'une loi, pourvoyant à la solution des difficultés, est, chaque jour davantage, impérieusement démontrée, afin d'éviter la répétition de certains conflits que, bien des fois, on ne peut résoudre avec les lois existantes.

Le budget — Tout récemment, le gouvernement a adressé aux Chtimbres son message accompagnant le projet de budget pour l'exercice 1V)L2. C'est le premier budget proposé par le gouvernement actuel. Dans son message, le pouvoir exécutif, par la voix du ministre des Finances, explique ses vues économiques, affirmant la nécessité d'augmenter les traitements actuels des fonctionnnaires, ces traitements n'étant pas, pour la plupart, proportionnés aux res- })onsabilités des employés. Le pouvoir exécutif a taché aussi d'embrasser dans son projet toutes les exigences pouvant être réclamées par le service régulier de l'administration. Ces exigences seront ainsi satisfaites en prenant en considération les dépenses de l'exercice antérieur et celles prévues pour l'exercice prochain, tout en réalisant pour celui-ci nue économie assez importante.

Ce cluipitre, que je développerai dans une prochaine correspondance, justifie de nouveau les jugements favorables cjue l'on porte sur la gestion du président Saeu/ Peùii, car il trace la voie nécessaii-e (|ue doivent suivre les finances argentines, qui ont été l'objet, à desépo({ues antérieurt^s, de nombreux commentaires pas trop favorables.

La récolte. — L'optimisme provoqué par toutes ces initiatives s'est accru par les perspectives favorables offertes par la récolte prochaine, par l'énorme expansion de l'aire ensemencée, la régularité des pluies et le retard probable des sauterelles. Cet acridien sera combattu avec le même acharnement qu'auparavant. La Défense agricole, qui se réorganise d'après les exigences actuelles, en est chargée.

Le conflit avec l'Italie. — Le récent conflit italoargentin, à propos de l'adoption de certaines mesures sanitaires par suite de nombreux cas de choléra qui s'étaient produits en Italie, a soulevé beaucoup de commentaires tant dans la presse italienne que danscelle de l'Argentine. Malgré ces polémiques, le gouvernement n'a jamais fait preuve de préventions à l'égard de l'Italie.

Tous les antécédents de cette affaire |)rouvent que le cabinet de M. Saenz Péna n'a jamais songé à amoindrir les bonnes relations existantes entre les deux pays. Mais un besoin d'ordre public si irrésistible et pressant comme la santé du peuple exigeait des mesures d'observation établies d'avance dans un traité internationnal avec tous les pays maritimes. Ce n'est que par une susceptibilité excessive que l'adaptation de ces mesures fut interprétée d'une façon erronée, en lui attribuant un caractère injustifié. Le gouvernement était loin de supposer que ces mesures de prudence pouvaient porter atteinte à l'harmonie de nos rapports avec l'Italie. Je n'exagère pas en affirmant que ce fut un véritable regret que l'on éprouva en Argentine lorsque l'on sut la décision du gouvernement du Quirinal, car si vive est la sympathie que l'on a pour l'Italie en Argentine,

que le colon italien, par l'accueil qu'on lui fait toujours, trouve ici une deuxième patrie. Les sentiments du ()euple le portent à désiier une prompte solution de ce conflit, et la disparition d'un malentendu qui n'a pas amoindri, d'ailleurs, les excellentes dispositions du gouvernement argentin envers l'Italie.

L'opinion générale. — Je viens de rappeler sommairement les initiatives du nouveau président de )a République, qui prouvent les bonnes dispositions de M. Saenz Pefia envers le pays; les garanties consacrées par notre Constitution, a n'en point douter, les rendront effectives. C'est là déjà une conviction dans l'opinion nationale, conviction toujours reflétée par les commentaires de la presse et, dernièrement, par l'anxiété avec la(|uelle on a suivi le cours de la dernière maladie du président, M. Saenz Pefia, en effet, a reçu à cette occasion les témoignages de sympathies de toutes les forces vives du pays ainsi que ceux des gouvernements européens et américains.

Carlos F. Soares.

Extrait du incssag:e du président Sâenz Pcùa lu au Cong-rcs arg-cntiii !<' 7 juin 1012.

