‹ L'Amérique précolombienne [microforme]Chapitre 14 sur 128 · E. RECLuS, Géographie, t. XVIII, p · texte numérisé non relu

E. RECLuS, Géographie, t. XVIII, p

2. Par extension, le mot 4wacz signifie tout endroit sacré ou vénéré.

breuses pyramides d’une grande élévation et qui ressemblent aux pyramides de l'Amérique centrale, Seulement, dans l'Amérique centrale, au Yucatan et au Mexique, les constructions pyramidales n'étaient que les travaux préliminaires sur lesquels on bâtis. sait les temples et les palais, — du moins on l'avait cru jusqu’à ces derniers temps, — tandis qu’au Pérou on y enterrait les morts. On signale pourtant sur certains points du Mexique et de l'Amérique centrale, des pyramides qui semblent avoir été érigées pour servir de tombeaux. On doit même ajouter que les plus récentes découvertes tendent à démontrer que les pyramides élevées au Mexique et dans l'Amérique du centre étaient aussi souvent destinées à servir de monuments funéraires que d’assises pour l'érection des temples, usage qui les assimile aux pyramides de l'Égypte, de l’Assyrie et de la Babylonie !, M. H. Saville, archéologue américain, a fait au Mexique, en 1898 et durant les quatre années subséquentes, de nombreuses et importantes découvertes dans l’État d'Oaxaca, habité autrefois par les Zapotèques, dont la civilisation était bien supérieure à celle des Aztèques.

M. Saville a mis au jour des tombeaux que recouvraient des tertres dont quelques-uns présentaient des dimensions monumentales, et ce fait

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1. Voir un article de M. Stephen D. PERT, Merican and Maya Architecture, dans l'American Antiquarian, 1901, P. 126.

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constitue précisément l'intérêt perticulier de ses travaux d'exploration. Ces toimbeaux étaient entourés de murs épais, couverts de peintures, et aussi de signes hiéroglyphiques. Les chambres funéraires que décrit cet archéologue, sans être aussi importantes en magnificence que les tombeaux égyptiens, rappellent singulièrement le iode de sépulture des anciens habitants des bords du Nil.

Au Pérou, avons-nous dit, les forteresses s’éle. vaient sur des terrasses et, son vent, sur des hauteurs inaccessibles, telle la forteresse de Cuzco et celle de Choccequiaro, cette dernière servant de résidenc: aux héritiers de la couronne des Incas. La colline qui domine, au nord, la ville de Cuzco, est couverte par les fortifications de la célèbre forteresse de cette ancienne capitale des Incas. Ces fortifications avaient triple murailles et triple terrasses.

À quelques milles du lac de T'iticaca, la forteresse! de Tiahnanaco, de forme rectangulaire, s'élevait à une hauteur de 150 pieds, par terrasses successives, en retrait les unes sur les autres et soutenues par des murs massifs, (C'était « une montagne faite de main d'homme, mais singulièrement élevée », suivant l’expression de Garcilaso, qui parle des « grands et incroyables bâtiments» de cette ville extraordinaire bâtie sur un plateau de 12,000 pieds au-dessus

1. C'est le nom dcnné par les indigènes, mais beaucoup d’archéologues veulent y voir un temple (NADAILLAC).

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du niveau de la mer, et qui, d'après toutes les traditions, fut pourtant le siège de la civilisat n à la fois la plus brillante et la plus ancien. . de l'Amérique du Sud. Cette région, habitée primitivement par les Pirhuas, adorateurs du soleil, appelés Aymaras par les Espagnols, passe pour avoir été le berceau de la civilisation péruvienne. Sur les bords du lac de Titicaca, dit Prescott, se trouvent des ruines que les Péruviens reconnaissent être antérieures à l’arrivée des Incas, et avoir fourni à ceux-ci les modèles de leurs constructions !.

