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TOPOGRAPHIE ET PHYSIONOMIE DE BUENOS-AIRES 'A

Buenos-Aires, capitale de la République Argentine, se trouve située sur la rive droite du Rio-de-la- Plata, lequel a, à cet endroit, 45 kilomètres de large, et à 34«36'2r'4 de latitude australe, 58''21'33''3 de longitude occidentale de Greenwich, et 20 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la mer.

Elle se trouve à 200 kilomètres à l'ouest de Montevideo et à 275 de l'embouchure du Rio-de-la-Plata dans l'Océan.

Elle a une superficie de 18.854 hectares ; sa plus grande extension est du nord au sud de 18 kilomètres, et de 25 kilomètres de l'est à l'ouest.

Le périmètre du municipe est de 62 kilomètres et demi.

Buenos-Aiies est donc, par son extension territoriale, une des plus grandes capitales du monde. Elle est plus grande que Paris (7.802 hectares), que Berlin (6.3261, que Bordeaux (3.343), que Glasgow (2.442), qu'Edimbourg (2.376), qu'Hambourg (7.346;, que Gènes (3.175) et que Vienne (5.540) ; mais elle l'est moins que Londres (30.476), que Marseille (22.336) et que New-York (76. 347 hectares).

Le 18 septembre 1904, Buenos-Aires avait 4.326 maisons faites de bois, 76.766 de pierres et de briques et 1.148 de divers matériaux, soit au total 82.540

(1) Désireux d'apporter le plus d'exaclitude |)ossible aux informations de cet ouvrage, nous avons épalenieiil puisé aux sources officielles les données relatives à la ville de liuenos-Aires ; et nous les donnons telles que nous les avons l'erues de M. Alberto B. Martinez, l'émincnl directeur du Service de statislitjue de la ville de Buenos-Aires.

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maisons, parmi lesquelles 72.092 avec seulement un re7:-de-chaussée, H.49G à un étage, 961 à deux étages, 2G2 à trois étages et 73(5 à plus de trois étages.

Pour ce qui a trait à sa population et à sonacroissement,peu de cités modernes en j)résentent un plus rapide, si ce n'est les grandes cités du nord de l'Amérique. Il suffit de dire, pour s'en rendre com[)le, qu'en 18G9la ville avait 177.000habitants et que, 18ans après, en 1887, ce chiffre était de 433.000, soit une augmentation pour cette période de 256.000; mais le progrès démographique le plus important est celui de 1887 à 1895, où la population a augmenté, dans l'espace de huit années, de 230.000 habitants. Progrès surprenant et qui a continué, puisque, au 31 mai 1912, la population atteint 1.379,421 habitants.

Quanta la composition de la population, Buenos- Aires est l'un des centres les plus cosmopolites qui existent ; c'est, on peut le dire, en employant une figure symbolique, un grand four où viennent se fondre toutes les races de la terre.

En 1904, date du dernier recensement, sur une population de 950.000 habitants, il y avait 523.041 Argentins, 228.556 Italiens, 105.206 Espagnols, 28,747 de nationalité uruguayenne, et le reste delà population était formé par des Français, des Anglais, des Allemands et des individus d'autres nationalités.

Les principaux boulevards de 30 mètres de large que compte Buenos-Aires sont les suivants : l'avenue de Mayo, livrée au service public le 9 juillet 1894 (coût 10.000.000 de piastres), qui va de Test à l'ouest, sur une étendue de 1 kilomètre et demi, bordée de superbes édifices, pavée d'asphalte et illuminée par de grands globes électriques; celles de Gorrientes, de S. Juan,

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de Belgrano, de Santa-Fé, toutes de Callao à Entre- Riosà l'ouest. Encore en formation, ces avenues sont destinées avec le temps, à constituer les véritables canaux par où se déroulera le trafic toujours croissant de Buenos-Aires. L'avenue Callao, qui va du nord au sud, se trouve dans les mêmes conditions que les antérieures.