Politique. — Le président Saenz Peiîa commença son message en déclarant qu'il était venu au gouvernement avec des idées bien arrêtées et des buts supéiienis, clairement exposés, en ayant un concept exact des garanties que tout gouvernement doit aux citoyens. Pour que ces garanties soient réelles, affirme-t-il, il est besoin de les établir sans réserve

aucune et sans transactions pouvant donner place à des faveurs et à des exclusivisnies.

Il a insisté sur ses vœux de conserver au pays une large démocratie. Il a tout spécialement remarqué l'importance que la nalion doit attacher au résultat des dernières élections pour lesquelles le gouvernement a donné les garanties les plus complètes. L'importance de ce fait, a affirmé le président, est constaté à l'extérieur. Il dit que la réforme électorale inaugure une période vitale: hier, c'était de l'utopie, mais depuis l'essai que l'on a fait, auquel ont contribué tous les Argentins, ce n'est plus une utopie, mais une réalité splendide, l'affirmation de la souveraineté du peuple, l'action politique s'étant montrée à cette occasion libre et forte. Une étude statistique des dernières élections prouve que 700.000 citoyens ont assisté aux comices, ce qui représente un pourcentage extraordinaire.

Le président a signalé l'heureuse renaissance politique qui contribue à la formation de nouveaux partis organiques. Il a dit que la nouvelle loi électorale est parvenue à détruire la fraude, la violence et la corruption (|ui ont été cause de la dégénérescence du civisme. Il attache une grande importance à la pureté de la vie politique. Moyennant le vote secret, la vénalité est proscrite des comices. 11 répète que, tant qu'il sera président, il n'aura d'autre parti que le pays ni d'autre livre que la Constitution.

Questions diverses. — M. Saenz Pena a remarqué que les nouveaux pouvoirs publics de la province de Sanfa-Fé, après les élections libres présidées par « l'interventeur » national, se trouvent dans leur exercice constitutionnel.

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L'on a augmenté les lignes lélégraphiques et de nouveaux services des postes et télégraphes ont été inaugurés.

L'état sanitaire du pays est excellent.

La classe ouvrière. — Le président constate que l'esprit d ordre est prédominant chez les masses prolétaires et que la construction des maisons pour les ouvriers, la loi des retraites ou indemnisations pour les victimes des accidents de travail, la création de tribunaux de conciliation et d'arbitraç-e entre les patrons et les ouvriers, sont les questions qui préoccupent le gouvernement. Excepté la grève des cheminots et des ouvriers des ports, il constate que rien n'a altéré la tranquillité pul)lique.

Territoires nationaux. — Les territoires nationaux ont continué à se développer parallèlement au progrès général du pays. De grandes mesures de surveillance ont été prises pour la sûreté des fermes et des campagnes.

Dorénavant, les juges de paix et les conseillers luuiiicipaux sei'ont élus par h^ peuple. On procédera aux recensements des territoires nationaux et l'on y construira de nouvelles voies ferrées. Des pépinières seront créées, des roules seront ouvertes, l'on créera des musées spéciaux pour les produits du pays et l'on (Uudiera juinulieuseiueul les conditions |)rivilégiées du sol.

La capitale. — Quant à la ville de liuenos-Aires, h" |)résideut Saen/ Pefia a constaté que l'on tend à rcmlx'ilisstunent de la vilb' et (|ue l'on se préoccupe de pousseï- plus avant des entreprises si importantes tell(?s c|ue la municipalisation «les marchés, la dilïusion des foires franches, des Iraxaux de dégorgement

et d'assainissement pour éviter les inondations, la construction de maisons pour ouvriers, la création de nouveaux hôpitaux, la baisse du prix des denrées alimentaires, etc.

Politique extérieure. — La République Argentine, a dit le président Saenz Pena, maintient d'excellentes relations amicales avec les nations étrangères. Le gouvernement du Brésil a accentué l'amitié traditionnelle de ce pays pour l'Argentine en nommant ministre plénipotentiaire près du gouvernement argentin M. Campos Salles, ancien président des Etats- Unis du Brésil. A ce haut témoignage de considération, a affirmé M. Saenz Peila, nous avons réj)ondu par la nomination comme ministre au Brésil du général Julio A. Roca, ancien président de la République.

