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Mais ([uoiquc ces chiU'res soient iinpoilanis, et (pioiquc la |)rogit'>si()n (|n ils accnscnl soit exiraor-
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(linaire, ils sont loin de reprëseiiter les véritables valeur? ''oiislitutives de i'iinportation française dans la Ré[)ul)li(|ii(; Argentine. Il y a, dans cette importation, quel([ues chapitres qui ne figurent pas dans la stastisti([ue, parce qu'ils échappent à ses appréciations, mais (pii, néanmoins, arrivent à former, à la fin de l'année, des sommes considérables.
Il est reconnu universellement que le meilleur champ d'activité de l'industrie française consiste dans la production de tous les articles dans la confection desquels il entre de l'art ou du goût, car la France est incontestablement le pays dont la population a le sentiment artistique le plus développé, et ellesaitraj)pliquerà toutes les choses qui l'entourent ou qui sortent de ses mains, ainsi que l'a dit avec beaucoup d'éloquence un distingué économirte français au cours d'une notable étude publiée récemment (1).
On sait également que les Argentins des classes riches ou aisées font une importante consommation de ces articles qui constituent la spécialité de l'industrie française, soit en les achetant personnellement à Paris lorsqu'ils se rendent dans la capitale de la France, ce qui est très fréquent, car l'habitude du voyage périodique à travers l'Océan pénètre chaque jour davantage dans les mœurs argentines, soit en les commandant par l'intermédiaire de commissionnaires, soit encore en les demandant aux fabriques avec recommandation de les faire parvenir, comme bagages, avec des voyageurs, ou, ce qui est plus fréquent, en se les faisant envoyer par colis postal.
(1) Voir: L'expansion commerciale de la i'rance, par Jacoues SiEGKBiED dans la Revue des Deux Mondes du 15 juin 1007.
l'amkiuoie l\timî 'M)\)
A combien peut s'élever la valeur de ces articles manufacturés, de ces articles de mode et des confections françaises ? Il n'est pas possible de le savoir; car je le répète, la statistique ne peut l'évaluer, ou, du moins ne l'évalue que pour une infinie partie, cesarticles étant, ou bien transportés dans les bagages et ils échappent ainsi aux droits de douane, lors de leur retour dans le pays, ou bien, lorsqu'ils paient les droits, ceux-ci sont loin de représenter ce qui devrait les grever en conséquence avec leur prix d'achat; car les tarifs d'estimation ne les ini[)osent pas suffisamment, étant donné ([ue la valeur de ces articles réside principalement dans l'art avec le(|uel ils ont été fabriqués ou j)réparés.
lu exem[)le que reproduit M. Levasseuj', dans le travail cité plus haut, démontrera (|uelle impoitance revêt pour l'industrie et le commerce français la ral)rication et l'exporlalioii de cerlaius ailicles coinj)ris dans la catégorie que j'ai énumérée.
« L'économiste Yves Guyot nous apprend, dans l'article Imporlalion du Dictionnaire du commerce, ([u'un grand magasin de Paris avait compté dans une année 6 millions de marchandises exportées par colis et, par conséquent, enregistrées en douane, et, en outre, 24millions d'achats directs faits dansle magasin par des clients connus comme étrangers, sans co m [) ter les clients (étrangers dont la nalionalile lui était inconnue. Il n'est pas douteux que la l'rance reçoive, de ce chef, plus d'argent des acheteurs étrangers que les acheteurs français n'en payent à l'c'tranger (1). »
(1, Voir Journal de- lit Société de Slalistiijiie de Paris, du mois de mars lO'Hi {n'''^}, article ■< Aperçu des résultais de la siatisliqiie coinpart'e du <()iiimei'<'e extérieur ", \>:w I juilc I,t>\;jsseiir.
Mo l'aMÉRTQUE LATINK
Si cela se produit pour un magasin seulement, ou peut calculer à quelle somme considérable s'élève le montant des achats directs qu'effectuent les étrangers, chaque année, dans tous les magasins de Paris, et l'on admettra également que les Argentins figurent pour de nombreux millions dans ce total. Mais, comme je l'ai déjà dit, la statistique est impuissante à établir un compte quelque peu exact des articles qui sont introduits dans ces conditions.