En plus, de ces avenues, la ville a 72 parcs, promenades, places, avec une superficie totale de 1)40 hectares. La Place de Mayo, sur laquelle se trouvent situés le palais du gou\ ernement, la cathédrale et l'intendance municipale, est une des principales de la ville; elle a des jardins anglais et des platanes qui donnent en été une agréable fraîcheur.

Puis vient comme place, celle de Général-Lavalle, de 25.000 mètres carrés, avec de jolis jardins et la statue du général dont elle porte le nom. LaP/«ce Général-San-Martin (Florida etCliarcas) est aussi digne d'attirer l'attentiou par ses jardins et par sa statue équestre du général San Martin. Sur un côté de la place se trouve le joli pavillon argentin de fer et de majolique (|ui a (iguré à l'Exposition universelle de 1900 à Paris. Le Paseo (promenade) Alvear ou Becoleta, qui porte le nom du progressiste intendant qui transforma la ville, se trouve aussi parmi les meilleures promenades. A cette promenade fera bientôt suite celle de la (|uiuta de Ilale, acquise dernièrement par la ville. Cette piomenade sera la plus belle après Palermo.

On peut aussi citer le I*arc '.> de Julio, derrière le [)alais tlu goii\ ernemeul iialioiinl et longeant les diques, très jolie promenade plantée d'arbustes et d'arbres d'ornemenl, et renfermant aussi des statues

et des fontaines remarquables ; le Parc Lezama et enfin, le Parc 3 de Febrero, situé au nord-est, avec une superficie de 367 hectares, créé par le grand homme d'Etat Sarmiento; c'est la grande promenade de Buenos-Aires, comme le Bois de Boulogne l'est pour Paris, Hyde Park pour Londres et le Pincio pour Rome.

Les rues sont pavées de bois, d'asphalte, ou empierrées. Toutes ces rues représentent une superficie de 6.185,762 mètres carrés.

Les travaux de salubrité commencés en 1874, pour lesquels on a dépensé 43.000.000 de piastres or (215.000.000 de francs), sont destinés à verser dans le Rio-de-la-Plata le produit des égouts et à pourvoir d'eau })ure et abondante les habitants. Ce service exerce sur la santé publique une influence bienfaisante, puisque la principale conséquence de son établissement a été la diminution des décès généraux et, en particulier, de ceux causés par les maladies infectieuses. Jusqu'à ces dernières années, le t^pe de la mortalité était de 28 p. 1000 (1890), tandis qu'en 1911 il était de 15,1 pour 1.000 habitants.

Pour les articles de consommation, Buenos-Aires a 34 marchés, parmi lesquels quelques-uns, comme le (.<. Mercado Modelo », 1' « Abasto Proveedor », la « Giudad de Buenos-Aires » (Alsina 2.390) et le marché « San Telmo » (Europa et Bolivar), sont des établissements modèles.

Tous les marchés, ainsi que les boucheries de moindre importance, ont livré à la consommation, en 1911, les articles suivants: 241.144 beufs, 180.421 vaches, 194.127 veaux, 841.129 moutons et 80.980 porcs, 35.291.535 douzaines de poulets, poules et canards, 103,576.409 kilos de farine pour l'élabora-

tion du pain, et 49.785.885 kilolitres d'eau , 201. 184 tonnes de légumes, 91.300.375 de douzaines d'œufs, etc.

Le commerce d'importation et d'exportation se fait principalement par le port de la capitale.

On aura une idée des multiples et importants services que l'autorité communale a à sa charge en apprenant que le budget de la commune a atteint en 1911 plus de 33.000.000 de piastres-papier (près de 74.000.000 de francs).

L'éclairage de la ville comprenait, en 1911 : 2.700 lampes électriques de divers systèmes et puissances d'éclairage, 17.067 réverbères à gaz, 6.411 lampes à pétrole et à alcool.