L'Argentine a nommé des délégués à la troisième conférence Panaméricaine qui sera tenue prochainement à Rio de Janeiro. Aussi bien les autorités que la population du Chili et du Pérou ont donné le plus cordial accueil au vaisseau-école Presidente- Sarmiento. L'Argentine s'est maintenue dans la plus stricte neutralité pendant la révolution du Paraguay-

Les travaux de démarcation de limites avec la Bolivie se poursuivent sans relâche. L'on continue aussi les négociations de la convention sanitaire avec l'Italie, qui ne sera conclue que dans des conditions permettant de concilier les intérêts de la navigation et les exigences de la santé publique. Une convention de police sanitaire pour le bétail a été signée avec le Brésil, le Chili, l'Uruguay etle Paraguay. Au cours du dernier exercice, l'Argentine s'est fait représen-

ter aux fêtes du centenaire de l'indépendance du Venezuela.

Finances — lue politique de prudence inspire la gestion financière du gouvernement, qui se préoccupe de la fiscalisation des rentes et de la réduction des dépenses. Le budget de 1911 autorisa 940 millions de francs de dépenses. Un décret établissant des économies et la loi de l'emprunt firent baisser ces dépenses de 194 millions de francs. L'autorisation se limita à 743 millions de francs.

l'ne émission de titres s'élevant à 220 millions de francs ayant été autorisée, l'on n'émit que par valeurs de 44 millions, dont 11 millions seulement ont été négociés. De plus, 37 millions n'ont point été dépensés.

Le budget comporte 708 millions de francs, lesquels,joints aux 192 millions votés par des lois spéciales et aux 16 millions afiectés par des accords, donnent en totalité 916 millions de francs. Les recettes ont accusé un excédent de 18 millions de francs sur celles de l'année antérieure et représentent 683 millions de francs. L'excédent des dépenses sur les recettes a été couvert par des ressources extraordinaires autorisées. Les ressources et les dépenses générales comparées, il en résulte un superabit de 24 millions de francs. Les frais de toutes sortes que l'on a eus en 1911 sont inférieurs, de 22 millions, au cliillrc autorisé par le budget.

Pendant le j)r(Mnier trimestre de l'année courante, les rentes publicpics ont atteint 170 millions de francs, soit une augmentation de 7 millions sur celles de la môme période de l'année précédente.

Le président Saenz Pefia a affirmé que la loi des

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armements sera accomplie vers la fin de cette année ou au comuiencement de 1913, car il ne reste à payer que les dernières des ([uotes-parts des sommes consacrées pour la construction de destroyers et de grands cuirassés. Le type du dernier emprunt représente une considérable réussite pour les finances argentines.

L'application du crédit a été et sera faite selon ce qui est strictement autorisé par la loi.

La dette publique, au 31 décembre 1911, représente 2.632 millions de francs y compris le dernier emprunt. Les amortissements ont été portés, en 1911, à 37 millions. La situation du trésor est excellente. L'on ne fait ])as usage du crédit, soit intérieur soit extérieur; donc, l'on ne doit rien de ce côté. Les engagements de l'administration sont remj)lis en toute ponctualité, la trésorerie nationale disj)0sant d'importantes ressources.

Le budget administratif en vigueur est suffisamment large pour couvrir les exigences prévues. Le président croit qu'avec de légères modifications, ce budget sera applicable à l'exercice prochain. Il estime que l'on doit tâcher que les dépenses générales ne surpassent point le produit des rentes. Le gouvernement s'appliquera, par tous les moyens, à diminuer la dette publique ; les travaux publics ne seront entrepris que lorsque les recettes ordinaires et la situation du trésor le permettront. Il évitera toujours que l'on fasse usage du crédit. En faisant ainsi, sur les dépenses, de grandes économies, et la richesse du pays se développant sans cesse, il en résultera des ressources largement suffisantes pour accroUre le fonds de conversion et créer ''les réserves

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au trésor national. Le président Saenz Pena estime que l'on pourra destiner à cet objet 50 millions par an.