Il y a, de plus, dans les relations commerciales que la France entretient avec l'Argentine, un autre chapitre qui représente pour la première de ces deux nations des sommes considérables. Je veux parler des dépenses etîectuées par les Argentins en France, et principalement à Paris, non seulement pour l'achat des articles dont il a été fait mention ci-dessus, mais encore pour les divers frais de séjour, déplacements, distractions, etc. Pendant V (innée 1911, // était i^orti du port de Buenos- Ayrex, par les divers vapeurs qui assurent le service d'outre-mer, 21.131 passagers de première classe. Quoi qu'il ne soit pas possible de savoir avec une exactitude suffisante la destination de tous ces voyageurs, en général, et de chacun d'eux en particulier, on peut affirmer, connaissant les inclinations et les goûts des Argentins, que la presque totalité a payé son tribut à Paris, et s'est soumise docilement à la tyrannie de ses modes. On peut calculer également que chacun de ces touristes dépense, pour tout le voyage, une somme d'environ 15.000 francs, ce qui représente 316.965.600 francs pour la totalité. Si l'on admet cette estimation, on admettra ])ion aussi que les trois quaits de cette somme restent répartis entre les mains des modistes, des tail-
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leurs, des hôtels, théâtres, restaurants, etc., en un mot du commerce fiançais. Nous aurions donc, de ce chef, un nouveau total de 209 millions de francs à passer à l'avoir de la France par le débit de la République Argentine.
De sorte que, si l'on faisait une étude complète de la balance économique entre la France et l'Argentine, en y comprenant tous les chapitres qui, aujourd'hui, échap{)ent à la statistique, on verrait ([ue les résultats sont incontestablement favorables pour la première de ces deux nations.
Nous croyons, qu'il y a pour la France et pour l'Argentine un intérêt réciproque de premier ordre à resserrer leurs relations commeiciales, en les faisant chaque jour [)lus solides et plus prospères. La j)remière trouxcra ici un [)ays neuf, doté de ressources iucalculables, dout le plus giand iu)mbre sont encore inexploitées, où elle [)ourra placer uue [)artie ch's 1..JUU.UUU.U0U ou 2.()()O.0UO.0U() de francs, fruit annuel de son épargne, qu'elle emploie annuellement en valeurs ou en titi'es m(jl)ili('is, ou bien (MK:or(^ (|u'elle conserve en réserve, selon ce qu'il ressort des intéi-essantes études de réconomiste A. Neymarck (1).
(1) Les 1.5O(».O00.(JO0 ou 2AtO().ooo.0(X) déjù cités peuvent se répartir ainsi 1.0<K).0(JO.UOO à 1.20(».0<H).ÛOO de placements annuels en titres niol)iliers négociables en France, titres français et étrangers; 3UO.000.000 environ viennent grossir annuellement le montant des dépôts de fonds dans les bancjues privées, Sociétés de crédit, en comptes courants ou en comptes de chèques, et se placent dé(initivcinonl pendant les années suivantes; 150 à 22.5.000.000 de capitaux de véritable réserve (["épargne leslent inutilisés et conservés dans les caisses particulières, dans le « bas de laine » des petits et gros épargneurs. Total : l.T^O à l.!t2r>.O()O.{»G0, tel est le chiffre d'épargne que nos capitalistes et rentiers auraient ch.ique année à leiu' disposition, et pourraient placer. {.Journal de la Sociclr de Slalisli(jiie, n" ilu 4 avril 1S)0«.;
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La seconde trouvera dans le capital français une aide puissante pour le développement de son progrès matériel.
C'est pour ces raisons, (jiie nous voyous avec peine qu'il est ])0ssible que, quelque jour, ainsi que cela a été annoncé, la Compagnie des Messageries maritimes supprime le service de paquel)Ots qui met en communication le port de Bordeaux avec celui de Buenos-Aires, facilitant l'échange des produits et rapprochant les personnes. Loin de supprimer cette ligne, on devrait, au contraire, la doter de tous les éléments nécessaires pour lui permettre d'entrer en noble et franche concurrence avec les autres Compagnies qui l'ont supplantée, et de reconquérir le poste de premier ordre que, j)endant de longues années, elle a occupé dans la navigation transallauti(|ue de la Ré])uljli(|ue Argentine.