C’est de là que serait venu le premier Inca, Manco- Capac, ce fils du soleil et civilisateur des Qquichuas. À tout événeinent, là se trouvent des temples de 100 à 200 mètres de longueur, ornés de suites de colonnes anguleuses colossales, de portiques mono. lithes que recouvrent des reliefs représentant des allégories religieuses, de hautes statues de basalte, chargées de sculptures, dont le dessin à tête-carrée est demi-égyptien. Les longs vêtements représentés sur ces statues étaient différents de ceux portés du temps des Incas. Ce qui paraît être le monument le plus ancien de la ville forme un parallélogramme de 445 pieds sur 388, et il était entouré d’un vaste parvis construit en blocs de trachyte ?,

. Les dimensions extraordinaires des temples et A 1. Aistory of the Conquest of Peru, pp. 129, 130. 2. SQUIER, Peru, 299.

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des palais, les masses imposantes dont ils se composent, dépassent ‘en beauté comme en grandeur tout ce qui a été bâti postérieurement par les Incas. Toutes les pierres employées sont admirablement polies. «En aucune partie du monde, dit Squier, je n’ai vu des pierres tâillées avec autant de précision mathématique et de savoir-faire qu’au Pérou, et, de ces pierres, nulle part dans le Pérou on n’en peut trouver qui puissent surpasser, comme beauté d'exécution, celles qui gisent éparses dans les plaines de Tiahuanaco. »

À Huanuco Viego existait un édifice précédé d’une entrée de six portes monumentales rappelant les pylônes égyptiens. On sait qu’en Égypte, l’entrée des temples était gardée par deux pylônes, sorte d’avant-corps en forme de pyramide quadrangulaire, tronquée et percée d’une porte. Devant les pylônes étaient placés des mâts à oriflamme, des statues colossales et, souvent, des obélisques.

Le système pyramidal, en un mot, est le caractère dominant de toute cette ancienne architecture américaine, depuis les rives du Mississipi et de l'Ohio jusqu’à l’isthme de Teñuantepec et au Pérou, et les temples et les palais, avec leurs étages décroissants, entourés de galeries que soutiennent de massifs piliers, leurs larges frises bordées de corniches saillantes, leurs compartiments fouillés et sculptés, les monolithes, les forteresses, les constructions souterraines, les longs canaux d’arrosement, les immenses

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réservoirs, ont leurs similaires dans tous les pays énumérés en tête de cet ouvrage et, en particulier, l'Égypte, la Chaldée et l'Inde.

. Aux Indes, dit Heeren !, on voit, par leurs vestiges, que les temples les plus antiques étaient des * pyramides. Le plus ancien des livres sanscrits, le Rig-V’eda, racontant les combats que les Aryas

Fig. 15.—Pyÿlône d'un temple égyptien.

eurent À swwtenir dans leur invasion de l’Inde, où ils rencontrèrent une race d'hommes qui se posèrent comme leurs rivaux, n’a pas de termes assez énergiques pour péindre la stupéfaction où les jeta la vue de la multitude de forts et de villes fortifiées

1. HEEREN, Po/ilique el Commerce des Anciennes Nations indiennes, ch. II.

qui couvraient le Pays, et des nombreuses citadelles dressées sur des rochers en des sites inaccessibles. À chaque instant, on lit des textes comme le suivant: «Le dieu des Aryas a frappé cent villes formées d’une pierre merveilleuse.» Le Kashmire offre encore, en plus d’une localité, des ruines étendues de villes et de temples bâtis en pierre de taille énormes, et dont quelques-unes atteignent à 40 et 50 pieds de longueur sur 3 à 15 pieds de largeur, et les restes d'anciennes cités se voient sur tout le Parcours de l’Hindou-Koush au Gange et sur celui de l’Indus.

Sur toute la côte ouest de la grande Péninsule, on rencontre des temples creusés dans les chaînes de montagnes, Ces temples sont disposés par groupes et, au moyen de galeries, reliés entre eux et aux salles annexes qui servaient d'habitation aux prêtres. Les chaînes des Ghattes orientales et occidentales, situées entre le Dékan et la mer, sont toutes creusées de ces temples. Un des plus célèbres est celui de l’île d'Eléphanta, près de Bombay, creusé dans un calcaire peu dur et facile à fouiller. Il avait trois entrées, soutenues par des colonnades de seize piliers.

« J'avais déjà lu bien des descriptions poinpeuses de ce temple creusé dans le roc, dit un touriste ; mais quelle que fût mon attente, la réalité Ja Surpassa de beaucoup.

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