Commerce, banques. — Le message, en ra])portant le mouvement du commerce extérieur de la République x\rgentine pendant Tannée 1911, dit que les importations se sont chiffrées par 1.834 millions de francs et les exportations par 1.623 millions. Quant aux banques, leur mouvement, en avril dernier, était comme suit : dépôts, 3.032 millions de francs; prêts, 3.267 millions ; encaisse, 1.085 millions. Tous ces chiffres sont de beaucoup supérieurs à ceux du mois d'avril 1911.

Les banques nationales offrent un mouvement des plus flatteurs. Le Banco de la Nacion Argentina donne les chiffres (pie voici : dépôts, 944 millions de francs ; prêts, 889 millions ; encaisse, 414 millions. Cette banque a actuellement 134 succursales (jui rendent de considérables services au pays. Ses bénéfices, en 1911, représentent 17 millions de francs; son capital s'est élevé dernièrement à 216 millions, et son fonds de réserve est supérieur à 57 millions. La li(| nidation de rancienne Banque nationale se poursuit dans les meilleures conditions. Le seul créancier existant est le gouvernement national. L'on compte, dans son actif, 2.324.013 hectares de chani()S dans le pays et l'i7.3()'i hectares chms la llfpubli(|ue du Paraguay, ce qui représente plus de 57 millions de francs.

La situation de la Hanciue hypothécaire nationale est très prospère. Les cédules hypothécaires argentines sont très recherchées des capitalistes étrangers. Les émissions df's cédnlcs hypothécaires repré-

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sentent, pour l'année 1911, 255 millions de francs. Les amortissements se sont chiffrés par 66 millions et la circulation a atteint 740 millions. Les bénéfices ordinaires de la banque surpassent les 8 millions; son fonds de réserve est supérieur à 69 millions. Ordinairement, les prêts sont accordés à 50 p. 100 de la valeur qui est estimée pour les immeubles.

Le fonds de conversion, comme garantie du papiermonnaie, excède de 1.195 millions et représente plus de 70 p. 100 des billets en circulation.

Administration. — Le gouvernement se préoccupe d'assurer aux rentes publiques la normalité des recettes. Les différentes mesures que l'on a prises en ce sens et la forme adoptée pour la nomination et la promotion du personnel ont produit d'excellents résultats. Quelques projets de loi sur les impôts sont à l'étude. Aussi, le gouvernement prépare des réformes visant l'administration de la justice.

M. Saenz Pena a constaté que le pays s'intéresse très particulièrement à tout ce qui touche l'instruction publique. De même, il a affirmé que le service militaire obligatoire donne d'excellents résultats.

Agriculture et bétail. — Le développement de l'agriculture, des industries agricoles et de l'élevage augmente en des proportions très flatteuses. Les terres cultivées occupent une superficie de 21.884.000 hectares. La production de maïs est excellente; elle est calculée à 7.515.000 tonnes, représentant 90 millions de francs. La valeur des récoltes de blé, lin, avoine et maïs, est calculée à 2.040 millions de francs, soit le double de ce qu'elles ont représenté en 1911.

Travaux publics. — Le gouverneuient argentin

attache un spécial intérêt à tout ce qui touche directement les richesses naturelles du pays et se préoccupe surtout des approvisionnements d'eau. Les travaux hydrauliques entrepris par le gouvernement ont donné les meilleurs résultats : le puits artésien de San-Luis donne 860.000 litres d'eau par jour ; celui de Vivero-Huergo, percé jusqu'à 711 mètres de profondeur, donne 13 millions de litres d'eau potable par jour.

Le programme des travaux publics à réaliser pendant la période administrative de M. Sâenz Pena, est, dit le message, très vaste. Pendant l'année dernière, 1.276 kilomètres de chemins de fer ont été construits. Les chemins de fer propriété de l'État atteignent 5.384 kilomètres, lesquels, additionnés aux autres voies ferrées de la République, portent le total des kilomètres du réseau ferré à 31.749.

Les travaux des ports de Buenos-Aires, Mar-del- Plata, Quequen et Bahia-Blanca se poursuivent activement. Les projets des ports de San-Antonio et Gomodoro-Bivadavia et le projet de navigation du Rio de la Plata et du fleuve Parana par des bateaux de 27 pieds de calaison sont à l'étude. La navigation du Rio Bermejo est déjà un fait. De nombreux et importants travaux d'iriigation et d'assainissement se poursuivent aussi bien dans les provinces que dans les territoires nationaux.