Au point de vue général, Buenos-Aires a une physionomie assez uniforme, qui est due à la forme dans laquelle elle a été tracée et au style espagnol et mauresque employé pour son édification.

Néanmoins, dans certains quartiers du centre, comme dans l'avenue de Mayo,dela Republica, Pueyrredon et quelques autres, elle présente un aspect élégant, moderne, comme celui que présentent les villes les plus avancées de notre temps. Autant par les édifices particuliers, les locaux luxueux qui s'élèvent pour les maisons de commerce dans ces rues, ((ue par le pavement d'asphalte ou de bois, on voit que Buenos-Aires porte le cachet des grandes métropoles.

Si à cela on ajoute l'animation qui règne dans certaines rues, à certaines heures, particulièrement dans la rue Florida, le mardi et le jeudi, quand les nombreuses et luxueuses voilures reviennent de Palermo, l'impression sera complète.

Quelle sera la physionomie définilive do Buenos

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Aires, il est difficile de le prévoir, sachant la marche accélérée de ses progrès et l'inclination de ses goûts architecturaux. « En ce momemt, dit un écrivain célèbre, pour l'étranger qui arrive à Buenos-Aires et parcourt ses rues, la ville est en pleine action d'installation ; depuis le port, sur les diques étendus duquel s'élèvent pesamment d'énormes édifices, avantgardes du Cyclope architectural qui, dans quinze ou vingt ans au plus, doit déloger de tous ces immenses terrains vides les palmipèdes qui les occupent et élever, sur cette vaste étendue de terrains volés au Rio, des maisons, des tours et des cheminées, jusqu'aux faubourgs les plus éloignés de la ville ; jusqu'aux terrains vides qu'un jour ou l'autre le marteau du commissaire-priseur divisera en lots pour les livrer à la bonne invasion de colons qui viendront les peupler, jusqu'au sud, qui, quoique ce ne soit pas un quartier distingué, a une population riche qui l'édifie avec ténacité; jusqu'à l'ouest, qui s'est converti en un immense damier d'échecs, où s'étendent et s'alignent sur un bon sol, sur la terre bon marché et salubre, s'avançant jusqu'aux usines des villes industrielles, jusqu'aux abattoirs, les habitations oxygénées et gaies d'une population européenne; jusqu'au nord, siège de prédilection des patriciens et des aristocrates de l'argent, de toutes parts et dans toutes les directions, les échafaudages interceptent la vue et lepassage, etles lourds camions chargés de matériel de construction, de brigues de fer, de bigues, de sable, de blocs de granit du Tandil, roulent avec fracas sur le pavé de la ville en construction.

« Tout le monde construit, bien ou mal, modestement ou somptueusement, des palais ou des bicoques.

Mais la terre est creusée de fondations, des murs s'élèvent, la perspective du champ ouvert et plan recule et se perd, la ville se dilate dans un débordement fébril. En effet, durant la période de 1897 à 1907, on a édifié à Buenos- Aires 270.941 m. 42 linéaires de construction.

« Ceci jusqu'à la périphérie; dans le centre, dans les anciens rayons urbains, l'échafaudage n'exige pas moins ses enchevêtrements de bois; là on refait, on transforme, on établit, on élève des maisons comme des arbres de la forêt vierge, qui, dans leur anxiété d'espace, cherchent dans les airs des perspectives et du soleil. La ville coloniale voit tomber en ruines ses anciennes reliques; sur le vénérable portique de maçonnerie, sous lequel on semble encore entendre aujourd'hui les gros mots des hommes de guerre, élèvent leur courbe les frontons monumentaux ; sur la cour andalouse se distribuent confortablement les pièces de l'habitation moderne, et une diversité infinie de types, de styles, d'adaptations et de caprices extravagants voit les derniers vestiges de l'architecture enfantine de Buenos-Aires. »

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