Le président Saenz Pena a terminé son message en déclarant que la paix intérieure et extérieure de la République Argentine est assurée.

GARZÔN. — L'Amérique latine. 16

242 l' AMÉRIQUE LA.TINB

BUDGET DE 1912 Budget ordinaire

Les dépenses ordinaires pour 1912 se répartissent comme suit :

Congrès Irancs WM^H.S'ii) »

Intérieur — 100.^i9:^.TO:-5,86

Affaires étrangères et cultes. . — Il.i96.8:-i7,9'2

Finances — 43.347.080,63

Service de la dette — 168.537.971 »

Justice et instruction publique. — 116.77.^.246 »

Guerre — 64.071.176.84

Marine — 62.100.280,88

Travaux publics — 18.347.472 »

Pensions et retraites — 27.526.400 »

Matériel de guerre — 39.600.000 »

Agriculture - 33. 640. .543,64

Total francs 696.829.588,79

Les dépenses détaillées au tableau ci-dessus seront couvertes par les recettes suivantes :

Recettes ordinaires à percevoir

Droits d'importation francs 396.000.000 »

Autres taxes sur le commerce extérieur (droits de phare, de

port, etc.) — 43.750.000 »

Contribution de la Province de Buenos-Aires au service de la

Dette — 4.917.145 »

Participation de la Banque Nationale (en liquidationi. . . — 1.741.260 »

Contribution territoriale (impôt

foncier) — 11.440.000 »

Alcools — 37.840.000 »

A REPORTER francs 495.688.403 »

Report

Tabacs

Allumettes

Bières

Assurances

Cartes à jouer

Liqueurs

Transports

Divers et paH'uiiis

Patentes

Postes et télégraphes ....

Timbre et enregistrement . . .

Cliemins de fer

Ventes et allcrmages de terres .

Contribution des provinces au service de la dette fédérale . .

Fonds de concours pour travaux dassainissenacnt

Exploitations forestières, amendes, immatriculations aux Universités, taxe militaire, fonds provenant de la liquidation du Banco N'acional, fonds d'irrigation et divei-s

Total

francs 495. 688.403 »

l.^i.OIl.

OnO »

— 142.912.280,25 francs 839.662.186,25

On doit observer (|ue les chi(Tre.s des dépenses cidessus comprennent la dotation pour l'amortissement de la dette publique, dotation qui est particulièrement importante depuis fjuelquos années; or, les remboursemenls de dettes ne constituent pas de dépenses à proprement parler.

T. es dépenses ordinaires et extraordinaires de rivtat fédéral pendant les dix dernières années se sont ciiillrées pai- (i.'iV'i. '<()(). ()()() francs. Los recettes perçues pendant la même période se sont élevées à 5.141. 400.0Q0 francs. La dillerence de 1. i;i;].40().()()0 francs entre les dépenses et les recettes a été cou-

verte par des émissions de titres de la dette publique. Mais cette différence est inférieure de plusieurs millions au montant des dépenses efl'ectuéés pendant la même période pour l'exécution de travaux publics, ainsi qu'il apparaît dans le tableau ci-après, établi en piastres-papier valant chacune 2 fr. 20 :

Années

Piastres-papier

Total soit 1.157.512.930 fr. 20.

Par conséquent, les recettes ordinaires ont suffi à pourvoir aux dépenses de l'administration, y compris 853.G00.000 francs pour amortissement de la dette publique consolidée, d'où il résulte que la dette argentine s'est effectivement allégée dans une très large mesure ; on a constitué le fonds de conversion de papier-monnaie pour 150.000.000 de francs; depuis 1902, on a renforcé la puissance navale et militaire du pays, en y employant un minimum de 330.000.000 de francs; on a affecté 132.000.000 à la protection de l'agriculture; on a fait face aux dépenses énormes du Centenaire de l'Indépendance. C'est là la preuve évidente que les ressources ordinaires du pays sont très importantes.

Voici, en piastres-papier valant 2 fr. 20 chacune,

l'amériqle latine 245

le tableau des recettes prévues et des recettes encaissées pendant la môme période :

Années Recettes prévues Recettes perçues Déficit Surplus

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